Avertir le modérateur

Histoire

  • Lettre à Marion Le Pen

    Madame,

     Nous vous avions admirée, voyant en vous la digne héritière du courage, de la droiture, de l’indépendance et surtout, surtout, de l’amour de la Liberté de votre grand-père.

     Votre dernière déclaration montre que vous n’avez pas ce même amour, en rejetant brutalement le propos célèbre sur lequel Jean Marie Le Pen n’a pas voulu revenir, à savoir que les chambres à gaz étaient un point de détail de la deuxième guerre mondiale.

     En un sens vous avez pourtant raison, ces fameuses chambres ne sont pas un point de détail car, parmi les millions d’événements de cette guerre, c’est le seul que l’on n’a pas le droit de discuter. On peut avancer que Pearl Harbour a été souhaité par les Américains, que la France a été sauvée par les grand parents de Jamel Debouzze, que le vainqueur de Verdun est subitement devenu un traître, qu’aucun des membres de la Résistance ne fût d’extrême droite –Ô mânes de Rémy, royaliste d’Action Française et le plus grand des Résistants ! - que Churchill n’a pas sauvé le monde et que les communistes n’ont pas violemment conspué – en Français on dit trahir - l’Armée française en mai 1940 lors qu’ils étaient très officiellement alliés des Allemands.

     On peut donc tout dire sur la deuxième guerre mondiale mais ce que l’on ne peut discuter c’est l’existence, l’objet et  l’importance des chambres à gaz. N’est ce pas curieux à votre avis ? Et vous êtes vous demandé pourquoi c’est le seul aspect que l’on ne puisse analyser ?

    Sans idées préconçues et n’ayant jamais été à Auschwitz nous avons posé cette question à des jeunes qui avaient visité ce site lors de leur scolarité. Ils nous ont donné un point de vue dépassionné et plein de bon sens. La loi Gayssot interdit de l’énoncer ici mais rien ne vous empêche de tenter l’expérience autour de vous : vous serez surprise de constater qu’il existe une troisième réponse qui n’est pas la version officielle ni celle des négationnistes fous.

     En attendant bien sagement vous vous soumettez et vous y allez du style convenu des communicants incultes qui ont pondu cette phrase clé que nous allons analyser ensemble : « Je n'oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d'une politique raciste qui aura fait date dans l'histoire."

     Tout le monde est d’accord là dessus et la seule différence c’est ce que cela n’a rien à voir avec l'importance des chambres à gaz : vous réprouvez votre grand père par une phrase sans lien avec son propos. Si vous aviez écrit« j’estime que  les chambres à gaz sont un point essentiel de cette guerre », alors les choses eussent été claires. Mais non, vous redites ce que tous savent - en oubliant d’ailleurs que si les Allemands ont mis notre pays à feu et à sang ils ne furent pas les seuls - mais ceci est une autre histoire.

     En somme vous avez lâché votre grand-père pour rien. Soyez sûre qu’avec sa noblesse d’âme il vous a déjà pardonné. Mais vous comprendrez bientôt que les Français placent au dessus de tout l’esprit du chevalier qui, jamais, ne critique ceux à qui il a fait allégeance ni ceux à qui il est lié par le sang. Et qu’ils ne font pas confiance à une personne capable d’abandonner son aïeul dans la tourmente.

     

    Bonne chance Madame.


     

    Maureen O'DELAIGH, Laurent LANTONI, Louis ROISSARD




  • DRESDE COMME ANNIVERSAIRE

    Puisque l'on parle ces jours-ci des assassinats simultanés de DRESDE, redonnons la parole à SAVITRI DEVI à props du bombardement de Charlottenburg. Tout y est dit, sauf que celui de Dresde fut dix fois plus meurtrier. 

    "Tout de suite après, il y eut la nuit de Charlottenburg, le commencement de l’Apocalypse.

    L’ouest de Berlin flamba pendant trois jours et trois nuits.

    La pluie de phosphore tombait du ciel sous forme de boules rouges et bleues qui se déformaient, s’étiraient comme de la pâte, s’écrasaient sur les toits, ruisselaient dans les rues.

    Ce fut un autodafé fantastique. On brûla les églises, les hôpitaux, les restaurants, les maternités, les immeubles résidentiels, les musées et les éléphants du zoo, pêle-mêle avec les casernes, les dépôts, les administrations.

    Les femmes couraient dans les rues en flambant mieux que des torches.

    On brûla les femmes et les enfants allemands comme de la mauvaise herbe, et, en même temps, les prisonniers français, les ouvriers belges, russes, bulgares, grecs, hollandais, polonais.

     Quand l’ouest de Berlin cessa de brûler, ceux qui s’aventurèrent dans le désert de pierres et de cendres chaudes restèrent frappés de stupeur. Trois jours avaient suffi pour recréer Pompéi."

     

     

     

     

     

    http://causerie.20minutes-blogs.fr/archive/2009/08/08/savitra-devi-et-l-ecologie.html

  • LE 11 NOVEMBRE 1918 DU GENERAL SALAN

    Le général Salan écrit à des amis à l'occasion du 11 novembre 1964. Il est alors en prison à Tulle, condamné à la prison à vie pour être resté fidèle à l'honneur, dans le respect de la promesse faite par la France à la population algérienne.

    Il se souvient du 11 novembre 1918. Il était alors tout jeune officier sur le front.


    Bien chers Amis,

    Votre lettre, par ce que vous m’écrivez, par sa date, m’a procuré un sentiment de calme. J’ai compris combien vous êtes des fidèles avec simplicité, mais avec du coeur.

    Pour moi, le 11 novembre 1918, c’est une section qui, au 1er octobre, comportait 44 hommes, et qui se retrouve à 11, le 11 novembre à 11 heures. Chiffre fatidique mais vrai, malheureusement.

     Après, c’est la marche vers l’Allemagne par Briey, Sarrelouis, Idar Oberstein et Kirn sur la Nahe. Toujours à pied. Mais nous étions payés de nos fatigues, nous avions gagné la guerre. Victoire de la France...

     

     

    QUI FUT LE GENERAL SALAN ?

     

    Raoul Salan.jpg

     

    A 19 ans, il est aspirant sur le front en 1918, et c’est l’objet de cette lettre.

    En 1921 il combat en Syrie où il est blessé. Il est alors lieutenant dans un bataillon de Sénagalais et rapporte cette anecdote, si symbolique de notre armée coloniale : " nous sommes couchés par le feu des Turcs, la tête contre le sol. Mon capitaine se dresse le sabre à la main : compagnie, garde à vous ! Baïonnette au canon ! Et nous chargeons et nous bousculons les Turcs. Et alors les Sénégalais ont cette simple phrase : Mon capitaine, y'a chaud. "

    En 1940 il sauve l'honneur - déjà ! - sa troupe, ses armes et n’est pas fait prisonnier contrairement à deux millions d’autres.

    En 1944  il libère Toulon et de nombreuses autres villes dont Besançon.

    En Indochine il représente la France auprès d’Ho Chi Minh. Chargé d'accompagner le chef communiste qui vient négocier à Paris il apprend lors d'une escale en Inde que le gouvernement français a décidé de promouvoir un état fantoche au Sud de l'Indochine au lieu de s'entendre avec " l’oncle Ho."

