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  • LE PREMIER PARRICIDE POLITIQUE

     

    Comment s'exprimait Alphonse Daudet dans les Contes du Lundi, déjà ? Ah oui :

     

    " Mais sa voix s'arrêta au fond de sa gorge. Il sentit la hampe trembler, glisser entre ses mains. Dans cet air las, cet air de mort qui pèse si lourdement sur les villes rendues, les drapeaux ne pouvaient plus flotter ; rien de fier ne pouvait plus vivre... Et le vieil Hornus tomba foudroyé."

     

    Heureusement Jean Marie le Pen n'est pas mort, mais décidément rien de fier ne peut plus vivre au nouveau Front National car sa fille vient de commettre le premier parricide politique de l'Histoire de France : un bien beau titre de gloire pour celle qui prétend être patriote. 

     

    En montant en épingle un propos ancien qui ne l'avait pas gênée jusqu'à présent elle a trahi son père, sous l'influence d'un homme qui n'est même pas membre du Front National, le grand Gilbert Collard.

     Une anecdote à son sujet.

     Nous l’avions croisé à l’aéroport d’Orly il y a bien des années – à l’époque qu'il était de gauche - alors qu’avec une de ses relations il se moquait d’un pauvre homme qui dormait sur une chaise de la salle d’attente où le malheureux avait trouvé cet ultime refuge au cœur de l’hiver. Mais de cœur le grand avocat, le grand Maître, n’en a pas. Passons vite.

     On ne sait même plus quoi dire devant la trahison de Marine Le Pen sinon que son père est l'homme de tous les courages mais avant tout de celui de la Liberté. Et que de la Liberté sa fille ne veut pas. Elle a d'ailleurs eu le 9 janvier sur TF1 cette phrase si révélatrice de sa mentalité de  dictateur :

    " Personne ne comprendrait qu'il y ait au FN des personnalités qui puissent exprimer une pensée qui soit personnelle..."

     On ne saurait mieux dire.

     Nous supposons que son père lui a déjà pardonné. Et bien sûr elle aura la majorité au Front National, les gens courageux n’étant nulle part légion – sans jeu de mot - dans ce parti là comme dans les autres.

    Mais les électeurs ne lui pardonneront pas comme on va le voir dans quelques mois aux Régionales.

  • Lettre à Marion Le Pen

    Madame,

     Nous vous avions admirée, voyant en vous la digne héritière du courage, de la droiture, de l’indépendance et surtout, surtout, de l’amour de la Liberté de votre grand-père.

     Votre dernière déclaration montre que vous n’avez pas ce même amour, en rejetant brutalement le propos célèbre sur lequel Jean Marie Le Pen n’a pas voulu revenir, à savoir que les chambres à gaz étaient un point de détail de la deuxième guerre mondiale.

     En un sens vous avez pourtant raison, ces fameuses chambres ne sont pas un point de détail car, parmi les millions d’événements de cette guerre, c’est le seul que l’on n’a pas le droit de discuter. On peut avancer que Pearl Harbour a été souhaité par les Américains, que la France a été sauvée par les grand parents de Jamel Debouzze, que le vainqueur de Verdun est subitement devenu un traître, qu’aucun des membres de la Résistance ne fût d’extrême droite –Ô mânes de Rémy, royaliste d’Action Française et le plus grand des Résistants ! - que Churchill n’a pas sauvé le monde et que les communistes n’ont pas violemment conspué – en Français on dit trahir - l’Armée française en mai 1940 lors qu’ils étaient très officiellement alliés des Allemands.

     On peut donc tout dire sur la deuxième guerre mondiale mais ce que l’on ne peut discuter c’est l’existence, l’objet et  l’importance des chambres à gaz. N’est ce pas curieux à votre avis ? Et vous êtes vous demandé pourquoi c’est le seul aspect que l’on ne puisse analyser ?

    Sans idées préconçues et n’ayant jamais été à Auschwitz nous avons posé cette question à des jeunes qui avaient visité ce site lors de leur scolarité. Ils nous ont donné un point de vue dépassionné et plein de bon sens. La loi Gayssot interdit de l’énoncer ici mais rien ne vous empêche de tenter l’expérience autour de vous : vous serez surprise de constater qu’il existe une troisième réponse qui n’est pas la version officielle ni celle des négationnistes fous.

     En attendant bien sagement vous vous soumettez et vous y allez du style convenu des communicants incultes qui ont pondu cette phrase clé que nous allons analyser ensemble : « Je n'oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d'une politique raciste qui aura fait date dans l'histoire."

     Tout le monde est d’accord là dessus et la seule différence c’est ce que cela n’a rien à voir avec l'importance des chambres à gaz : vous réprouvez votre grand père par une phrase sans lien avec son propos. Si vous aviez écrit« j’estime que  les chambres à gaz sont un point essentiel de cette guerre », alors les choses eussent été claires. Mais non, vous redites ce que tous savent - en oubliant d’ailleurs que si les Allemands ont mis notre pays à feu et à sang ils ne furent pas les seuls - mais ceci est une autre histoire.

     En somme vous avez lâché votre grand-père pour rien. Soyez sûre qu’avec sa noblesse d’âme il vous a déjà pardonné. Mais vous comprendrez bientôt que les Français placent au dessus de tout l’esprit du chevalier qui, jamais, ne critique ceux à qui il a fait allégeance ni ceux à qui il est lié par le sang. Et qu’ils ne font pas confiance à une personne capable d’abandonner son aïeul dans la tourmente.

     

    Bonne chance Madame.


     

    Maureen O'DELAIGH, Laurent LANTONI, Louis ROISSARD




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