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REFLEXIONS SUR LA TORTURE

«Il peut y avoir des cas, permettez-moi de vous dire, quand une bombe tic-tac tic-tac tic-tac, doit exploser dans une heure ou dans deux heures, et accessoirement peut faire 200 ou 300 victimes, oui il est utile de faire parler la personne pour savoir où est la bombe.»

Le rapport sur la CIA et cette phrase stupide de Marine Le Pen ont éveillé en nous le besoin de parler de ce sujet que nous avons toujours évité tant il nous répugne. Mais le déni et l’oubli ne sont plus d’usage car la réalité  arrive toujours à nous rattraper.

Le rapport ne nous a rien appris sur les USA : nous savons depuis Clémenceau que « les Américains sont le seul peuple à être passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par ce que l'on nomme ailleurs : Civilisation ! » Et, depuis De Gaulle, qu’ils sont « forts, courageux et cons. Ils feront toutes les erreurs auxquelles on peut s’attendre, plus quelques autres que l’on n’imagine même pas. » Mais il faut reconnaître à leur avantage que ces erreurs, précisément, ils les reconnaissent.

Le cas de Marine est tout autre. Elle sait parfaitement ce que ce sujet a coûté à son père et les calomnies qui le poursuivent depuis 50 ans. En admettant que la torture soit acceptable pour « sauver deux cents victimes » elle retombe dans l’ornière d’où son père avait presque réussi à sortir. Joie de Libération qui se fend d’un jeu de mots poussif de salle des profs, entre la café et le tract de la CGT : « torture, copier-cogner entre les Le Pen. »

Profitons de ce billet dont ce n’est pas l’objet pour digresser un instant sur cet étonnant besoin des Le Pen de casser régulièrement le beau trésor que nous leur donnons par notre engagement, notre travail et, accessoirement, nos voix.

Lorsque nous fûmes –pendant 40 ans – une sorte de grand club d’un million de fidèles fiers de nos différences, patriotes certes mais aussi rebelles paradoxaux, ce jeu nous amusait car il contentait notre côté frondeur. Maintenant que nous sommes vingt fois plus nombreux parce que le pays est vraiment en danger - et à très court terme - nous n’avons plus du tout envie de rire. Soit elle veut vraiment sauver la France et elle fait attention à ce qu’elle dit. Soit elle s’en va en emportant son Collard, son Aliot et ses Folles. On fera avec Monsieur Gollnisch et ça ira très bien. Nous ne plaisantons pas du tout : tôt ou tard le peuple de France va se lever et il vaut mieux que ce soit en ordre et dans la paix. Seul le Front National, éventuellement allié à d’autres politiques patriotes, peut aider à le faire en toute légalité et c’est pourquoi nous combattons avec lui. Mais si Madame Le Pen se moque de nous, elle sera balayée par la vague du peuple, aussi forte que l’eau de notre pays qui emporte tout ce qui aurait dû l’arrêter.

Revenons en à la question du jour, celle de la torture.

La définition :

« torturer c’est faire subir volontairement des souffrances physiques de façon durable et éventuellement répétée à un être vivant mis hors d’état de s’y soustraire ou de se défendre. »

L'éternelle justification :

il n’y en qu’une et c’est exceptionnel car l’homme cherche toujours à accumuler les raisons de se justifier. Il n’y en a qu’une et c’est la preuve des difficultés que les partisans de cette ignominie éprouvent à trouver des arguments.

Et voici cette justification : la torture, en amenant à avouer des crimes sur le point d’être commis est un mal qui évitera d’autres maux, bien plus graves (les deux cents enfants évoqués par Marine.) Après tout si le torturé n’est pas encore coupable - puisque justement on veut éviter qu’il le devienne et ce serait le but de la torture - il présente un danger pour la société, danger que l’on ne peut accepter. D’où l’exemple des enfants propre à nous faire nous ranger par notre générosité aux côtés des tortionnaires.

La réfutation :

à cette unique et éternelle tentative de justification nous opposerons les arguments suivants, plus nombreux et plus forts.

Il n’est absolument pas prouvé que la torture apporte des résultats probants. Sous la douleur et pour la faire cesser on est prêt à avouer n’importe quoi. D’ailleurs des voix se sont régulièrement élevées pour témoigner de ce qu’un interrogatoire non violent amène un résultat meilleur que la torture. On nous répond que c’est possible mais long et que, dans les cas des deux cents enfants, on n’a guère le temps. Au risque de choquer les âmes délicates qui viendraient à nous lire nous pensons au contraire qu’une menace de mort immédiate et certainement suivie d’effet, serait plus efficace que la torture. Oui, nous pensons qu’il vaut mieux tuer un terroriste que le torturer.