    Il comprend que ces négociations ne pourront aboutir car Ho Chi Minh, s'il veut bien négocier avec les Français, n'acceptera jamais que son pays soit coupé en deux.

    La guerre est donc inéluctable et il mène les troupes françaises au combat contre les Vietminh dans ce pays qu’il aime tant. Il obtient de nombreux succès, notamment à l'époque du Général de Lattre : "mon petit Salan, je ne pourrai rien faire là bas sans vous" lui avait dit ce dernier avant de prendre son poste en Indochine. Il est rappelé en métropole après le départ de de Lattre, non sans avoir eu le temps de s'opposer au projet de Dien Bien Phu, typique de ce syndrome de Sedan qui pousse parfois les Français à s'enfermer dans des cuvettes.

    Commandant en chef en Algérie il est la cible de l’attentat dit "du bazooka", qui tue son officier adjoint. Attentat fomenté, a t'on dit, par l'entourage de Michel Debré. Puis victime d’une terrible campagne de dénigrement menée par des Gaullistes qui voient en lui le dernier rempart de l’Algérie française : « Salan la drogue, Salan les piastres, Salan le Franc-Maçon. » Lui le Chrétien fervent mais discret, lui qui n’a jamais profité des avantages du pouvoir, lui qui a toujours servi son pays sans aucune arrière pensée !

     En 1961 il refuse l’abandon de l’Algérie et participe au putsch puis prend le commandement de l’OAS. Arrêté par traîtrise, il échappe à la condamnation à mort grâce à l’immense talent de maître Tixier Vignancour. Condamné à la prison à vie, il est incarcéré à la prison de Tulle.

     

    tixiervignancourtj.jpg

    Maître Tixier Vignancour

    Libéré en 1968 sous la pression de généraux qui font comprendre au pouvoir que cette libération sera la condition de leur soutien face à la menace révolutionnaire, il est réintégré dans son grade, ses titres, ses décorations et sa pension en 1982 grâce à François Mitterrand.  

    Ce qui nous fait dire qu’on n’a pas fini de redécouvrir le Président Mitterrand, dernier homme d’Etat de la République : nous lui devons certes quelques hontes. Mais aussi nos dernières splendeurs.

     

    Les décorations du général Raoul SALAN

     

                    Légion d'honneur : chevalier le 5 avril 1922
- Officier le 21 août 1940
- Commandeur le 10 février 1945
- Grand officier le 27 octobre 1948
- Grand croix le 28 août 1952

                    Médaille militaire

                    Croix de guerre 14-18 1 citation

                    Croix de guerre 1939-1945 8 citations

                    Croix de guerre TOE 7 citations

                    Croix de la Valeur militaire 1 citation

                    Croix du combattant volontaire 1914-1918

                    Croix du combattant

                    Médaille coloniale agrafe EXTREME ORIENT

                    Ordre de l'Étoile noire Grand Croix

                    Ordre du Dragon d'Annam Grand Croix à titre militaire

                    Ordre royal du Cambodge Grand Croix

                    Ordre du Million d'Éléphants Grand Croix

                    Ordre du Mérite civil Taï Grand Croix

                    Ordre du Dragon d'Annam Grand Croix à titre civil

                    Ordre du Nichan Iftikhar Grand Croix

                    Ordre royal du Cambodge Officier

                    Ouissam alaouite Grand Croix

                    Ordre de l'Étoile d'Anjouan Grand Croix

                    Étoile des Comores Grand Croix

                    Médaille de l'Aéronautique

                    Ordre royal Muniseraphon du Cambodge

                    Croix de la bravoure vietnamienne 1 citation

                    Médaille de la Défense nationale du Cambodge

                    Médaille commémorative de Syrie-Cilicie

                    Ordre du mérite syrien

                    Médaille interalliée 1914-1918

                    Médaille commémorative de la guerre 1914-1918

                    Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 avec agrafes AFRIQUE, ITALIE, FRANCE, ALLEMAGNE

                    Insigne des blessés militaires

                    Ordre du Mérite militaire d'Annam

                    Ordre du Règne du Roi SAVANG VATTHANA

                    Ordre du Mérite Militaire Thaï (1950-1954)

                    Médaille commémorative de la campagne d'Italie 1943-1944

                    Médaille commémorative de la campagne d'Indochine

                    Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord avec agrafe ALGÉRIE

                    Distinguished Service Cross *

                    Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique

                    Campagne du Vietnam (Thaïlande)

                    Mérite Militaire Sena Jay Assed (Cambodge)

     

    * La Distinguished Service Cross peut être décernée à une personne ne faisant pas partie des forces armées américaines mais qui est engagée dans les rangs d'une force amie combattant un ennemi contre lequel les Etats Unis sont également en guerre et qui s'est distinguée par un acte héroïque. L'acte ou les actes héroïques en question doivent avoir très clairement mis en péril la vie de l'intéressé au profit de l'intérêt général.

     

     

  • Une amitié : Belmondo et Breker

    Une amitié.

    Nous pensions ces jours-ci à Paul Belmondo car il est né en août 1898, à Alger.

    Et par une association d'idée bien naturelle à son ami Arno Breker né en 1900 à Elberfeld en Prusse.

    Et à la belle amitié de ces deux sculpteurs qui a  traversé le siècle et la guerre sans jamais s'interrompre.

    Ils se sont rencontrés en France en 1927 alors que Breker allait devenir l’élève de Maillol :

    « venant d’arriver à Paris, le cœur serré par le mal du pays, ce fut pour moi un miracle de rencontrer Belmondo qui n’avait que deux ans de plus que moi. Il faisait partie de ceux qui s’intéressaient à la culture et aux débats d’idées des Allemands tout en se rendant disponibles pour me faire découvrir l’impressionnante créativité des artistes Français. C’est là que j’assimilais tout ce qui allait avoir une importance décisive pour mon avenir. Quiconque connaît Belmondo sait que son œuvre est le reflet de son âme et de sa personnalité. Il ne cherche pas la gloire passagère, ses thèmes sont soigneusement choisis et ses sculptures rayonnent de la dignité de l’être : chaleur, humilité et humanité. »

     

    Ils ne cesseront jamais ces relations privilégiées et, au plus fort de la guerre, Belmondo se rendra en Allemagne à son tour, invité par son ami pour montrer que l'art devait unir les deux pays. Et l'avenir allait montrer qu'ils avaient raison.

     

    Belmondo n’a pas écrit sur Breker mais leur ami commun, Cocteau, s’en est chargé :

     

    " Je vous salue, Breker !

     

    Je vous salue de la haute patrie des poètes,

    patrie ou les patries n'existent pas,

    sauf dans la mesure où chacun y apporte le

    trésor du travail national.

     

    Je vous salue, parce que vous réhabilitez

    les mille reliefs dont un arbre compose sa grandeur.

     

    Parce que vous regardez vos modèles

    comme des arbres et que, loin de sacrifier

    aux volumes, vous douez vos bronzes et

    vos plâtres d'une sève délicate qui tourmente

    le bouclier d'achille de leurs genoux,

    qui fait battre le système fluvial de

    leurs veines, qui frise le chèvrefeuille de

    leurs cheveux.

