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  • LE 11 NOVEMBRE 1918 DU GENERAL SALAN

    Le général Salan écrit à des amis à l'occasion du 11 novembre 1964. Il est alors en prison à Tulle, condamné à la prison à vie pour être resté fidèle à l'honneur, dans le respect de la promesse faite par la France à la population algérienne.

    Il se souvient du 11 novembre 1918. Il était alors tout jeune officier sur le front.


    Bien chers Amis,

    Votre lettre, par ce que vous m’écrivez, par sa date, m’a procuré un sentiment de calme. J’ai compris combien vous êtes des fidèles avec simplicité, mais avec du coeur.

    Pour moi, le 11 novembre 1918, c’est une section qui, au 1er octobre, comportait 44 hommes, et qui se retrouve à 11, le 11 novembre à 11 heures. Chiffre fatidique mais vrai, malheureusement.

     Après, c’est la marche vers l’Allemagne par Briey, Sarrelouis, Idar Oberstein et Kirn sur la Nahe. Toujours à pied. Mais nous étions payés de nos fatigues, nous avions gagné la guerre. Victoire de la France...

     

     

    QUI FUT LE GENERAL SALAN ?

     

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    A 19 ans, il est aspirant sur le front en 1918, et c’est l’objet de cette lettre.

    En 1921 il combat en Syrie où il est blessé. Il est alors lieutenant dans un bataillon de Sénagalais et rapporte cette anecdote, si symbolique de notre armée coloniale : " nous sommes couchés par le feu des Turcs, la tête contre le sol. Mon capitaine se dresse le sabre à la main : compagnie, garde à vous ! Baïonnette au canon ! Et nous chargeons et nous bousculons les Turcs. Et alors les Sénégalais ont cette simple phrase : Mon capitaine, y'a chaud. "

    En 1940 il sauve l'honneur - déjà ! - sa troupe, ses armes et n’est pas fait prisonnier contrairement à deux millions d’autres.

    En 1944  il libère Toulon et de nombreuses autres villes dont Besançon.

    En Indochine il représente la France auprès d’Ho Chi Minh. Chargé d'accompagner le chef communiste qui vient négocier à Paris il apprend lors d'une escale en Inde que le gouvernement français a décidé de promouvoir un état fantoche au Sud de l'Indochine au lieu de s'entendre avec " l’oncle Ho."

    Il comprend que ces négociations ne pourront aboutir car Ho Chi Minh, s'il veut bien négocier avec les Français, n'acceptera jamais que son pays soit coupé en deux.

    La guerre est donc inéluctable et il mène les troupes françaises au combat contre les Vietminh dans ce pays qu’il aime tant. Il obtient de nombreux succès, notamment à l'époque du Général de Lattre : "mon petit Salan, je ne pourrai rien faire là bas sans vous" lui avait dit ce dernier avant de prendre son poste en Indochine. Il est rappelé en métropole après le départ de de Lattre, non sans avoir eu le temps de s'opposer au projet de Dien Bien Phu, typique de ce syndrome de Sedan qui pousse parfois les Français à s'enfermer dans des cuvettes.

    Commandant en chef en Algérie il est la cible de l’attentat dit "du bazooka", qui tue son officier adjoint. Attentat fomenté, a t'on dit, par l'entourage de Michel Debré. Puis victime d’une terrible campagne de dénigrement menée par des Gaullistes qui voient en lui le dernier rempart de l’Algérie française : « Salan la drogue, Salan les piastres, Salan le Franc-Maçon. » Lui le Chrétien fervent mais discret, lui qui n’a jamais profité des avantages du pouvoir, lui qui a toujours servi son pays sans aucune arrière pensée !

     En 1961 il refuse l’abandon de l’Algérie et participe au putsch puis prend le commandement de l’OAS. Arrêté par traîtrise, il échappe à la condamnation à mort grâce à l’immense talent de maître Tixier Vignancour. Condamné à la prison à vie, il est incarcéré à la prison de Tulle.

     

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    Maître Tixier Vignancour

    Libéré en 1968 sous la pression de généraux qui font comprendre au pouvoir que cette libération sera la condition de leur soutien face à la menace révolutionnaire, il est réintégré dans son grade, ses titres, ses décorations et sa pension en 1982 grâce à François Mitterrand.  

    Ce qui nous fait dire qu’on n’a pas fini de redécouvrir le Président Mitterrand, dernier homme d’Etat de la République : nous lui devons certes quelques hontes. Mais aussi nos dernières splendeurs.

