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"Comme le temps passe" de Robert BRASILLACH

"Ce que j'ai voulu écrire, c'est le roman de la jeunesse qui fuit et qui renaît tour à tour, en même temps que celui de deux êtres qui peuvent se chercher, se perdre, se retrouver sans jamais cesser d'être faits l'un pour l'autre."

C’est en octobre 1937 que Robert Brasillach a publié « Comme le temps passe ».

C’est pour nous le plus beau livre du monde et si l’on commençait à en parler il faudrait ne jamais s’arrêter tant il est riche de mille beautés, découvertes à chaque lecture et découvertes par chaque lecteur car le mystère de ce livre est qu’il se révèle éternellement à chacun de façon différente. Bien sûr la « nuit de Tolède » est le chapitre unanimement reconnu comme la plus pure et la plus sensuelle description de l’amour charnel : il n’en reste pas moins qu’à chaque lecture il nous enchante de façon différente.

Nous allons arrêter là car nombreux sont ceux qui l’ont fait et avec tant de talent que nous n’apporterons rien, nous contentant d’évoquer cet ami de toute notre vie que nous n’avons jamais connu, qui était mort avant que nous ne naissions.

Oui, l’ami de toute une vie : toujours présent dans la peine et le bonheur. Toujours là avec une phrase tendre ou dure – cet adjectif anodin qu’il emploie avec tant de talent – qui va nous réconcilier avec nous-mêmes, avec les autres. Car Robert Brasillach n’a jamais été un homme de haine, ni même de conflit. Vous savez, on lit dans les journaux actuellement des phrases bien plus violentes que celles qu’il s’est laissé aller à prononcer en pleine guerre, lui qui avait tant et tant fait pour l’éviter.

Nous n’aimons pas le citer car nous avons l’impression de le trahir un peu, puisqu’il faut le lire  pour trouver ce qui convient à chacun d'entre nous. Pourtant s’il vous plait, écoutez ceci : 

« Elle s'est rapprochée de lui, et entre ses genoux il tient maintenant un genou rond, dont il connaît la couleur de pierre de lune, un genou poli comme un caillou dans le torrent, frais et doux, et il n'a pas besoin de le voir pour en reconnaître aussitôt la forme unique, avec ce creux à l'est et à l'ouest de la rotule, comme dans un paysage nocturne et merveilleux. Elle se sent prisonnière elle-même d'autres genoux un peu durs, qu'elle a vu dans son enfance meurtris de coups, salis par la poussière et rayés par les cicatrices, ces genoux d'enfant ; de l'enfant son compagnon qui est maintenant dans cette couche ce jeune homme son mari. A travers ce vêtement léger qu'elle porte, il sent son corps chaud et mince, et déjà commence de sa main gauche, à caresser son dos, lentement. Elle perçoit le mouvement de chaque doigt, sur cette part d'elle-même presque lointaine, presque insensible, et elle remue la tête de droite à gauche, sur l'oreiller léger, comme si elle disait non. Mais elle ne dit pas non, elle poursuit seulement son rêve, et songe qu'elle est en barque, et continue à sentir la caresse imprécise de cette main d'homme, de cette paume entre ses côtes, et de ces doigts au pli de sa hanche. Savent-ils, l'un et l'autre, si le sommeil ne va pas les reprendre à l'instant, s'ils ne vont pas se délier de cette fragile union, et repartir pour leurs songes incommunicables, après cette sorte d'au revoir gracieux et tiède sur la terre ferme, cet embrassement d'enfant qui vont se quitter, quand clapote au pied de l'appontement l'eau sous la barque ? » 

Et cela, qui clôt « Comme le temps passe » : 

« L’important est de ne faire qu’un avec sa propre course, même si l’on n’en aperçoit pas tout de suite l’accomplissement lumineux. »

 Il a trouvé son accomplissement dans la lumière éclatante des douze fusils du fort de Montrouge. Puis il est entré dans l’éternité où il restera l’ami de la jeunesse, l’amoureux de Paris, compagnon des Fascistes et si proche des Anarchistes, "fraternels adversaires"... Le plus franc, le plus loyal et le plus honnête camarade. 

Mais c’est au détour d’une phrase anodine, dans un autre ouvrage*, que nous avons compris son universelle humanité :

«  Il n’y a pas d’êtres ordinaires. » 

Nous sommes loin, très loin, des « sans dents. »

 

LR

Le marchand d'oiseaux, publié en 1936

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