     

    Parce que vous inventez un nouveau piège

    où se prendra l'esthétisme, ennemi des

    énigmes.

     

    Parce que vous rendez le droit de vivre

    aux statues mystérieuses de nos jardins publics.

     

    Parce que, sous le clair de lune, véritable

    soleil des statues, j'imagine vos personnages

    arrivant une nuit de printemps, place de la Concorde,

    avec le pas terrible de la Venus d'Ille.

     

    Parce que la grande main du David de Michel--Ange

    vous a montré votre route.

     

    Parce que, dans la haute patrie ou nous

    sommes compatriotes, vous me parlez de la F r a n c e. "

     

     

    Une perspective commune ? 

    Ils voulaient, au début, se situer tous les deux dans la même perspective très classique, néo-grecque. Mais il nous semble que seul Belmondo s’y est tenu. C’ était  un classique harmonieux, serein et rigoureux :

     

    belmondo1.jpg

     

    belmondo2.jpg

     

     

    Breker était beaucoup plus enclin à faire apparaître la personnalité de ses modèles à travers ses œuvres même s’il était pour cela parfois nécessaire de prendre ses distances avec la réalité, comme le montrent ses bustes de Cocteau, de Dali ou de Hitler.

     

    breker1.jpg

    dali.jpg

    A la fin de sa vie il délaissa son côté tragique, donnant libre cours à sa sensualité et s'adoucissant ainsi pour notre plus grand bonheur :

     

    Breker4.jpg
    breker5.jpg

    breker2.jpg

     

     

    Mais, au fond, la perspective vraiment partagée par Belmondo et Breker était celle de l'Europe.

    Jean Monnet, qui avait conçu l'Europe moderne et l'avait portée sur les fonts baptismaux -et la comparaison n'est pas vaine car les étoiles qu'il avait choisi pour la symboliser sont celles de la Vierge Marie- a écrit, peu avant sa mort : 

    "s'il fallait refaire l'Europe, je commencerais par la culture".

    C'est tout simplement ce qu'avaient déjà fait Belmondo et Breker.

     

     

  • Savitri Devi et l'écologie

     

    Avec un titre aussi ésotérique il est sans doute utile d'apporter quelques précisions.

    D'abord parce que le mot écologie est souvent utilisé de façon inadaptée et ensuite parce que Savitri Devi est peu connue.

     

     

    savitri7.jpg
    Savitri Devi en 1935

     

    Ecologie et environnement.

    L'écologie ne se résume pas à l'environnement. Les tentatives de récupération de l'écologie par les milieux politiques et associatifs ont été faites de façon assez sommaire et ne concernent que la partie la plus visible, et la plus porteuse, de l'écologie c’est-à-dire le respect de l'environnement. C’est bien compréhensible car il est plus facile d’utiliser politiquement un concept ramené au plus petit et plus accessible commun dénominateur que de le concevoir dans sa complexité.

    Or l'écologie est bien plus que l'environnement : il s'agit de rendre harmonieuses, justes et durables les relations des êtres vivants -au sens très large incluant les végétaux et les minéraux- et ce dans une attitude de progrès, c’est-à-dire en sachant que les résultats obtenus pourront sans cesse s'améliorer. On est donc bien au delà et bien au-dessus des éoliennes de Cohn-Bendit.

    Il n'y a pas de doctrine écologique. Tout peut s'interpréter et se discuter entre les différents courants écologiques, le tout étant de rester de bon sens et mesuré : par exemple un écologiste aurait du mal, au nom d'une sensibilité excessive, à réfuter la chasse, activité naturelle, régulatrice et porteuse de connaissances sur la nature. Mais il aurait encore plus de mal à justifier, au nom cette fois-ci d'un impératif économique discutable, l'élevage en batterie des cochons et des poulets.

    De même notre définition voit l’écologiste s’intéresser d’abord à la vie politique et économique, bien avant la gestion de l'énergie ou la propreté de l'eau car ce sont la politique et l’économie qui vont régir les relations entre les êtres vivants.

     

    La vie de Savitri jusqu’à son mariage.


    Savitri Devi née Maximine Julia Portaz est née le 30 septembre 1905 à Lyon.

    Dans cette famille de la moyenne bourgeoisie lettrée, typique du début du siècle, Européenne car monsieur Portaz est d'origine Gréco-Italienne tandis que son épouse est Britannique, Maximine est élevée par des parents férus de littérature Française et Anglaise.

     

    savitrimaman.jpg

    Savitri et sa maman en 1907

     

    C'est à Lyon qu'elle fera toutes ses études, jusqu'au doctorat de philosophie.

    Elle y nouera des amitiés qui ne se démentiront jamais malgré les prises de position politiques et religieuses qui la mettront plus tard en grande difficulté. Une de ses camarades de classe sera d'ailleurs la future épouse de Jacques Soustelle, grand résistant et futur ministre qui facilitera son retour en Europe après la guerre.

     

    photo-savitri2.jpg

     

    Littéraire brillante elle obtient à 16 ans le premier prix –un superbe vélo- d’un concours de rédaction dont le thème était la vie de Louis Pasteur. Mais lorsqu’elle apprend que Pasteur mène des expérimentations animales elle demande à ses parents de renvoyer le vélo, ce qu’ils acceptent de faire, aussi indignés qu'elle.

    C’est à cet âge de 16 ans que nait sa plus grande passion littéraire : l’œuvre poétique de Leconte de Lisle.

    Après son baccalauréat elle entre en licence de philosophie et visite -à pied et à cheval- la Grèce et l’Italie pendant ses longues vacances d’étudiante.

    Ayant réussi sa licence en 1928 elle va enseigner en Grèce et accomplir un pèlerinage en Palestine avec des Grecs orthodoxes en avril 2009. Elle y découvre alors les prémices de ce qui est devenu aujourd’hui la question Palestinienne et s’interroge sur cette terre sainte devenue un enjeu politique. Elle voit les trois religions révélées s’affronter pour des questions qui lui paraissent secondaires et bien matérielles, telles que l’utilisation de quelques mètres carrés d’esplanade. Pire encore elle voit un jour des chrétiens aller jusqu’à se battre entre eux pour des questions de préséance. C’est de là que naissent ses premiers doutes religieux : elle reste pour l’instant fidèle à la foi Chrétienne de ses parents mais s’ouvre à une quête spirituelle qui, en dix ans, l’amènera à l’Hindouisme.

    Elle ne cessera plus ses voyages entre la France, la Grèce et le Proche-Orient tout en continuant ses études jusqu'au doctorat de philosophie obtenu, toujours à Lyon, en 1935. Sa thèse porte sur Théophile Kaïris (1784-1853). Ce philosophe Grec a reconsidéré le concept d'église en le simplifiant à l'extrême de façon à éviter que les Chrétiens se déchirent sur des points qui, pour lui, n'étaient pas essentiels au dogme. Il fût bien sûr la cible de toutes les églises et, refusant de revenir au strict credo de l'église Orthodoxe, fut jeté en prison où il mourut.