     

    Les décorations du général Raoul SALAN

     

                    Légion d'honneur : chevalier le 5 avril 1922
- Officier le 21 août 1940
- Commandeur le 10 février 1945
- Grand officier le 27 octobre 1948
- Grand croix le 28 août 1952

                    Médaille militaire

                    Croix de guerre 14-18 1 citation

                    Croix de guerre 1939-1945 8 citations

                    Croix de guerre TOE 7 citations

                    Croix de la Valeur militaire 1 citation

                    Croix du combattant volontaire 1914-1918

                    Croix du combattant

                    Médaille coloniale agrafe EXTREME ORIENT

                    Ordre de l'Étoile noire Grand Croix

                    Ordre du Dragon d'Annam Grand Croix à titre militaire

                    Ordre royal du Cambodge Grand Croix

                    Ordre du Million d'Éléphants Grand Croix

                    Ordre du Mérite civil Taï Grand Croix

                    Ordre du Dragon d'Annam Grand Croix à titre civil

                    Ordre du Nichan Iftikhar Grand Croix

                    Ordre royal du Cambodge Officier

                    Ouissam alaouite Grand Croix

                    Ordre de l'Étoile d'Anjouan Grand Croix

                    Étoile des Comores Grand Croix

                    Médaille de l'Aéronautique

                    Ordre royal Muniseraphon du Cambodge

                    Croix de la bravoure vietnamienne 1 citation

                    Médaille de la Défense nationale du Cambodge

                    Médaille commémorative de Syrie-Cilicie

                    Ordre du mérite syrien

                    Médaille interalliée 1914-1918

                    Médaille commémorative de la guerre 1914-1918

                    Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 avec agrafes AFRIQUE, ITALIE, FRANCE, ALLEMAGNE

                    Insigne des blessés militaires

                    Ordre du Mérite militaire d'Annam

                    Ordre du Règne du Roi SAVANG VATTHANA

                    Ordre du Mérite Militaire Thaï (1950-1954)

                    Médaille commémorative de la campagne d'Italie 1943-1944

                    Médaille commémorative de la campagne d'Indochine

                    Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord avec agrafe ALGÉRIE

                    Distinguished Service Cross *

                    Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique

                    Campagne du Vietnam (Thaïlande)

                    Mérite Militaire Sena Jay Assed (Cambodge)

     

    * La Distinguished Service Cross peut être décernée à une personne ne faisant pas partie des forces armées américaines mais qui est engagée dans les rangs d'une force amie combattant un ennemi contre lequel les Etats Unis sont également en guerre et qui s'est distinguée par un acte héroïque. L'acte ou les actes héroïques en question doivent avoir très clairement mis en péril la vie de l'intéressé au profit de l'intérêt général.

     

     

  • MORT DE REMI : LE ROLE DU GOUVERNEMENT

    Madame DUFLOT dans le Monde du 31 octobre 2014,extraits :

     

    « Ce qui s'est passé à Sivens est le résultat d'une situation politique. C'est aussi un échec du dialogue réclamé sur place par les opposants depuis des mois. En septembre, le premier ministre s'est rendu dans le Tarn pour dire « nous avons tenu bon à Sivens », avec le ton martial et cette capacité à sur jouer l'autorité qui le caractérisent. Je pense que cette déclaration de Manuel Valls, alors que le rapport des experts était en cours, a dégradé la situation. »

    Et il nous semble que cette situation, nous dirions plutôt cette attitude politique, a permis de laisser s’installer, depuis des mois, les composants du drame.

     

    1-Des groupes radicaux, « professionnels » du combat antiétatique que nous appellerons les « émeutiers. »

     

    2-Des écologistes, opposants très déterminés mais ouverts au dialogue et non violents. Nous les appellerons les « idéologues. »

     

    3-Des forces de l’ordre.

     

    Donc trois groupes bien différents dont les interactions durables vont être fatales à Rémi. 

    On retrouve ces 3 types de groupe dans toute manifestation. Les idéologues sont le groupe numériquement le plus important mais le plus fragile. Ce rôle était tenu par les écologistes à Sivens ou par les familles dans la « Manif pour tous. » Il faut comprendre que, pour les forces de l’ordre, l’adversaire objectif se présente sous ces deux formes opposées. C’est une des principales difficultés que rencontrent ces unités parfaitement entraînées puisque l’attitude à adopter, les moyens surtout, vont être différents en un même lieu et en un même temps pour s’adapter aux actions des deux groupes.

     

    Nous avons tous en mémoire, à l’occasion des manifestations contre Israël à Gaza, l’image de cette jeune femme voilée et drapée d’un drapeau bleu, blanc, rouge qui l’empêchait d’ailleurs de faire le moindre mouvement et, bien sûr, de courir. Elle symbolise les idéologues, comme les fameuses poussettes de la MPT.