Cela dit le cas de l’école est extrême et ne s’est pratiquement jamais rencontré. Lors de tels événements le terroriste est arrêté après l’attentat et la raison invoquée pour cette torture n’est plus justifiante.

L'exemple des guerres mondiales :

Pendant la guerre de 1914-1918, le renseignement était en grande partie basé sur l’interrogatoire des prisonniers. De par les lois internationales de la guerre, ceux-ci n’étaient tenus de ne donner que leurs noms, matricules et unités. Les forcer à en dire plus par la torture aurait entrainé des conséquences énormes en termes de représailles sur les nombreux prisonniers faits de part et d’autre. Par ailleurs l’honneur militaire ne souffrait pas qu’on torture un soldat ennemi tombé entre nos mains. Il n’y eut donc pas, dans cette immense guerre, de cas de torture.

Et pourtant les renseignement étaient quand même obtenus : intentions de l’ennemi, mouvement de troupes, conséquences des combats. Comment l’étaient t’ils ? D’abord parce qu’il y avait dans cette guerre beaucoup de prisonniers et que, sur le nombre, certains étaient disposés à parler. Alors que, s’il avaient craint d’être torturés, il se seraient battus jusqu’à la mort plutôt que d’être pris, causant ainsi à leurs adversaires encore plus de pertes. 

Ensuite parce qu’après la peur des combats, le fait de se retrouver dans une relative sécurité amenait le prisonnier à se laisser aller.

Enfin parce qu’un bon officier de renseignements, parlant bien la langue de l’ennemi, arrivait à créer un climat où le prisonnier, sans en dire beaucoup, livrait de petites informations qui patiemment rassemblées et recoupées permettaient de dessiner une vue d’ensemble du dispositif ennemi, complétée par les reconnaissances terrestres et aériennes. Pas besoin de torture pour cela.

Pendant la IIème guerre mondiale elle ne fût pas si répandue jusqu’à l’irruption du terrorisme dans les hostilités. Elle était inconnue dans la guerre du désert sous Rommel et ses adversaires Anglais et, en France occupée, le service de renseignements de l’armée allemande, l’Abwehr, ne recourait pas à de tels procédés que son chef, l’amiral Canaris, n’admettait pas.

Avec l’irruption du terrorisme et les assassinats de militaires allemands les choses changèrent et la Gestapo et le SD y eurent recours comme tout le monde le sait. La Résistance communiste aussi, d’ailleurs. Surtout après la Libération qui en fût salie à jamais. Beaucoup de Français moururent alors sous la torture, comme le grand Louis Renault.

Les conséquences :

enfin la torture dessert les causes qu’elle défend. Elle détruit irrémédiablement l’image d’une police, d’une armée, d’un état, qui la pratiquerait. Elle marque à jamais ceux qui l’ont infligée et qui sont, avec leurs familles, eux aussi victimes de ces actes qui toujours les poursuivront. Elle trahit ceux qu’elle prétend servir. Elle est, à long terme, l’occasion de plus de défaites que de succès.

En effet elle multiplie les ennemis des tortionnaires : proches des victimes, d'abord, mais aussi à travers le monde, tous ceux  qui refusent cette horreur et l'on sait bien que " ce n’est jamais une bonne idée de se faire plus d’ennemis que ce dont on peut se débarrasser. " 

Donnez nous d'ailleurs le nom d’une victoire - d’une victoire durable - remportée par ce moyen. Nous n’en avons pas trouvée une seule...

Ce qu'est la torture : une arme de terreur

Il y aurait sans doute encore beaucoup à dire sur les ressorts psychologiques des tortionnaires mais nous ne sommes pas qualifiés pour le faire. Il nous semble toutefois que ces actes excitent certains pervers et de nombreux journalistes de gauche...

Ce qui compte vraiment c'est de savoir que la torture est une arme de terreur. C'est un moyen de dominer ses adversaires, de les mater car, en réalité, la torture sert à faire taire, et non à faire parler.

Et c’est ainsi qu'elle est actuellement promue au rang de pratique acceptable. On cherche à la faire admettre, à ce qu’elle passe dans les mœurs si l’on ose s’exprimer ainsi, car les temps sont proches d’événements où des pouvoirs illégitimes et injustes auront recours à la torture pour briser la révolte de nos peuples qui n’en peuvent plus.

C’est aussi pourquoi il nous faut la refuser, sous quelque prétexte que ce soit.

LR 

 

 

 

 

 

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