    Nous verrons que ce choix était déjà celui de sa vie : comme Kaïris celle qui était alors Maximine affrontera les puissants du jour, ne pliera jamais, et sera persécutée pour ses idées.

    Mais le grand tournant se situe à l’été 1935, où, après son doctorat, ses parents l'aident à partir en voyage en Inde. Elle s’y plait tant qu'elle arrive à y rester en y trouvant un poste d’enseignante en Anglais, langue qu’elle pratiquait quotidiennement chez elle depuis son enfance .

    En 1937 elle reçoit nom de Savitri ** et publie son premier ouvrage « l’avertissement aux Hindous » qui choque beaucoup les Anglais. Ce livre exprime en effet son admiration pour l’Hindouisme qui prône la beauté, l'amour du vivant et est « biocentré » et non anthropocentré. C’est-à-dire qu’il interprète la réalité en fonction de nécessités biologiques globales incluant le monde animal et végétal et non seulement en fonction de l’homme comme le font les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans qui sacrifient tout à l’homme et à l’homme seul. Mais, surtout, elle conjure les Hindous de ne point abandonner le système des castes, seul susceptible selon elle de garder à l’Inde sa grandeur et d’assurer son avenir.

     

    Découverte du nationalisme Indien et du National Socialisme.

     

     

    marisavitri.jpg

    A K Mukherj

    En 1939 elle épouse M. A K Mukherj qui lui fait connaître le nationaliste Indien Shandra Bose.

    Shandra parle souvent avec elle de son action politique tendant à renforcer  les liens entre les « anciens aryens » (les Indiens) et le régime national-socialiste Allemand pour qui Savidri finira par prendre fait et cause après la défaite de 1945. C'est à partir de là que sa vie va changer. La jeune philosophe comblée de dons, comblée d'amour par ses parents et son mari va, en quelques années, devenir une "pasionaria" traquée dans le monde entier pour ses idées politiques.

    Car, révoltée par cette terrible guerre dont elle rend responsable le gouvernement Anglais qui l'a déclarée, elle finira par s’établir en Allemagne de 1948 à 1958 où ses écrits et ses prises de position favorables au régime disparu lui vaudront de nombreux tracas auprès de la justice Allemande et des autorités d’occupation : elle y sera même jugée, condamnée et emprisonnée pour ses idées politiques. On ne lui pardonne pas certains écrits tels que celui-ci qui évoque un des derniers bombardements de la ville par les alliés Anglo-Américains :

    "Tout de suite après, il y eut la nuit de Charlottenburg, le commencement de l’Apocalypse. L’ouest de Berlin flamba pendant trois jours et trois nuits. La pluie de phosphore tombait du ciel sous forme de boules rouges et bleues qui se déformaient, s’étiraient comme de la pâte, s’écrasaient sur les toits, ruisselaient dans les rues. Ce fut un autodafé fantastique. On brûla les églises, les hôpitaux, les restaurants, les maternités, les immeubles résidentiels, les musées et les éléphants du zoo, pêle-mêle avec les casernes, les dépôts, les administrations. Les femmes couraient dans les rues en flambant mieux que des torches. On brûla les femmes et les enfants allemands comme de la mauvaise herbe, et, en même temps, les prisonniers français, les ouvriers belges, russes, bulgares, grecs, hollandais, polonais. Quand l’ouest de Berlin cessa de brûler, ceux qui s’aventurèrent dans le désert de pierres et de cendres chaudes restèrent frappés de stupeur. Trois jours avaient suffi pour recréer Pompéi."

    C’est alors qu’elle écrira Gold in the Furnace: experiences in Post-War Germany.

    Elle rentre aux Indes mais revient en France lors de la mort de sa mère. Elle voyage beaucoup en Europe et rencontre Léon Degrelle en exil en Espagne. L’ex-chef des rexistes Belges, combattant sur le front de l’Est est celui à qui Hitler avait dit « si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous ». C’est par lui qu’elle découvre Hitler et ses proches qu’elle n’avait jamais connus directement, n’étant pas allée en Allemagne avant la défaite. Comme on le devine la vision du National-Socialisme dispensée par Léon Degrelle n'est guère objective mais Savitri l'accepte telle quelle et la fera sienne dorénavant, contre vents et marées et jusqu'à son dernier souffle.

    Devenue "persona non grata" aux Indes et ainsi séparée de son mari qui ne peut obtenir de visa pour l'Europe, elle finit par prendre un poste d’enseignante remplaçante à Montbrison puis à Firminy. Mais poursuvie par la LICRA qui l’a prise pour cible, elle ne peut échapper enfin aux nombreux procès en cours qu'en retournant aux Indes en 1971 grâce aux appuis de la famille de son mari. Elle y enseigne la langue et la littérature françaises pendant cinq ans  auprès du personnel de l’ONU jusqu’à ce qu’elle soit renvoyée une fois de plus pour raisons politiques après la mort de son mari en 1977.

    Elle se rend une dernière fois en Allemagne puis à Paris où Françoise Dior, nièce du couturier, lui apporte son aide lui permettant ainsi  d'écrire son dernier ouvrage « souvenirs et mémoires d’une Aryenne ». Puis, fatiguée, malade, elle quitte la France en 1982 pour rejoindre en Angleterre une amie d’enfance chez qui elle meurt à l’aube du 23 octobre.

     


    Anthropocentrisme ou biocentrisme.

    Sa pensée et ses si nombreux ouvrages ne peuvent être facilement résumés mais nous avons retenu le passage ci-dessous qui résume sa position envers l’écologie : l’homme ne doit pas favoriser à tout prix la vie des autres êtres humains, mais s’attacher à permettre à ceux-ci et aux autres vivants de bien vivre ensemble.  Contrairement à ce que pratiquent les religions révélées* il n’est pas au centre du monde mais il en a la responsabilité et c'est pourquoi il doit être biocentré et non anthropocentré.

    Elle pense ainsi que tout n’est pas justifié par le simple fait d’être utile aux hommes et à eux seuls et que tout baser sur les besoins exclusifs de l’humanité a un prix trop élevé : ce qui importe c’est de protéger et développer harmonieusement l’ensemble de la création. A la lumière de ce qui s’est produit depuis la « vache folle » avec, chaque année, une nouvelle preuve de notre propre folie –les grippes aviaires et porcines par exemple- nous sommes bien tentés de lui donner raison.

    « Nous appliquons le dicton « vivre et laisser vivre” — aux hommes de tous degrés de santé ou de maladie physique ou mentale, mais à l’homme seul. C’est le précepte contraire que nos protecteurs du sacro-saint mammifère à deux pattes appliquent aux quadrupèdes, cétacés, reptiles, etc., ainsi qu’à la gent ailée et à la sylve. Là, il s’agit de “laisser vivre” tout au plus ce qui ne gêne pas l’expansion indéfinie de n’importe quelle variété d’hommes et même, à la limite, uniquement ce qui favorise cette expansion — comme c’est, semble-t- il, le cas, en Chine communiste, où n’ont “droit de vivre” que les animaux “utiles”, c’est-à-dire exploitables.

    Mais les fauves, les oiseaux de proie, et en général les bêtes qui vivent libres, ne sont pas les seules victimes de l’expansion indéfinie de l’homme.