     Très généralement, ce mélange des trois composants est fort limité dans le temps, quelques heures tout au plus. Chacun joue donc son rôle, les émeutiers s’abritant autant que possible au sein des idéologues tout en effectuant des sorties et des raids brutaux et brefs. Aux forces de l’ordre de faire la distinction, ce qui n’est pas facile mais est globalement réalisé. 

     

    Nous sommes persuadés qu’à Sivens il n’y a eu aucune volonté des gendarmes de s’attaquer aux idéologues en général, ni à Rémi Fraisse en particulier. Mais à Sivens, les trois réactifs sont restés en présence pendant une trop longue durée. Et cela parce que le gouvernement aurait dû interdire depuis longtemps  le stationnement permanent des idéologues sur le site mais ne l’a pas fait : faiblesse ou calcul ? Sans doute faiblesse de certains, mais peut-être calcul des autres.

     

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    France 3 région

     

    Les composants en présence ont donc été soumis à un échauffement de plus en plus fort et l’explosion a fini par se produire. Cet échauffement favorisé par la durée l’a été aussi par l’attitude du gouvernement qui aurait pu ralentir le processus – par exemple en invitant au dialogue.

    Mais au contraire il a affiché sottement – ou criminellement ? – la satisfaction d’avoir vaincu les opposants. Dire, le menton en avant et dressé sur ses ergots « nous avons tenu bon à Sivens » avec, comme décrit par Madame Duflot «  le ton martial et cette capacité à sur jouer l'autorité »  a fait monter la température au point où les mélange des trois composants a provoqué l’explosion.

     

    Ajoutons la nuit, et donc la fatigue – deux heures du matin ! – et, comme l’ont confié la sœur de Rémi et ses amis à Reporterre.net, c’est ainsi qu’un jeune homme est mort :

     

    « Nous connaissions Rémi depuis le collège. C’était vraiment quelqu’un de gentil et de doux. Il était très tolérant, sincère, honnête, mais un peu grande gueule. C’est clair qu’il n’hésitait pas à dire ce qu’il pensait, et il n’était pas du genre à se laisser embarquer sans raison par n’importe qui. Un type bienveillant, très apaisant. Il était extrêmement sociable et parvenait sans peine à se faire de nombreux amis où qu’il allait.

    Rémi n’avait aucune implication dans des mouvements politiques organisés, sinon ses activités de botaniste dans l’association France Nature Environnement. Il participait à la protection de la nature dans la région toulousaine. Après un BTS en gestion et protection de l’environnement, il travaillait durement comme intérimaire et avait plein de projets : un voyage en Amérique du Sud, la reprise d’une école mais surtout l’achat d’un terrain. Il souhaitait monter une exploitation de plantes médicinales, se renseignait auprès de professionnels. Il avait trouvé sa voie...

    Rémi était quelqu’un de foncièrement pacifiste. L’après-midi avant sa mort, il avait une nouvelle fois défendu cette attitude non violente dans une discussion avec des occupants de la zone...

    Vers deux heures moins le quart, dans la nuit, des amis sont allés plus loin voir ce qui se passait. À leurs dires, ça avait l’air impressionnant, on entendait encore les explosions fortes. Rémi a voulu y aller. Le temps de faire le trajet, nous sommes arrivés sur les lieux des affrontements. Les flics tiraient en rafale. Le spectacle était très violent, l’ambiance très particulière, nous n’avions jamais vécu ça. Face à une telle scène d’incompréhension et d’injustice, Rémi ne pouvait que réagir d’une manière ou d’une autre. Il avait un peu bu dans la soirée, mais n’était pas ivre, il avait juste une bouteille de vin et des gâteaux apéritifs dans son sac à dos.

    Je l’ai vu partir d’un coup en criant « Allez, faut y aller ! » Il a commencé à courir devant. Il n’avait rien pour se protéger, il n’a pas mesuré ce qui l’attendait. Les flics ont tiré en rafale, je me suis écarté pour me mettre à l’abri. Quand je me suis retournée, Rémi n’était plus là. »

    Et nous pensons à celui qui aurait lancé la grande OF. Nous ne connaissons rien de lui sinon qu’il fait partie d’une arme d’élite, qu’il s’est certainement  entraîné pendant des années pour, précisément, ne pas en arriver là et qu’il subit aujourd’hui une réprobation imméritée car il y a beaucoup d’autres responsables avant lui et, avant tous, ce gouvernement de rencontre.

     

    Louis ROISSARD

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