    La variété des animaux domestiques elle-même, — sauf celui des représentants de ces espèces que l’homme élève spécialement pour les tuer et les manger, ou pour les exploiter d’une façon ou de l’autre — diminue rapidement. La maudite technique, en modifiant la vie de l’homme dans les pays fortement mécanisés, et en enlevant au pullulement humain la salutaire restriction que lui opposaient encore il y a quelques décennies les épidémies périodiques est à la base de ce résultat.

    Je me souviens avec nostalgie des beaux chats qui abondaient, il y a plus d’un demi-siècle, dans les rues et les maisons de la bonne ville de Lyon où je suis née et où j’ai grandi. Rares étaient alors les magasins où l’on ne voyait pas l’un de ces félins assis à la porte, ou confortablement étendu sur le comptoir, ou roulé en boule dans “son” panier, quelque part dans un coin, — bien nourri, aimé, confiant, prêt à se laisser caresser par l’enfant que j’étais. Rares étaient les familles où l’on n’en voyait pas un, — à moins qu’il n’y eût à sa place un chien, lui aussi aimé, choyé, heureux (en général). La plupart des citadins n’avaient pas, alors, de vacances ; certainement pas de vacances payées. Et les quelques-uns qui, peut-être, en avaient, ne se croyaient pas tous obligés de les passer hors de chez eux. Ou, s’ils devaient s’absenter, un membre au moins de la famille demeurait pour s’occuper de la ou des bêtes ; ou une voisine, qui ne quittait pas la ville, ou une concierge complaisante, s’en chargeait. Mes parents avaient un chat dès avant ma naissance. Et aussi loin que je puisse me souvenir, je me revois en train de passer la main avec délice dans une fourrure soyeuse, chaude et ronronnante, tandis qu’une belle tête de velours se frottait contre moi, et que deux yeux d’ambre, à demi clos, me regardaient avec un abandon total.

     

     

    Blackvelvet.jpg

    Velours noir, le chat de Savitri en 1955

     

    Peu de gens renoncent à tout déplacement par amour pour les animaux qu’ils ont pris sous leur protection au cas où ils ne peuvent les emmener et où ils ne trouvent personne sur qui ils puissent compter pour s’en occuper. Par contre, à l’époque de la ruée annuelle des vacanciers hors des villes, on rencontre dans les rues, le long des routes, et jusque dans les bois (parfois attachées aux troncs d’arbres, et destinées de ce fait à mourir lentement de soif et de faim), des bêtes abandonnées ; des bêtes qui, dans leur innocence, avaient fait confiance à des hommes …

    Au contraire l’attachement de l’Arabe à son cheval ou à son chameau est toujours proverbial, mais la mécanisation progressive du monde est maintenant en train de briser ce lien, et ce dans tous les pays.

    A mon retour aux Indes en 1971, cela a été pour moi une grande joie que de revoir, dans la campagne inondée de pluie de mousson, tant de bons gros buffles, bien nourris, plongés avec délices jusqu’au museau dans les innombrables étangs, et ruminant paisiblement.

    Il y en avait, et il y en a encore, des milliers. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que, — comme ailleurs les chevaux et les bœufs, — les tracteurs les remplacent. Et les tracteurs les remplaceront infailliblement, si des étendues de plus en plus vastes de terre fertile doivent être, — aux Indes comme partout dépouillées de leurs forêts pour nourrir une population dont le nombre monte en flèche et double tous les trente ans.

    In « souvenirs et réflexions d’une aryenne ».

     

    Etre anthropocentrés ou biocentrés ? Savitri a posé là une question clé en attribuant à l’hindouisme tous les mérites de cette prise de conscience des dangers de l’anthropomorhisme. Mais si les juifs, les chrétiens ou les musulmans se considèrent comme étant les enfants de Dieu, n’ont ils pas, eux aussi, pour devoir de protéger sa création au lieu de rechercher uniquement leur plaisir et leur confort à court terme ?  Ecouteront ils un jour les cris de souffrances des créatures divines qui ne cessent de monter des abattoirs et des élevages ?

    C'est encore Savitri qui nous parle :

    «Aime tous les vivants dont l’humble tâche ne s’oppose en aucune manière à la tienne, à la nôtre : les hommes au cœur simple, honnêtes, sans vanité et sans malice, et toutes les bêtes, car celles-ci sont belles, sans exception, et sans exception indifférentes à quelque “idée” que ce soit. Aime-les, et tu sentiras l’éternel dans le regard de leurs yeux de jais, d’ambre ou d’émeraude. Aime aussi les arbres, les plantes, l’eau qui coule dans l’herbe et s’en va à la mer sans savoir qu’elle y va : aime la montagne, le désert, la forêt, le ciel immense, plein de lumière ou plein de nuages ; car tout cela dépasse l’homme et te révèle l’éternel. »

    Alors, suivant Savitri en oubliant ses excès ( d'ailleurs purement intellectuels car ce fut une femme d'une générosité aussi grande que la discrétion dont elle entourait ses bienfaits ), nous pourrons de nouveau relire Leconte de Lisle :

     

    « Je revois l’innocence du monde,

    J’entends chanter encor aux vents harmonieux

    Les bois épanouis sous la gloire des cieux ;

    La force et la beauté de la terre féconde

    En un rêve sublime habitent dans mes yeux.

     

    Le soir tranquille unit, aux soupirs des colombes,

    Dans le brouillard doré qui baigne les halliers,

    Le doux rugissement des lions familiers ;

    Le terrestre Jardin sourit, vierge de tombes,

    Aux anges endormis à l’ombre des palmiers. »

     

    * Savitri ne manque jamais de mettre en exergue le fossé qu’elle constate entre la révélation elle-même et la pratique des trois grandes religions. Elle s’indigne ainsi du sort réservé aux faibles -au rang desquels elle place les femmes, les enfants et les animaux- par les prêtres détenteurs d’un savoir et d’une foi selon elle tronqués et dévoyés.

     

    ** Le nom de Savitri (l’un des noms de Surya, le soleil) lui a été donné par les étudiantes de l’Université de Shantiniketan où elle passa six mois en 1935. Devi (déesse) est un titre que toute femme hindoue de caste aryenne est autorisée à mettre après son nom individuel.

     

     

    L’oeuvre de Savitri Devi  (d’après savitridevi.org)

    certains ouvrages sont en Anglais, d'autres en Français :

     

    Essai-critique sur Théophile Kaïris,

    a warning to the hindus,

    the non-hindu indians and indian unity,

    l’étang aux lotus,

    Akhnaton’s eternal message:
a scientific religion 3,300 years old,

    a perfect man:
akhnaton, king of egypt,

    joy of the sun.
the beautiful life of akhnaton, king of egypt, told tto young people,

    a son of god:
the life and philosophy of akhnaton, king of egypt,

    akhnaton: a play,

    defiance : : the prison memoirs of Savitri devi,

    gold in the furnace,

    pilgrimage,

    the lightning and the sun,

    Paul de tarse, ou christianisme et judaïsme,

    impeachment of man,

    long-whiskers and the two-legged goddess,
or the true story of a “most objectionable nazi” and half-a-dozen cats,

    souvenirs et réflexions d ’une aryenne,

    and time rolls on:
the savitri devi interviews.

     

    Chatsdessins.jpg

    Dessins de chats par Savidri, 1975

     

     

  • L'éthique du soldat Français

    L’éthique du soldat Français par le colonel Royal.

     

    Voilà un ouvrage agréable et pratique qui décrit ce que doit être le comportement du soldat Français en opérations.

    Le colonel Royal a fait le choix d’articuler son livre autour de cas concrets, généralement récents. Il est donc attrayant, facile à lire, et facile à « utiliser ». Nous voulons dire par là qu’il peut constituer un support pédagogique concret pour la formation des cadres.

    Royal vise à donner aux lecteurs des lignes directrices voire des conduites à tenir dans les situations de conflit : précisons tout de suite que ces propositions n’ont rien de surprenant et correspondent à l’idée que les Européens se font de la façon dont leurs troupes doivent se conduire. L’éthique du soldat prônée par Royal se situe aux antipodes de celle de Bush et de Rumsfeld, bien heureusement.

    On se rapproche des lois de la guerre qui régissaient les conflits de 1850 à 1941, jusqu’à ce que les attentats terroristes des communistes et affidés contre les soldats Allemands dans les pays occupés par le III° Reich entraînent les représailles et les drames dont on a tant parlé.

     À noter pourtant qu’un des cas concrets nous a mis mal à l’aise.

    C’est le plus ancien –à part un cas anecdotique se déroulant pendant la première guerre mondiale- puisqu’il a plus de 30 ans et se déroule au Tchad. Une unité française a localisé des rebelles qui ne peuvent plus manœuvrer et nos soldats attendent de donner l’assaut. Il ne viendra pas et les hommes de l’unité seront frustrés de cette « parcelle de gloire » car l’officier français s’avance, sans armes, et obtient la reddition. Aucune goutte de sang ne sera versée.

    Très bien. Mais le temps passe et un jour l’officier en question apprend que « ses » rebelles -ralliés à l’armée gouvernementale Tchadienne- ont été, lors d’un ultime retournement de situation, ignominieusement assassinés par leurs anciens compagnons d’armes, restés eux dans la rébellion et qui les considèrent à juste titre comme des traîtres.

    Passons. Mais ce qui est gênant c’est que l’officier Français concerné ne se sentira, d’après le colonel Royal, aucunement responsable de la suite des événements. C’est pourtant lui qui avait obtenu leur reddition et l’éthique bien comprise aurait peut-être dû l’amener à se poser quelques questions sur le risque qu’il faisait prendre à ses adversaires. N’aurait-il pas mieux valu qu’ils meurent sous nos balles les armes à la main ?

    Mais, surtout, presque tous les cas concrets sur lesquels Royal s’appuie avec brio ont trait à des situations « du fort au faible ».

    C’est-à-dire qu’il traite de la façon de se comporter -de l’éthique- du soldat face à un ennemi globalement plus faible, ne  maîtrisant ni la logistique, ni l’air, ni la mer, ni les blindés, ni l’artillerie…

    On conçoit donc que, dans ces conditions, le respect « des lois et des règlements » soit plus facile à observer que dans une situation dite du « faible au fort ».

    Cela dit Royal a raison de nous rappeler ce qu’il convient de faire même dans ce cas de figure, car aujourd’hui les forts se conduisent souvent bien mal vis-à-vis des faibles : Tchétchénie, Gaza, pour ne citer que les exemples les plus récents et les plus connus.

    Toutefois pour répondre aux attentes suscitées chez le lecteur par le titre du livre « l’éthique du soldat Français », il faudrait que Royal aborde ce sujet de l’éthique en toutes circonstances et, notamment dans les situations difficiles où le soldat Français peut à son tour se retrouver dans la situation du faible. Et il est alors plus difficile d’apporter des réponses.

    Et il ne manque pas dans l’histoire de situations de cet ordre, même si cela nous oblige à remonter un peu plus loin. Nous pourrions évoquer les cas de conscience qui auraient pu se poser aux Français lors de la retraite de la RC 4 ou aux Allemands au moment de la retraite qui a suivi la bataille des Ardennes : en retraite, presque en fuite, poursuivis par des forces qui disposent d’une supériorité écrasante que faire de nombreux prisonniers qui ralentissent cette retraite ?

    La réponse* est dans de nombreux manuels d’instruction et dans le règlement de discipline générale, mais il me semble que le colonel Royal aurait dû évoquer ce sujet, à l’aide des cas concrets qu’il sait si bien utiliser.

    Et nous aurions aimé que le colonel Royal reparle de tels cas, pour ne rien laisser dans l’ombre. C’est le seul point faible de cet ouvrage si intelligent, si facilement utilisable.

    Nous aurions aussi apprécié qu’il se réfère à des cas liés aux guerres dites coloniales, puisque c’est lors de celles ci que l’armée Française s’est retrouvée le plus souvent en accusation : mais ce n’était pas son but et ce livre ne s’adresse pas à des passionnés d’histoire mais aux cadres du XXI° siècle.

    À lire et à utiliser en formation. Et peut-être à traduire et à enrichir avec des cas venant d’autres pays Européens ou Africains, faciles à obtenir pour le colonel Royal. Une telle révision de ce livre lui donnerait presque une valeur universelle.

     

     

    * Extrait de l’aide-mémoire du chef de section d’infanterie : tout combattant capturé devient prisonnier de guerre…le relâcher s’il ne peut être gardé, lui retirer armes, munitions, équipement de combat, documents d’intérêt militaire…

     

     

     

     

  • Guelma 1945

    « Le souvenir de ce qui fut, une présence de chaque instant. »

    Marcel Reggui en 1996 à propos des événements de Guelma 1945.


    Nous voulions parler de choses amusantes, un contrôle fiscal par exemple ou un retrait de permis, deux des nombreux ornements qui rendent la vie des Français si plaisante de nos jours.

    Et puis un nom nous est revenu à l'esprit : Guelma. Pourquoi Guelma cette petite ville Algérienne hante t'elle depuis si longtemps notre esprit ? Pourquoi ce nom revient il en de si nombreuses circonstances, dès que nous entendons parler d'une tragédie humaine dans le monde ?

    Parce que précisément Guelma 1945 est le parangon de la tragédie. L'archétype de la laideur humaine. Et que mon pays en porte la responsabilité. Et que le peu de place que Guelma 1945 a laissé dans l'histoire est en rapport inverse de la démesure de l'évènement.

    Il s'est produit à Guelma un événement tellement incroyable, tellement dramatique que l'on essaie de se persuader qu'il n'a jamais eu lieu. Qu'il n'est pas vrai. Ce n'est même pas une légende car on n'en parle plus et l'on n'en a jamais parlé. Pas d'ouvrages, sauf un, mais de première main, heureusement. Aucun intérêt des média, ni des historiens auto-proclamés de l'Algérie, tels Benjamin Stora.
    Parlez moi des émeutes de Sétif la même année où les massacres perpétrés par les uns et les autres ne manquèrent pas ! Là vous trouverez tout ce que vous voulez savoir même si l'abondance d'informations finit par nuire à la qualité de celle-ci. Surtout lorsque l'on manipule les milliers de morts comme autant d'arguments, comme si c'était plus facile que d'essayer de comprendre l'enchaînement des faits.

    La France du printemps 1945 est ivre de sang et de larmes. Elle pense aux morts d'Oradour et à ceux de Tulle. Et aussi à ceux des bombardements alliés qui la martyrisent depuis des années. Mais elle entend surtout les cris de dizaines de milliers de suppliciés, des assassinés de la Libération, des familles entières massacrées par de pseudo-résistants qui ne vengent rien mais rabaissent notre pays et transforment en cauchemar la liberté retrouvée.
    Il y trois ans la télévision passait une film d'archive sur cette Libération : quelques hommes armés poussent à travers une foule immense -la place principale d'une ville de province est noire de monde- un malheureux qui est finalement amené, poussé, jeté sur un échafaud où un nœud coulant l'attend. On se prend à espérer qu'il va enfin mourir, mais quel espoir mon Dieu ! Il est alors pendu par les pieds, hissé jusqu'à la poulie. Alors on le laisse tomber sur le sol, on le remonte, et l'on continue jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. On le laisse enfin inerte sur le plancher de l'échafaud. La foule hurle, les femmes rient, les hommes montent, frappent l'homme mort et crachent sur lui.

    Vous êtes un peuple cruel nous disait un Britannique. En écrits, lisez vos journaux toujours à chercher le coupable. En paroles, un quart d'heure dans un café et vous avez l'impression qu'il faut nettoyer la terre de la moitié de ses habitants. Et surtout dans les faits. Votre Roi et votre Reine et leur petit enfant assassinés. Vos révolutions. Votre libération. A Nice en 1944 ce sont les Américains qui ont du arrêter la folie des nouveaux résistants. En Allemagne en 1945 c'est nous qui avons protégé les DP -personnes déplacées, Allemands chassés par les Russes- des excès des anciens Francs tireurs et partisans communistes engagés dans l'armée.

    Ainsi la violence fait partie de la vie de la France libérée et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles l'affaire de Guelma n'a éveillé aucun intérêt sur le moment. De plus le responsable est un résistant de la première heure, un gaulliste. En 1945 un résistant gaulliste -ils ne le furent pas tous, des communistes aux royalistes comme Rémy- est un homme intouchable, au dessus de lois. Et d'ailleurs qui se préoccupe des lois à cette époque ?

    Mais l'Algérie de 1945 n'a pas connu l'occupation. Elle n'a jamais vu un soldat Allemand. Elle a été protégée de la guerre par la politique du maréchal Pétain.
    Elle a seulement cotoyé les Américains. Et surtout dans les petites villes leur contact avec la population Arabe a été très heureux. Spécialement pour les classes Algériennes favorisées où les jeunes professeurs, commerçants ou entrepreneurs ont cru que leur monde aller s'ouvrir enfin, qu'une chance de montrer leurs talents allait leur être donnée : la libre entreprise !
    Avant la guerre un entrepreneur Algérien n'avait aucune chance de pouvoir acquérir un fonds de commerce bien placé, tout se vendait et s'achetait entre non-musulmans.

    Ainsi en trois ans, de 1942 à 1945, les choses ont insensiblement changé. Et les Européens comprennent qu'une classe moyenne est en train d'émerger. Et qu'elle possède des talents. Et qu'elle pourra sans doute les gêner car ces jeunes gens veulent avoir la place qu'ils méritent dans leur pays.

    Marcel Reggui est l'un d'entre eux. Lui, ses trois frères Hafid, Paul, Mohamed et leur sœur Zohra sont les enfants de monsieur Reggui qui a racheté -en 1943 précisément- le grand Hôtel d'Orient, place Saint-Augustin. Avec son café Le Glacier, c'est une des plus belles entreprises de Guelma.
    Lors de cet achat la présence des Américains avait déjà évité un drame car certains concurrents Européens voulaient, par la force, empêcher cette opération. Mais ils avaient reculé en voyant les liens que la famille avait noué avec les officiers Américains.

    La famille Reggui est d'origine Tunisienne, installée en Algérie depuis 1905.
    Elle est très unie autour des deux parents. Si les règles de vie sont strictes, la liberté de cœur, de conscience, est cultivée. Et c'est ainsi que deux des frères Reggui choisiront de se faire baptiser.

    Le 8 mai 1945, jour de la capitulation Allemande, une manifestation est organisée à Guelma. Elle regroupe essentiellement des jeunes, deux cent peut-être, qui veulent ainsi signifier qu'après la libération de la France il convient de donner un peu de liberté aux Algériens. Manifestation pacifique, une petite bousculade, rien de plus.
    Mais le représentant de l'état est André Achiary*. Policier, résistant de la première heure il a été nommé sous-préfet à titre temporaire car il offre toutes les garanties au gouvernement de 1945 pour qui la valeur se mesure à l'aune du résistantialisme.

    Achiary ne veut pas de cette manifestation des jeunes de Guelma où deux des frères Reggui allaient figurer en bonne place. Deux seulement car Paul travaille à Paris et Marcel n'est pas en Algérie à ce moment là.
    Dans les 4 jours qui suivent 600 jeunes gens sont arrêtés sur ordre d'Achiary. Mais ces arrestations ne sont pas faites au hasard. Il s'agit de la fine fleur de la ville, les étudiants, les entrepreneurs, d'abord les fils des familles Algériennes bien en vue à Guelma. Mais aussi quelques jeunes plus humbles pour faire bonne mesure...

    Achiary a organisé et armé–ou laissé s'organiser et s'armer ?- une milice de colons, ouvriers, employés et commerçants qui procèdent aux arrestations. Le soi-disant sous-préfet réquisitionne une partie des locaux de la gendarmerie. Les jeunes gens y sont amenés, battus sans aucune pitié, laissés entassés dans les caves, sans eau, sans nourriture. Et 24 ou 36 heures après des camions les emmènent à l'extérieur de la ville où cette milice les fusille. Leurs corps sont jetés dans les fossés ou enterrés à la hâte dans des charniers creusés par de malheureux fellah réquisitionnés par les miliciens.
    Zohra cherche partout deux de ses frères qui ont été ainsi assassinés. Sa brûlante détermination gêne les tueurs. On l'amène près d'un charnier, on la tue et on la jette avec les victimes de la veille.
    Mais l'affaire commence à s'ébruiter. Pas par la bourgeoisie de Guelma qui, presque entièrement Pétainiste de 1940 à 1942, est menacée de mort depuis la Libération et n'ose plus parler. Ni par l'évêque, hélas, dont le silence blessera cruellement Marcel Reggui.

    Mais par le maire de Guelma lui-même, révolté et à qui Achiary s'adressera brutalement "à cette heure les élus n'ont plus rien à dire".
    Mais par les femmes de gendarmes qui ont tout de suite su ce qui se passait et haussent le ton.
    A Alger même l'affaire commence à être connue.
    A Paris le gouvernement nomme alors un enquêteur indiscutable, le général de gendarmerie Tubert, un grand résistant lui aussi.
    Tubert s'envole pour Alger où il reste trois jours pour organiser son enquête. Puis il se rend par la route à Sétif afin de rejoindre ensuite Guelma. A Sétif il trouve un télégramme du gouvernement : "rentrez à Paris immédiatement". Il n'ira jamais à Guelma.
    Les élus Français d'Algérie du palais Bourbon ont bien fait leur travail. Ils vont réussir à étouffer l'affaire.
    Pendant ce temps les assasssins reviennent brûler les corps pour effacer les traces de leur crime, mais il y en a trop et plusieurs charniers subsistent.

    Le gouvernement décide, enfin, de suspendre Achiary mais n'ose lui signifier son congé. On envoie le général Martin pour le faire et Achiary s'efface devant l'armée. Martin arrive aussi à sauver la vie de Paul Reggui arrivé précipitamment de Paris pour tenter de protéger sa famille. Il sera moins heureux en faisant libérer Mohamed, l'autre frère qui avait eu la chance d'être arrêté par la police et non la milice. Un agent le raccompagne à l'hôtel familial. Mais alors que Mohamed parcourt seul les 30 derniers mètres à travers la place Saint-Augustin un tueur de la milice coloniale embusqué sous le porche de l'hôtel l'abat de deux balles de pistolet.

    Trois frères sont morts. Leur sœur est morte. 500 à 600 jeunes gens, à la fois si Algériens et si proches de la France ont été massacrés.
    L'élite d'une ville a disparu en moins d'une semaine. Ils avaient de 18 à 30 ans. Futurs professeurs et fonctionnaires, ingénieurs, hommes d'affaires, médecins ou avocats : tous assassinés.

    La justice militaire est chargée de l'affaire. L'enquête progresse, des charniers sont mis à jour. On retrouve le corps de Zohra, seule victime féminine, morte de son amour pour ses frères.
    Mais cette justice là avance trop vite et elle est dessaisie au profit du tribunal de Guelma dont les liens avec les colons sont très forts.
    On n'entendra plus jamais parler officiellement du drame de Guelma.


    Il a été fait enfin justice du massacre de Katyn en 1944 où les soviets exécutèrent plusieurs milliers d'officiers Polonais et tentèrent, sans succès, d'en faire porter le poids aux Allemands. Andrzej Wajda a réalisé un film et les Russes eux-mêmes ont reconnu ce crime.

    Il nous semble que l'affaire de Guelma est pire. Car il ne s'agit pas d'une guerre entre deux ennemis héréditaires –je ne veux pas dire que cela excuse le massacre de Katyn- mais je pense que l'extermination programmée d'une élite dont la France était responsable et qu'elle aurait du protéger en tant que puissance tutélaire depuis 115 ans est un crime encore plus grave.

    Les massacres de Guelma Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales. Aux éditions de la Découverte.
    Publication intégrale des notes de Marcel Reggui qui n'avait pas voulu les publier de son vivant : par amour de la France ou par honte pour elle, pour cette France qu'aimaient tant les frères Reggui ?


    *André Achiary est le fils de Léon Achiary, adhérent à la SFIO . Il grandit en Kabylie et à Alger. Il y connut les Jeunesses socialistes et, dans les années 20, il fut élève au lycée d'Alger. Licencié en droit, reçu au concours de commissaire de police, il est nommé en 1935 au service de la Sûreté à Alger. En 1938, il devient sur le département d'Alger le responsable de la Brigade de Surveillance du territoire.
    Dès 1939, il s'illustre par l'arrestation, et parfois la disparition, de plusieurs dizaines d'agents de l'Axe. En contact avec Londres par le réseau d'information Forces françaises combattantes en Afrique du Nord (AFR) créé par le socialiste Paul Schmitt dès l'automne 1940, il s'acharne à poursuivre les communistes et à démanteler les tentatives de réorganisation clandestines. Il paraît « un petit bonhomme râblé, rageur, au visage intelligent et vif, sympathique et qui accueille les bras ouverts tous ceux qui parlent de faire quelque chose ». Rapidement violent, il est un opiomane avéré (source Wikipédia)


  • Le renard du désert


    Afrika korps
    Un fait d’armes de Rommel : avoir refusé la violence dans des circonstances difficiles.
     
    13cee4e2692ebd7e98fb3d2b4e1423c0.jpg


    Du renard du désert ces temps étaient le fait
    Comme notre petit fauve, certes il était rusé
    Mais bien plus que de ruse son cœur était comblé
    Car il aimait surtout la gloire et la beauté.

    Or ses soldats fourbus par tant de luttes épiques
    Avaient chassé l’ennemi jusqu’en Cyrénaïque
    Et leurs chars brûlants de poudre et de fumée
    Avaient vaincu enfin leur ennemi Anglais.

    Ces jeunes dieux du sable dans leur frêle beauté
    Gagnaient même aussi, armés de naîveté
    Les cœurs endurcis des bédouins stupéfaits
    Devant tant de puissance, de bruit et d’amitié.

     
    6393e4e4c1cfe4ccf321a4b72f29df4c.png

     
    Ces Arabes aux cœurs purs sous leur peau brûlée
    Sentant l’acier de Krupp sous leurs doigts burinés
    Riaient comme des enfants, caressant les blindages
    Soupesant les fusils, jouant avec les canons.

    Mais les agents Anglais en rapportant ces faits
    montrèrent à leurs chefs où était le danger.
    Passe encore de gagner des combats, des mêlées,
    Mais s’ils attirent les peuples tant par nous exploités,
    que nous avons soumis pour les utiliser,
    Ils auront bientôt fait de nous chasser d’ici
    il nous faut donc d’urgence rompre ces amitiés.

    Aussitôt, trente deniers, ils paient ceux qui en tous pays,
    vivent du mal, du laid et insultent à la vie.
    La cible est vite trouvée pour les trois bandits :
    ils vont assassiner ce tout jeune marié
    qui montre dans les souks la photo de son Inge
    la maman aux yeux bleus des bébés de Thuringe.

    Un soir il vient parler à ses nouveaux amis :
    il veut leur acheter un bracelet et un châle.

    Alors trois voyoux l’assaillent dans la nuit.
    Ils lui ouvrent la gorge : il n’était pas armé.
    Ils vont chercher la bourse et sont félicités.

    Lorsque le lendemain au camp du général la nouvelle se répand,
    la colère s’enflamme.
    On parle déjà d’otages ou bien de représailles,
    de verser du sang neuf pour ce sang pur versé.

    Mais Rommel est debout, il s’avance et leur parle :
    « ne voyez vous donc pas l’idée des ennemis?
    il veulent nous dresser contre nos  vrais amis.
    L’Arabe a le cœur noble, il connaît notre force.
    Si nous ne vengeons pas notre frère bien aimé
    en rajoutant du mal au mal déjà fait
    nous serons toujours purs dans leurs âmes bien nées ».

    Les hommes rentrent au camp, ils savent qu’il dit vrai.
    Plus jamais il n’y eut de soldat attaqué.

    Et aujourd’hui encore, au fond de la Lybie
    aux enfants graves et beaux quand le désert est muet,
    on entend les anciens à leur tour raconter

    la légende des Germains serviteurs du tonnerre,
    blonds, doux et plus vifs que l’éclair.


    podcast
     


Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu