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Causerie - Page 2

  • C'EST LE PS QUI N'AIME PAS LES PAUVRES.

    On l’avait bien deviné sur les écrans de télévision lors des inaugurations ou de ses maigres bains de foule : derrière sa fausse bonhomie nous vîmes ce froid regard embusqué derrière des lunettes heureusement embuées ; non par des larmes qu’il ne produit pas mais par des pluies malines. Nous avons toujours pensé que là haut, de temps à autre, un saint espiègle et bon renversait un seau d’eau sur la tête d’un humain particulièrement odieux, lui offrant ainsi un peu de ridicule à seule fin de l’humaniser, si c’était possible.

     Il parait que les pauvres – que nous sommes tous peu ou prou en train de devenir – sont surnommés par lui les « sans dents ». Ce qui montre que l’homme est bien conscient de l’inefficacité croissante de sa sécurité sociale car, à moins de bénéficier de l’AME, personne ne peut plus se soigner les dents au pays de Pierre Fauchard.

     Il a raison, ce président : pourquoi aimer les pauvres ? C’est là jeu inutile, tout juste bon aux demeurés comme Saint Vincent de Paul, Saint François d’Assise ou Saint Martin. Certains pensent aussi comme Saint Louis que c’est le devoir d’un chef d’état d’aimer d’abord les pauvres : de là à aller faire le Mandé pour leur laver les pieds... quand même ! Quant à Jacques Chirac - seul Président à s’être soucié de la pauvreté en France et dans le monde - c’était un homme de droite et donc, selon le lexique du PS, un égoïste et un sale type.

    Car c'est le PS tout entier qui n'aime pas les pauvres. En revanche ils aiment les belles montres et les belles villas... Pas les belles femmes toutefois car, franchement la Trierweiler, la Ségolène, la Belkacem nous font un peu peur et nous ne serions pas rassurés s'il fallait partager le même lit : elles ont le sourire qui tue... C'est pour ça que Madame Duflot est partie à notre avis, ça devenait dangereux avec toutes ces mégères. Et, entre nous, elle doit bien rire de les voir s'enfoncer : son sort est préférable au leur.

     M. Hollande et vous, braves gens du PS, méfiez vous toutefois car un certain Jésus aurait même dit : «  il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »

     Eh bien il va vous falloir maigrir de nouveau, et sans l’aide de madame Trierweiler cette fois ci, parce que pour passer par le chas d’une aiguille vous allez avoir du mal... Enfin, ce n’est pas grave, vous pensez sans nul doute que vous vous occuperez plus tard du royaume des cieux, éventuellement. On verra.

     Nous croyons quant à nous qu’il vaut mieux être sans dents que sans cœur.

    Faites attention toutefois à ce que les Français, enragés, ne veuillent un jour vous les casser.

  • MERCI A ALAIN DE BENOIST

    Lu hier dans Boulevard Voltaire cette phrase d'Alain de Benoist  à propos de la solidarité avec les Chrétiens d'Orient :

    " Mais il est étrange que cette solidarité s’exerce si rarement en faveur des chrétiens de Palestine, dont le patriarche latin de Jérusalem rappelait récemment qu’ils meurent à Gaza, tout comme les musulmans, sous les obus israéliens. "

    Ajoutons que, sous les bombes, peu importe la religion ou l'absence de religion, nous sommes tous enfants de Dieu, fraternellement mêlés.

    Monsieur de Benoist, comme au temps de notre jeunesse, vous nous ramenez à l'essentiel... Merci de dire ce que beaucoup d'entre nous refusent d’évoquer. 

    Ne parlons même pas de Chauprade qui osât écrire : «  L’aviation et l’artillerie israéliennes répliquent donc sur les points d’origine des tirs de roquette, c’est-à-dire les immeubles d’habitation où se trouvent des civils que les combattants du Hamas ont choisi de ne pas protéger. » 

    Monsieur Chauprade, ex enseignant à l’Ecole de Guerre devrait savoir que cet argument a déjà été utilisé mille fois sans aucun succès par les pires bourreaux pour tenter de justifier des représailles sur les civils et qu'il est quelque peu éculé. Puisqu'il a - brièvement - enseigné nos futurs généraux il devrait aussi connaître la règle 3 du code du soldat aujourd'hui en vigueur dans nos armées : « Maître de sa force, il respecte l’adversaire et veille à épargner les populations. »

     

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    https://livewire.amnesty.org

    Et nous pensons qu'il y a eu beaucoup plus de souffrance à Gaza en ces quelques jours de juillet que partout ailleurs dans le monde, même sous le joug infâme des Djihadistes. Mais que cette souffrance là n'est pas convenable et qu'il convient de n'en point trop parler, sinon en la minimisant.

    On en murmure donc en rejetant les deux parties dos à dos, comme si chacune était une peu dans son tort... Trois roquettes d'un côté - tombées dans un terrain vague, comme l'a dit Jean-Marie Le Pen, - et de l'autre, trois à quatre cent petits enfants tués.

    Et au delà des enfants morts, il y a les enfants blessés, que nous évaluons à quatre ou cinq fois plus. C'est à dire près de deux mille petits dont l’enfance est maintenant terminée, du moins l’enfance telle que Dieu aurait voulu qu’elle soit : leurs familles n’auront pas ce bonheur du matin quand une petite main vient réveiller sa maman pour demander un biberon. Ni les rires du dimanche lors de la course sur le sable avec son papa. Ni les bavardages au fond de la classe quand la maîtresse a le dos tourné.

    Tous ceux qui ont vu les effets des bombes sur des enfants savent qu’il n’y a pas plus grande souffrance : à la peine physique s’ajoutent les douleurs morales à venir. Car les enfants blessés ne comprennent pas encore ce qui leur arrive : ils ne peuvent imaginer ce que va être leur vie de douleur. Ils ne peuvent savoir qu’ils n’auront pas la même jeunesse, pas la même vie d’adulte que les autres. Qu’ils n’auront, souvent, pas d’enfants à leur tour.

    Ces chairs pures martyrisées, ces regards pleins de confiance envers ceux qui les soignent... Une jambe en moins pour cette petite fille de trois ans qui, sans ce massacre, serait devenue un jour une lumineuse jeune mariée  au regard émerveillé de son époux, le soir de ses noces. Plus de visage pour ce petit garçon de cinq ans au passage duquel, quinze ans plus tard, les filles se seraient retournées. Plus de bras, plus d'yeux... du sang, ces os brisés, ces peaux à jamais marquées par le feu, des souffrances sans fin pour la plupart d’entre eux.

    Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi les avez vous abandonnés ? 

    Et nous, mon Dieu, pourquoi les avons nous abandonnés ?

    Louis ROISSARD

  • DIEUDONNE EST MALHONNETE

    Avant la fin de l’année dernière nous avions commencé de regarder des sketchs de Dieudonné mais nous n’avions pas insisté ayant ressenti un vague malaise, sur les causes duquel nous ne nous étions pas attardés par manque d’intérêt.

    A la fin de l’année dernière et au début de cette année nous prîmes fait et cause pour Dieudonné. Car le Rebelle, le Petit, menacé par toutes les puissances étatiques et médiatiques recueille toujours la sympathie : c’est vrai que de voir cet homme seul contre la Justice et le Gouvernement était insupportable et qu’il fallait le défendre.

    Puis le temps a passé et voila qu’il y a quelques jours nous avons regardé une vidéo de lui intitulée « FEU FOLEY ».

    Au delà du fait qu’à notre sens – mais il y a là un débat de fond dans lequel nous ne nous lancerons pas maintenant – l’humour ne permet pas tout, et notamment pas de moquer une douleur extrême comme celle d’avoir perdu un être cher, il nous est apparu que Dieudonné était malhonnête.

     Et qu’il était malhonnête aux dépens de ce qui nous tient tant à cœur sur ce site : notre Patrie.

     Dieudonné montre une photo où des hommes posent devant des têtes d’Africains coupées et fichées sur des piques. Il explique que ces hommes sont des soldats français et que trois des têtes coupées appartiennent à des membres de sa propre famille, la quatrième étant celle d’un voisin.

    Le seul problème est que cette photo a été prise au Mozambique, c’est à dire à plus de 4000 kilomètres du Cameroun d'où Dieudonné est originaire.

    Une étude un peu plus attentive montre que les casques sont ceux de l’armée portugaise tandis que les armes, hétéroclites, ne sont pas françaises non plus.

    Cette troupe lamentable a une tenue particulièrement négligée : est-ce une milice Portugaise ?  Nous n’en savons rien et si certains lecteurs familiers des guerres coloniales de ce pays pouvaient nous en dire plus nous leur en saurions reconnaissants.

    Donc Dieudonné a pris une photo et il l'a complètement détournée de sa vraie signification.

    Dieudonné est un menteur. Dieudonné est malhonnête. 

    Et comme la plupart des Français, de toutes origines, nous en avons assez de voir notre pays accusé, sans cesse, de tous les maux : nous n’avons plus de leçons à recevoir.

    Cela suffit, que les censeurs balaient devant leurs portes et celles de leurs amis !

     

    Nous ne publions pas cette photo répugnante mais voici les liens prouvant la malhonnêteté de Dieudonné :


    1-L'origine réelle de la photo attribuée à l'armée française :

    http://www.reunionblackfamily.com/apps/photos/photo?photoid=154786900


    2-Les casques portugais :

    http://brendonshelmets.weebly.com/portugal-m40.html

  • HOLLANDE OU LA CLE PERDUE

    Les spécialistes de la qualité connaissent le phénomène de «  la clé perdue » décrit pour la première fois en 1980 par un auteur Autrichien, Paul Watzlawick.

    Il donne l’exemple d’un quidam qui, en pleine nuit, cherche quelque chose à la lueur d’un lampadaire. Un policier s’arrête et lui demande ce qu’il fait.

    -            Je cherche mes clés.

    Le policier au bout de quelques minutes.

    -             Elles ne sont pas là, on les aurait déjà trouvées.

    -            Non, non. Il faut mieux chercher.

     Les deux hommes regardent encore ensemble puis, devant leur peu de succès, le policier reprend.

    -            Etes vous sûr de les avoir perdues à cet endroit ?

    -            Ah, non ! Pas du tout, je les ai perdues là bas au fond de la rue.

    -            Mais alors pourquoi les cherchez vous ici ?

    -            Parce qu’ici on voit bien. Là bas je ne verrais rien.

     L’auteur met ainsi en exergue la formule « il suffit d’insister » selon laquelle un processus mauvais donnant bien entendu de mauvais résultats se voit répété à l’infini dès lors que ces résultats ne sont pas attribués au processus lui-même mais à la façon dont il est mené.

    Et voila Florian Philippot qui, dans une interview de RTL reprise dans Le Point de ce matin, déclare : « Le Président a une responsabilité dans l'expansion du djihadisme au Moyen-Orient. Il faut stopper les errements dramatiques de la diplomatie française »

    Mais non Monsieur Philippot, vous n’avez rien compris. C’est juste que le processus initié par l’inénarrable tandem Sarko-BHL - duo bien connu dans le grand public sous le nom de scène des Frères Massacre - et qui consistait à armer nos ennemis en Lybie est mal appliqué.

    Hollande lui l’applique mieux, comme en Syrie. Il faut continuer à le faire partout mais de mieux en mieux. Par exemple en leur payant de faramineuses rançons.

    D'ailleurs son premier Ministre fait de même sur le plan économique : il répéte - en pire - ce qui ne marche pas.

    Avec Hollande continuons à chercher la clé sous le réverbère.

  • REPONSE A MONSIEUR CHAUPRADE

    Monsieur CHAUPRADE, diplômé de Sciences Po - dit Sciences Pipo dans les milieux universitaires  - géo politicien autoproclamé, naguère viré du Collège Interarmées De Défense, a commis sur son blog un article qui fera date.

    Pour lire l’article  original  :

    http://blog.realpolitik.tv/2014/08/la-france-face-a-la-question-islamique-les-choix-credibles-pour-un-avenir-francais/

    Ce texte de Monsieur Chauprade est extrêmement polémique, plein de contradictions, et il est difficile d'en comprendre les motivations, sauf à admettre qu'il souhaite monter les Français les uns contre les autres.

    Essayons tout de même de rester objectifs et répondons aux points essentiels de cet article.


    M. CHAUPRADE : prendre acte de la disparition du nationalisme arabe

    Ah bon ? Le nationalisme arabe est une doctrine politique et il est rare de voir «disparaitre» une doctrine : elle revit, se transforme, s’adapte, se renouvelle mais ne meurt pas.

    Pour la connaître il faut reprendre l’œuvre de son théoricien, Michel Aflak, un Chrétien Syrien. En (très) résumé il tient en trois mots : Unité, Socialisme, Liberté. Pour lui - dans les années 50 mais que n’en dirait-il pas aujourd’hui ! - l'apport des Arabes au monde moderne est essentiellement négatif. En s’unissant sur ces trois principes parmi lesquels d’ailleurs la liberté comprend explicitement la liberté de conscience et une laïcité respectueuse des religions, les Arabes contribueraient enfin de façon positive à l’histoire du monde.

    Précisons que dans le socialisme d’Aflak il n’y a rien de marxiste mais uniquement l’intégration d’une forte justice sociale et le refus du capitalisme s’il est apatride, voire hostile. Nous pensons que le nationalisme arabe a encore de beaux jours devant lui car la voie déjà choisie par l’Egypte risque d’être bientôt celle d’autres pays, l’Algérie elle-même en étant déjà très proche, volet socialisme en moins...

    Il n’y a là rien de dépassé et de nombreux pays d’Amérique Latine s’engagent sur une voie presque parallèle malgré les efforts désespérés des USA pour les en dévoyer.

    M. CHAUPRADE : le bilan de Sarkozy et Hollande au Moyen-Orient : chaos islamiste et crimes contre l’Humanité

    Entièrement d’accord, sauf qu’il oublie BHL l’inspirateur ou l’âme damnée. Curieux oubli... et pourquoi ? La suite va vous le dire.

    M. CHAUPRADE : défendre militairement les Chrétiens d’Irak

    "Nous devons aider les Chrétiens à rester chez eux, à défendre leurs villages, leurs églises, car ils étaient les premiers sur la Terre d’Orient."

    Tout à fait vrai. Comme les Palestiniens étaient les premiers en... Palestine, précisément.

    "Je soutiens donc sans réserve les frappes militaires américaines contre l’État islamique et j’affirme que c’est l’intérêt et l’honneur de la France que de se joindre à ces frappes."

    Sincèrement c’est sympathique mais un peu ridicule car les USA n’ont nul besoin de nous qui avons moins de 300 avions de combat contre plus de 3000 chez eux, sans compter les drones : France environ 30, USA 800 à 900.

    Et puis on sait bien que, fatalement, de pauvres gens vont mourir alors qu'ils ne sont pour rien dans cette affaire. Ne vaudrait-il pas mieux s'attaquer aux djihadistes dans notre propre pays ?

    "Casser la dynamique califale et éliminer les djihadistes citoyens français ( sur le terrain en Irak, ndb)"

    Il va falloir bien viser pour trouver là-bas les Français au milieu des autres : pas très sérieux, M. Chauprade. Il vaudrait mieux les éliminer –vraiment, à l’ancienne, comme du temps des barbouzes – d’abord chez nous en France.

    On peut se faire plaisir en imaginant au nord de l’Irak le marsouin Le Bouarrec, tireur d’élite au XXXème RPIMa interrogeant son chef de groupe le sergent Servoz.

    « Sergent, j’ai un Toy avec 8 combattants dessus. Je tire ? »

    « T’es sûr que ce sont des Djihadistes ? »

    « Ben oui, sergent ils ont même un drapeau »

    « ils sont Français ou non ? »

    « Ben c’est des Arabes »

    « Des Arabes français ou non ? »

    « Comment je fais pour le savoir, sergent ? »

    « Euh... applique l’article 22 ! *»

    "Ceux des musulmans sunnites qui s’assimileront choisiront d’intégrer l’héritage d’une France chrétienne, laïque et d’accepter que leurs compatriotes Juifs puissent aimer Israël comme eux-mêmes aiment la terre de leurs ancêtres, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les autres (ils sont nombreux) qui font le choix de l’Oumma plutôt que de la France, qui voilent leur femme et leurs filles, qui adoptent la barbe salafiste, ceux-là n’ont vocation ni à être ni à rester français."

    Cette phrase a certainement, je l'espère pour lui, été écrite à la hâte. En gros les citoyens français dont les femmes ou filles sont voilées et qui portent la barbe "salafiste" devront partir et ne "resteront pas" français. Je ne sais pas ce que peut être une barbe salafiste et si elle est différente des autres mais Monsieur Chauprade a l'air de le savoir, lui : où  mène la géopolitique ? Elle mène chez le barbier.

    Je pense que c’est le morceau de choix du gloubi-glouba de Chauprade. En gros si t’as une barbe et si ta femme porte le foulard, tu te barres, Français ou pas. Curieuse conception de la citoyenneté.

    L’autre jour il pleuvait –pluie du mois d’août - et ma femme qui sortait de chez le coiffeur a mis son foulard Hermès sur la tête. Comme, de plus, je ne m’étais pas rasé de 6 jours, j’étais sûrement en infraction Chaupradienne. La prochaine fois on aura une scène de ménage mais je lui enlève son foulard. D’ailleurs on va vendre tous les foulards aux puces ce sera plus sûr. Quand je pense que maman mettait un foulard sur la tête à la messe de Notre Dame de Grâce de Passy je me dis que le temps de De Gaulle était quand même plus simple, malgré tout.

    Malheeeûûûr, comme dirait Mado la niçoise !

    Enfin, pour être très franc, j'avoue que  je n’aime pas trop Israël non plus, mais j’ignorais que ce fût un délit : le délit de non-amour. Elle va être sympa la France de Chauprade où le Français pourra être viré de son propre pays comme un Palestinien de sa Palestine.

    Après avoir évoqué le marsouin tireur d’élite on peut penser au maréchal des logis chef Donnadieu et au gendarme Girard en mission dans les HLM d’Aurillac.

     « Bonjour Madame Belkacem, vous allez bien ? »

    « Ca va, comme ça, c’est dur mais ça va. »

    « Madame Belkacem, portez vous le voile ? »

    « Non, pourquoi ? »

    « Chut, plus bas ! Et vos filles, elles le portent ? »

    « Mes filles elles sont mariées maintenant avec des Français à Paris, mais je crois pas qu’elles le portent. La grande elle est actrice, elle fait de drôles de films et la petite elle est au contrôle de gestion chez Loréal. Je crois pas qu’elles le portent. Vous voulez que je les appelle ? »

    « Non, non, Madame Belkacem, ça ira comme ça. Bonne soirée. »

    « Vous voulez boire le thé ? »

    « Non, merci Madame Belkacem, on doit aller chez votre voisin. »

     

    Chez le voisin.

     

    « Monsieur Ben Laroubi ? Gendarmerie nationale. »

    « Qu’est ce que tu veux que ça me foute ? »

    « Nous venons vous demander si vous aimez Israël ? »

    « Israël ? Les Juifs ? »

    « Oui, aimez-vous les Juifs ? »

    « Tu te fous de ma gueule, Françaoui de merde ? Je les nique les Juifs et toute leur race maudite et je nique aussi les Français. »

    « Monsieur Ben Laroubi, les Français c’est pas grave, ils ont l’habitude mais vous devez aimer les Juifs c’est le nouveau ministre des affaires étrangères, Monsieur Chauprade qui l’a dit. Si vous n’aimez pas les Juifs vous allez être expulsé. »

    « Expulsé mais mon père il a fait la guerre pour les Français, même qu’ils ont voulu lui couper les couilles là bas en Algérie à l’indépendance et moi je suis né Français et tu veux m’expulser ? »

    « Désolé, Monsieur Ben Laroubi , c’est la loi dite loi Chauprade qui vient d’être votée. Faites vos valises, on part dans une heure direction Drancy, puis Orly et l’Algérie. »


    M. CHAUPRADE : la Libye a été, par excellence, la guerre de sous-traitance des intérêts qataris.

    Tout à fait d’accord. Des intérêts israéliens aussi, n’est ce pas BHL ? Comment pouvez-vous prétendre que la guerre de Lybie n’a pas été « autorisée » sinon voulue par Israël ?

    "Dans ce contexte on comprend mieux aussi la « pensée unique » anti-Israël qui s’installe dans ces milieux subventionnés. Israël ayant perdu la guerre de l’image (et comment la gagner face à des images d’enfants palestiniens déchiquetés?), on ne prend plus beaucoup de risque aujourd’hui à taper sur Israël sur les plateaux de télévision."

    En tout cas vous, M. Chauprade, vous ne prenez pas ce risque. Et il nous vient une idée terrible : ces enfants déchiquetés vous gênent t'ils vraiment ? Si oui, dites le haut et fort.

    En ce qui nous concerne ces petits martyrs nous font dire que défendre une cause par ces moyens c'est condamner cette cause. 

    Par conséquent ne pas se tromper d’ennemi !

    OH, NON ! Surtout ne pas se tromper d'ennemi. Les musulmans français ne sont pas nos ennemis même si vous semblez vouloir à tout prix que nous nous arrachions mutuellement le foie. Nos ennemis sont ceux qui ont fait monter le fondamentalisme islamique et le financent.

    "Israël n’est pas l’ennemi de la France. La France n’a aujourd’hui qu’un véritable ennemi : le fondamentalisme islamique sunnite. Certes Israël est aujourd’hui encore très lié aux États-Unis mais ceux-ci commencent à s’en détourner et Israël adopte une posture multipolaire en construisant des relations fortes avec la Russie, l’Inde, la Chine. A moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former, contre Israël, et avec l’extrême gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique."

    Qui a soutenu l’arrivée massive de la « racaille de banlieue » ? Qui a créé, soutenu, renforcé l’Islamisme contre l’Islam ? N’est-ce pas la classe politico-médiatique française qui est largement pro-israélienne ?

    "Quand on défend un monde fondé sur la souveraineté, on défend aussi la souveraineté d’Israël et son droit à la sécurité."

    Si on défend là-bas en Palestine une souveraineté basée sur une spoliation, comment lutter ici en France contre la spoliation de notre patrie par l'immigration sauvage ?

    Vous nous avez bien déçu. Adieu, Monsieur Chauprade.

     

    Louis ROISSARD

     

     

    *Article 22 : démerde toi comme tu peux.

  • MISSION ACCOMPLIE A GAZA

    Il semblerait que les troupes israéliennes quittent Gaza en ce moment, avec la satisfaction du devoir accompli.

     

    Départ de gaza.jpg

     

    Les 2 photos ci-dessous montrent des corps de petits enfants conservés dans des bacs à glace faute de place à la morgue :


    Enfants Gaza 1.jpg

    Photo Daily Mail 

    Enfants Gaza 2.jpg

    Photo Daily Mail 


    Et en voici deux autres...

    Enfants Gaza 3.jpg

     

    Photo Daily Mail 

     

     

     

     

    Enfants Gaza 4.jpg

     

    Photo Daily Mail  

    leplus.nouvelobs publie ce jour un message du Docteur Michèle BECK de Médecins Sans Frontières à Gaza. En voici un extrait : 

    " Lundi soir, nous avons reçu aux urgences deux petites filles de quatre et six ans qui étaient dans un état grave. Ce sont deux sœurs. Elles se trouvaient tout près d’un endroit qui a été bombardé à Jabalya.

     

    Lorsqu’elles sont arrivées, elles souffraient de multiples plaies aux jambes et au visage, de fractures, de traumatismes crâniens et thoraciques engageant leur pronostic vital. A leur âge, la cage thoracique n’est pas complètement formée et consolidée. La déflagration a été si puissante que leurs poumons ont été très abîmés.

     

    Elles sont restées au bloc toute la nuit et aujourd’hui nous nous occupons de leurs soins post-opératoires. Je ne sais pas si elles survivront tellement leurs blessures sont importantes. "  

     

     

    Jésus Christ d'après l'Evangile selon Saint Matthieu :

    " Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. "

     

     
  • COMMUNAUTARISME OU COMMUNION ?

     

    drapeau-francais-01.jpg

    On parle beaucoup de communautés en France depuis 7 ans : ce terme est devenu à la mode à l’arrivée de Sarkozy qui l’avait importé tel quel des Etats-Unis où il est l’un des piliers de la société.

    Il est vrai qu’une nation composée d’immigrants ne peut trouver d’autre façon de se construire : elle le fait à travers des communautés qu’elle se chargera ensuite de fondre au sein du si rebattu « melting pot ». Notion fausse d’ailleurs car, si les USA ont réussi à donner à leurs communautés un sens patriotique fort et durable, ils ne les ont pas fusionnées, tout simplement parce que c’est impossible, sauf  à la marge et surtout entre celles qui sont déjà assez proches naturellement : on verra ainsi la passerelle classique du mariage intercommunautaire bien s’établir entre des Européens, par exemple entre Italiens et Portugais ou entre Irlandais et Germaniques. Mais elle ne fonctionne guère entre ethnies fondamentalement différentes, tels les Noirs et les Latins,

    Cette naissance d’une « nation communautaire », toute naturelle dans ses débuts, a été institutionnalisée par la classe politique américaine à partir de la fin des années soixante : elle y voyait le moyen d’instaurer une forme de clientélisme propre à assurer sa pérennité, Les Démocrates étaient passés maîtres dans ce jeu – modelé suivant les techniques marketing les plus strictes et, pourrait-on ajouter, les plus cyniques - qui, après 40 années de bons et fidèles services, a mené à l’élection d’Obama.

    On peut ne pas apprécier cette vision de ce que devrait être la Démocratie sans pour autant refuser d’admettre que le système a bien fonctionné là-bas. Même si c’était parfois de façon un peu caricaturale à l’image de ce régiment d’Asiatiques, baptisés Japonais, qui combattit notamment en Italie et se couvrit de gloire, dit-on, contre les Allemands alliés à leurs compatriotes restés au pays. Un peu comme si la France avait, au sein de la Légion Etrangère, créé un bataillon purement Allemand en 1939.

    L’exemple montre toutefois que l’on était bien loin du melting-pot puisque l’on ne trouvait pas de « Japonais » dans les unités Américaines pendant cette guerre où les races n’étaient d’ailleurs pas mélangées, les Noirs étant eux aussi bien à part. Cela nous remet en mémoire un passage du « Questionnaire », ouvrage de Von Salomon, qui raconte qu’en 1945 les prisonniers SS, mis à l’isolement et particulièrement mal traités par les Américains, avaient fini par sympathiser avec leurs gardiens noirs ( les noirs n’étant pas jugés aptes à la guerre étaient affectés aux tâches non combattantes tels la garde des prisonniers ou la logistique ) qui leur disaient, voyant la discrimination négative à laquelle étaient soumis ces Allemands, « You second choice, We second choice » : c’était faire preuve de beaucoup de bon sens.

    Si le modèle communautaire fut globalement efficace jusqu’à ce siècle, certains dysfonctionnements ont commencé d’apparaitre, révélés dans l’US Army en Irak et en Afghanistan lors des situations de stress durable que subissaient, dans les mêmes difficiles conditions, des ethnies si différentes. Et il est d’ores et déjà certain que les dangers intrinsèques du communautarisme vont encore plus apparaitre avec la montée des tensions religieuses, aux Etats-Unis comme ailleurs.

    Cependant, seul moyen de consolider une nation sans vraie frontière terrestre n’ayant jamais en son sol connu d’invasion ni de guerre étrangère, le communautarisme américain a été bénéfique. Il aura généralement bien fonctionné pendant un siècle, et ce n’est déjà pas si mal quand on voit ce qu’il donne en Europe et particulièrement en France en à peine dix années.

    L’application en
 Europe du concept de communauté est bien différente et il y a quelques années Madame
 MERKEL  nous a annoncé que le si
 joliment dénommé Multiku avait échoué. Elle exprimait ainsi à haute voix ce que ses compatriotes 
commençaient à exprimer eux aussi de la même façon, à savoir que le fait de
 donner les mêmes droits et même un peu plus à une famille Turque ou Kosovare 
arrivée la veille, n’en faisait pas automatiquement  l’exacte copie d’une famille d’ouvriers Rhénans dont 
l’aïeul avait serré la main de M. Krupp lors de la visite de son
 atelier en 1909. Quelques surprenantes différences apparaissaient en effet, notamment sur le
 plan religieux, dans le comportement des plus jeunes, dans la vie des femmes et
 surtout dans celle des jeunes filles, und so weiter. Différences que les bons
 Allemands dits de l’Ouest n’avaient même pas envisagées mais que l’œil de Merkel, real politicienne s’il en fût, élevée au grain communiste, avait très
 bien perçues. Sans avoir la chance de pouvoir nommer une ex Allemande de 
l’Est à leur tête quelques pays Européens ont peu à peu compris ce qui leur
 arrivait, Finlandais d’abord, puis Danois. Les Belges et les Suédois, eux,
 semblent continuer sur la voie initiale. Tant pis pour eux, mais, comme nous 
allons le voir, les Français sont encore plus mal lotis.

    Il n’est de jour en France où un 
ministre de notre République ne déclare 
qu’il faut tout faire, et que le gouvernement - et lui-même d’abord - feront tout, pour que les communautés vivent en bonne entente, le fameux vivre 
ensemble. Même si en langage républicain on sait que tout faire signifie qu’on ne fera strictement rien, on ne peut réfréner son enthousiasme
 devant ce cri d’amour. Et si une légitime pudeur empêche nos hommes d’Etat de
 proférer ce mot, on sent bien que c’est d’amour dont il est question : la magie républicaine va opérer. Juifs et Arabes s’aimeront, Turcs et Kurdes se
 marieront. Auvergnats et Coréennes auront de beaux petits enfants. C’est prouvé
 par un film magnifique que, parait-il, tous les Français ont vu.

    Mais – heureusement - ces ridicules comédies sont le nom d’un profond désarroi : la 
machine communautariste, loin de ne pas fonctionner, est pourtant parfaitement au point
 et fait ce pour quoi elle a été conçue, c’est à dire s’emballer pour
 diviser puis dominer. Seulement elle ne roule pas dans le sens où on l’entendait, toutes joyeuses communautés confondues, à fin d’écraser le
 Français indigène. Bien au contraire elle broie en une marche arrière 
inattendue et désormais mémorable ceux qui l’avaient montée. Et c’est ainsi
 qu’une jeune femme voilée chemine dans une manifestation interdite, drapée de
 soie bleue, blanche et rouge. Et nos bons maîtres penseurs de s'étonner : une musulmane qui aime la France ? C'est sûrement une erreur... une croyante certes, mais alors infidèle à ses racines. Et bien non, justement, comme nous allons le voir.

    Bientôt arriveront des événements encore moins probables et nous serons de nouveau fascinés par la fibre para religieuse de nos laïcs républicains qui
 se révèle dans les cas extrêmes. On se réjouit au souvenir du gouvernement de 
1940, Francs-Maçons, Catholique et Juifs - les musulmans n'intéressaient personne à l'époque - au coude à coude pour aller prier 
Notre-Dame d’arrêter les panzers. Mais il faut croire que la Sainte Vierge
 préférait les blonds ce jour là que nos ministres ne furent pas exaucés.

     Lors des troubles de Sarcelles au lieu d’aller 
prier on se contenta de réunir en un double et affligeant monologue le président du CRIF et l’émir autoproclamé 
Calghoumi qui marquète dans le créneau soi-disant modéré mais ne représente rien. Il n’arrive même pas à se représenter lui-même, ânonnant un Français incertain et incompréhensible. Contrairement d’ailleurs à Cukierman qui, lui, 
représente tout. En tout cas tous ceux qui tiennent  bien serrées les rênes de nos
 politiques. Le supposé dialogue n’a eu aucun intérêt si ce n’est de dégoûter 
encore un peu plus les jeunes Français qui commettent le gravissime péché de
 penser que tout sang se vaut et que le sang palestinien devrait avoir le même
 cours que celui des Israéliens.

     C’est qu’il ne peut y avoir de communautarisme chez nous car 
la France n’est pas un amas de communautés mais une communion de races. La formule est de Charles Maurras. Cet intransigeant patriote, chantre de la nation, a ainsi donné la plus belle
 définition de ce qu’est notre patrie qui, à travers vingt rois, deux empereurs et
 cinq républiques est  devenu le
 pays le plus uni au monde.           

    Pour ce latiniste chaque mot et la place de
 chaque mot ont toute leur importance. Races signifie d’abord pour lui ethnies 
européennes mais aussi quelques personnes originaires 
d’autres continents, dès lors qu’elles COMMUNIENT dans la mystique française.

    Et communier c’est se rassembler en corps et en esprit en des MYSTERES partagés pour – acte de foi – nous réaliser, faire ce que nous promettent nos dons et nos volontés, tous et
 chacun d’entre nous.

     Communier ? Des mystères ? Mais tout cela n’a rien de logique, c’est du délire, c’est même complètement fou !

    C’est Jeanne d’Arc qui a fait de la France un être de chair, c’est Napoléon qui en a révélé la vraie âme de gloire. Ce sont tous nos soldats et tous nos héros. Nos savants et nos plus humbles paysans. Nos ouvriers. Et nos enfants au sourire de leur mère. C’est tout notre sang. C’est la France.


     

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    Jean Seberg incarnant Jeanne d'Arc. Site films7.com

  • MAPS TO THE STARS

    La route des étoiles ?


    Au delà de l'émotion ressentie au long de ce film, au delà du rire qui nous vient souvent mais s’arrête net devant une scène très dure, il reste à la fin de la séance une impression étonnante : alors que tout est fiction – et une fiction à gros traits, pleine d’exagération et de fureur – on ne peut s’empêcher de penser que tout est vrai. Rien n’est inventé, c’est juste la réalité remise en forme, avec un peu d’humour grinçant pour en faire passer toute l’horreur.

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    On trouvera bien attachants le frère et la sœur. Monstrueux bien sûr, mais tellement purs à côté de leurs parents. Et l’on se réjouit de cette fin qui leur évitera de tomber aussi bas que leurs incestueux géniteurs.

    Et du fait qu'ils aient pu faire le ménage avant de s'en aller.


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  • Tunisia : just fun

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  • Petit lexique France - Autres pays

    « ...de même tout ce que l’on dit de moi est vrai par avance : pas de caricature d’Apollon. »

    Roger Nimier.

     

    Algérie

    L'histoire classique d'une adoption : un début difficile, une période de bonheur, une violente rupture. On se demande encore que faire de cet enfant intéressé, incapable de sortir de l’adolescence et que l’on n’ose toutefois pas éconduire.

    Allemagne

    Elle ne sera plus jamais notre ennemie. Mais ne sera jamais notre amie. Une seule solution, le mariage : un seul pays, une seul état, un seul gouvernement, un seul corps électoral, une seule armée etc. Pour les 2 premières générations ce sera un peu pénible (50 ans) et dans 2 siècles on n'y pensera plus. Ce sera gagné quand on dira indifféremment "ce con de Bavarois" ou "ce Breton débile" et non "cet...d'Allemand" ou "ce...de Français". Et puis comme ça on aura à la fois la femme la plus puissante du monde et l'homme le plus fort du monde.

    Angleterre

    A ne jamais avoir comme ennemie. Une amie très fiable si on l'est aussi car elle y est intéressée.

    Elle ne nous a jamais présenté la note de la seconde guerre mondiale alors qu'elle l’a payée -très cher et pendant 30 ans- aux Etats-Unis : un cas unique de générosité Britannique. Il faut dire qu’on ne l’a pas demandée : un cas classique de mesquinerie Française.

     Argentine

    50% d'Italie, 50% d'Espagne, ajoutez un zeste d'Indien, trois glaçons (au Sud), une rondelle de citron (au Nord), mixez le tout et vous n'obtenez…rien du tout. L’Argentine est morte avec Eva Peron.

     Autriche

    Des Allemands de bonne humeur ? Peut-être. En tout cas le peuple le plus créatif d'Europe : en bien comme en mal.

    Azerbaïdjan

    Peu connu des Français mais un taux de croissance de 30%. A produit Garry Kasparov. Produit du pétrole (oui, oui , la capitale est Bakou) et des vodkas (d'après Wikipedia elles sont faites à base de cornouilles -non, vous avez bien lu- et de mûres et sont surtout utilisées comme traitement de certaines maladies. On aimerait bien savoir lesquelles.)

    Et si toutes leurs ladies sont comme leur first lady ne cherchez plus le Paradis Terrestre, fly Azerbaijan Airlines. 

     

     

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    Madame Mehriban Aliyeva

     

     

    Belgique

    A prendre chez eux : la gentillesse et l'humour qui nous manquent.

    Bulgarie

    Voir Turquie.

    Chine

    Un fournisseur fiable et pas cher et un très gros sujet d'inquiétude qui n’arrête pas de grossir. On n’a qu’une envie : les laisser en tête à tête avec les Etats-Unis et que le meilleur gagne.

    Divers pays d'Amérique latine

    A ne pas donner aux Américains : ils n'y comprennent rien.

    Divers pays de l'Est

    A donner aux Russes : ils ont le mode d'emploi.

    DOM-TOM

    Penser à leur donner l'indépendance. Tout de suite et à n’importe quel prix.

    Egypte

    Penser à installer une antenne du planning familial. Et une de Véolia propreté.

    Espagne

    A rattacher au Maghreb : un pont ? Ils ont trop de points communs, sauf l'empathie : le côté chaleureux des Maghrébins a coulé dans le détroit de Gibraltar, alors ils se sont rattrapés en exagérant leurs défauts. A noter qu'ils détiennent l'héritier de nos Rois, mais cela ne prouve pas la qualité de leur restauration.

    Etats-Unis

    D’après Clémenceau, le seul pays qui soit passé directement de la barbarie à la décadence. Un fournisseur d’alliances économiques et militaires très fiable mais très cher. De Gaulle disait à Raymond Tournoux à la fin des années 60 : " les Français sont faibles, peureux et intelligents. Les Américains sont forts, courageux et bêtes. Ils vont faire toutes les c... que l'on peut imaginer, plus quelques unes auxquelles on n'a même pas pensé." Nous y sommes.

    France

    Un pays de paysans sérieux et madrés qui a besoin d’aimer un Roi ou un Empereur. S’ils n’ont ni l’un ni l’autre ils deviennent vaniteux, égoïstes et lâches. S’ils ont l’un ou l’autre ils deviennent industrieux, créatifs et organisés au point, comme disait Colbert, de « transformer des pierres en or ». C’est parce qu’ils ont alors la seule chose qui compte vraiment pour des Français : un rêve de gloire. Gloire militaire, littéraire, artistique ou économique. En décadence douce depuis la république de 1875, puis en décadence aigue depuis celle de 1975 (Giscard) la France fut tour à tour une monarchie, un Empire puis une République et enfin depuis 2007 une société par actions.

    Grèce

    Trop compliquée pour nous. Mais les Grecs sont les seuls à avoir compris et assimilé sans drame l'homosexualité avec, peut-être -le talent en moins- les Anglais. Un modèle du genre en tout cas.

    Irlande

    Des fous attirants et émouvants : une folie de bonne qualité. Ils se sont bien améliorés depuis qu’ils ont remis le clergé à sa place : dans les églises.

    Italie

    Des Français de bonne humeur ? Peut-être. En tout cas le peuple le plus réfléchi, le plus prudent, le plus calculateur et le plus travailleur d'Europe.

    Japon

    Nikon. Ni paresseux. Mais capables de dégager un incroyable ennui chez les Français qui sont pourtant plutôt bon public : j'ai vu des gens bailler rien qu'en les regardant. Et je ne parle pas de leur théâtre...

    Jordanie

    Si toutes leurs femmes sont comme leur Reine ou leur ambassadrice ne cherchez plus le Paradis Terrestre, fly Royal Jordanian Airlines. 

     

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    La Reine Rania de Jordanie.

     

     

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    Madame Dina Kawar, ambassadrice du royaume de Jordanie à Paris

     

     

     

    Liban

    L'histoire idéale d'une brève liaison suivie d'une rupture : il ne reste que des regrets. D'autant plus doux qu'ils n’engagent à rien : il y a fort peu de chances que la France et le Liban lient de nouveau leurs destins. Et c'est dommage.

    En tout cas si toutes leurs femmes sont comme leurs chanteuses ne cherchez plus le Paradis Terrestre, fly MEA. 


     

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    Nancy Ajram

     

     

    Lybie

    QUEL DÉFI ! (au bon sens).

    Maroc

    Un fournisseur pas très fiable et pas très cher qui accomplit le tour de force de nous vendre ce dont on ne veut à aucun prix : ses pauvres et sa drogue... grâce à laquelle leurs pauvres deviennent riches.

    Pays Bas

    D'excellents VRP. Mais on se demande comment en juillet et août ils peuvent entièrement occuper la France alors qu'ils sont si peu nombreux. Il sont alors partout à la fois, de la Bretagne aux Alpes et de l'Alsace aux Pyrénées. C'est peut-être ce don d'ubiquité qui fait leur force commerciale : ils doivent voir dix clients quand nous en voyons un.

    Pologne

    Le parangon des pays de l’Est Européen. Toujours en demande, toujours à se plaindre, toujours à l'origine de gigantesques catastrophes dont il se hâte d'accuser les autres.

    Portugal

    Un cas à méditer pour ceux qui veulent savoir comment on peut passer assez vite du statut de première puissance mondiale à celui de dernière puissance de tout un continent.

    Roumanie

    A marier à l'Italie du fait de leurs des communes origines. Ce sera un beau pays quand il aura fini d'exporter tous ses Roms vers la France et l'Allemagne.

    Russie

    A ne jamais avoir comme ennemie. Ne pas compter sur elle comme alliée mais la garder quand même pour l’exotisme. 

    Syrie

    Si toutes leurs dames sont comme leur Première Dame ne cherchez plus le Paradis Terrestre, fly Syrian Airlines.

     

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    Asma El Assad.

     

    Tunisie

    Des Italiens du grand Sud ? Peut-être. En tout cas le peuple le plus réfléchi, les plus prudent, le plus calculateur et le moins travailleur de la Méditerranée.

    Turquie

    La tête en Asie et les pieds en Europe ils ne peuvent pas être Européens, sauf à les couper en deux. Mais n'ayez pas honte d'être Turcs, c'est toujours mieux que d'être Bulgares.


     


     

     


     

     

  • Une amitié : Belmondo et Breker

    Une amitié.

    Nous pensions ces jours-ci à Paul Belmondo car il est né en août 1898, à Alger.

    Et par une association d'idée bien naturelle à son ami Arno Breker né en 1900 à Elberfeld en Prusse.

    Et à la belle amitié de ces deux sculpteurs qui a  traversé le siècle et la guerre sans jamais s'interrompre.

    Ils se sont rencontrés en France en 1927 alors que Breker allait devenir l’élève de Maillol :

    « venant d’arriver à Paris, le cœur serré par le mal du pays, ce fut pour moi un miracle de rencontrer Belmondo qui n’avait que deux ans de plus que moi. Il faisait partie de ceux qui s’intéressaient à la culture et aux débats d’idées des Allemands tout en se rendant disponibles pour me faire découvrir l’impressionnante créativité des artistes Français. C’est là que j’assimilais tout ce qui allait avoir une importance décisive pour mon avenir. Quiconque connaît Belmondo sait que son œuvre est le reflet de son âme et de sa personnalité. Il ne cherche pas la gloire passagère, ses thèmes sont soigneusement choisis et ses sculptures rayonnent de la dignité de l’être : chaleur, humilité et humanité. »

     

    Ils ne cesseront jamais ces relations privilégiées et, au plus fort de la guerre, Belmondo se rendra en Allemagne à son tour, invité par son ami pour montrer que l'art devait unir les deux pays. Et l'avenir allait montrer qu'ils avaient raison.

     

    Belmondo n’a pas écrit sur Breker mais leur ami commun, Cocteau, s’en est chargé :

     

    " Je vous salue, Breker !

     

    Je vous salue de la haute patrie des poètes,

    patrie ou les patries n'existent pas,

    sauf dans la mesure où chacun y apporte le

    trésor du travail national.

     

    Je vous salue, parce que vous réhabilitez

    les mille reliefs dont un arbre compose sa grandeur.

     

    Parce que vous regardez vos modèles

    comme des arbres et que, loin de sacrifier

    aux volumes, vous douez vos bronzes et

    vos plâtres d'une sève délicate qui tourmente

    le bouclier d'achille de leurs genoux,

    qui fait battre le système fluvial de

    leurs veines, qui frise le chèvrefeuille de

    leurs cheveux.

     

    Parce que vous inventez un nouveau piège

    où se prendra l'esthétisme, ennemi des

    énigmes.

     

    Parce que vous rendez le droit de vivre

    aux statues mystérieuses de nos jardins publics.

     

    Parce que, sous le clair de lune, véritable

    soleil des statues, j'imagine vos personnages

    arrivant une nuit de printemps, place de la Concorde,

    avec le pas terrible de la Venus d'Ille.

     

    Parce que la grande main du David de Michel--Ange

    vous a montré votre route.

     

    Parce que, dans la haute patrie ou nous

    sommes compatriotes, vous me parlez de la F r a n c e. "

     

     

    Une perspective commune ? 

    Ils voulaient, au début, se situer tous les deux dans la même perspective très classique, néo-grecque. Mais il nous semble que seul Belmondo s’y est tenu. C’ était  un classique harmonieux, serein et rigoureux :

     

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    Breker était beaucoup plus enclin à faire apparaître la personnalité de ses modèles à travers ses œuvres même s’il était pour cela parfois nécessaire de prendre ses distances avec la réalité, comme le montrent ses bustes de Cocteau, de Dali ou de Hitler.

     

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    A la fin de sa vie il délaissa son côté tragique, donnant libre cours à sa sensualité et s'adoucissant ainsi pour notre plus grand bonheur :

     

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    Mais, au fond, la perspective vraiment partagée par Belmondo et Breker était celle de l'Europe.

    Jean Monnet, qui avait conçu l'Europe moderne et l'avait portée sur les fonts baptismaux -et la comparaison n'est pas vaine car les étoiles qu'il avait choisi pour la symboliser sont celles de la Vierge Marie- a écrit, peu avant sa mort : 

    "s'il fallait refaire l'Europe, je commencerais par la culture".

    C'est tout simplement ce qu'avaient déjà fait Belmondo et Breker.

     

     

  • Savitri Devi et l'écologie

     

    Avec un titre aussi ésotérique il est sans doute utile d'apporter quelques précisions.

    D'abord parce que le mot écologie est souvent utilisé de façon inadaptée et ensuite parce que Savitri Devi est peu connue.

     

     

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    Savitri Devi en 1935

     

    Ecologie et environnement.

    L'écologie ne se résume pas à l'environnement. Les tentatives de récupération de l'écologie par les milieux politiques et associatifs ont été faites de façon assez sommaire et ne concernent que la partie la plus visible, et la plus porteuse, de l'écologie c’est-à-dire le respect de l'environnement. C’est bien compréhensible car il est plus facile d’utiliser politiquement un concept ramené au plus petit et plus accessible commun dénominateur que de le concevoir dans sa complexité.

    Or l'écologie est bien plus que l'environnement : il s'agit de rendre harmonieuses, justes et durables les relations des êtres vivants -au sens très large incluant les végétaux et les minéraux- et ce dans une attitude de progrès, c’est-à-dire en sachant que les résultats obtenus pourront sans cesse s'améliorer. On est donc bien au delà et bien au-dessus des éoliennes de Cohn-Bendit.

    Il n'y a pas de doctrine écologique. Tout peut s'interpréter et se discuter entre les différents courants écologiques, le tout étant de rester de bon sens et mesuré : par exemple un écologiste aurait du mal, au nom d'une sensibilité excessive, à réfuter la chasse, activité naturelle, régulatrice et porteuse de connaissances sur la nature. Mais il aurait encore plus de mal à justifier, au nom cette fois-ci d'un impératif économique discutable, l'élevage en batterie des cochons et des poulets.

    De même notre définition voit l’écologiste s’intéresser d’abord à la vie politique et économique, bien avant la gestion de l'énergie ou la propreté de l'eau car ce sont la politique et l’économie qui vont régir les relations entre les êtres vivants.

     

    La vie de Savitri jusqu’à son mariage.


    Savitri Devi née Maximine Julia Portaz est née le 30 septembre 1905 à Lyon.

    Dans cette famille de la moyenne bourgeoisie lettrée, typique du début du siècle, Européenne car monsieur Portaz est d'origine Gréco-Italienne tandis que son épouse est Britannique, Maximine est élevée par des parents férus de littérature Française et Anglaise.

     

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    Savitri et sa maman en 1907

     

    C'est à Lyon qu'elle fera toutes ses études, jusqu'au doctorat de philosophie.

    Elle y nouera des amitiés qui ne se démentiront jamais malgré les prises de position politiques et religieuses qui la mettront plus tard en grande difficulté. Une de ses camarades de classe sera d'ailleurs la future épouse de Jacques Soustelle, grand résistant et futur ministre qui facilitera son retour en Europe après la guerre.

     

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    Littéraire brillante elle obtient à 16 ans le premier prix –un superbe vélo- d’un concours de rédaction dont le thème était la vie de Louis Pasteur. Mais lorsqu’elle apprend que Pasteur mène des expérimentations animales elle demande à ses parents de renvoyer le vélo, ce qu’ils acceptent de faire, aussi indignés qu'elle.

    C’est à cet âge de 16 ans que nait sa plus grande passion littéraire : l’œuvre poétique de Leconte de Lisle.

    Après son baccalauréat elle entre en licence de philosophie et visite -à pied et à cheval- la Grèce et l’Italie pendant ses longues vacances d’étudiante.

    Ayant réussi sa licence en 1928 elle va enseigner en Grèce et accomplir un pèlerinage en Palestine avec des Grecs orthodoxes en avril 2009. Elle y découvre alors les prémices de ce qui est devenu aujourd’hui la question Palestinienne et s’interroge sur cette terre sainte devenue un enjeu politique. Elle voit les trois religions révélées s’affronter pour des questions qui lui paraissent secondaires et bien matérielles, telles que l’utilisation de quelques mètres carrés d’esplanade. Pire encore elle voit un jour des chrétiens aller jusqu’à se battre entre eux pour des questions de préséance. C’est de là que naissent ses premiers doutes religieux : elle reste pour l’instant fidèle à la foi Chrétienne de ses parents mais s’ouvre à une quête spirituelle qui, en dix ans, l’amènera à l’Hindouisme.

    Elle ne cessera plus ses voyages entre la France, la Grèce et le Proche-Orient tout en continuant ses études jusqu'au doctorat de philosophie obtenu, toujours à Lyon, en 1935. Sa thèse porte sur Théophile Kaïris (1784-1853). Ce philosophe Grec a reconsidéré le concept d'église en le simplifiant à l'extrême de façon à éviter que les Chrétiens se déchirent sur des points qui, pour lui, n'étaient pas essentiels au dogme. Il fût bien sûr la cible de toutes les églises et, refusant de revenir au strict credo de l'église Orthodoxe, fut jeté en prison où il mourut.

    Nous verrons que ce choix était déjà celui de sa vie : comme Kaïris celle qui était alors Maximine affrontera les puissants du jour, ne pliera jamais, et sera persécutée pour ses idées.

    Mais le grand tournant se situe à l’été 1935, où, après son doctorat, ses parents l'aident à partir en voyage en Inde. Elle s’y plait tant qu'elle arrive à y rester en y trouvant un poste d’enseignante en Anglais, langue qu’elle pratiquait quotidiennement chez elle depuis son enfance .

    En 1937 elle reçoit nom de Savitri ** et publie son premier ouvrage « l’avertissement aux Hindous » qui choque beaucoup les Anglais. Ce livre exprime en effet son admiration pour l’Hindouisme qui prône la beauté, l'amour du vivant et est « biocentré » et non anthropocentré. C’est-à-dire qu’il interprète la réalité en fonction de nécessités biologiques globales incluant le monde animal et végétal et non seulement en fonction de l’homme comme le font les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans qui sacrifient tout à l’homme et à l’homme seul. Mais, surtout, elle conjure les Hindous de ne point abandonner le système des castes, seul susceptible selon elle de garder à l’Inde sa grandeur et d’assurer son avenir.

     

    Découverte du nationalisme Indien et du National Socialisme.

     

     

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    A K Mukherj

    En 1939 elle épouse M. A K Mukherj qui lui fait connaître le nationaliste Indien Shandra Bose.

    Shandra parle souvent avec elle de son action politique tendant à renforcer  les liens entre les « anciens aryens » (les Indiens) et le régime national-socialiste Allemand pour qui Savidri finira par prendre fait et cause après la défaite de 1945. C'est à partir de là que sa vie va changer. La jeune philosophe comblée de dons, comblée d'amour par ses parents et son mari va, en quelques années, devenir une "pasionaria" traquée dans le monde entier pour ses idées politiques.

    Car, révoltée par cette terrible guerre dont elle rend responsable le gouvernement Anglais qui l'a déclarée, elle finira par s’établir en Allemagne de 1948 à 1958 où ses écrits et ses prises de position favorables au régime disparu lui vaudront de nombreux tracas auprès de la justice Allemande et des autorités d’occupation : elle y sera même jugée, condamnée et emprisonnée pour ses idées politiques. On ne lui pardonne pas certains écrits tels que celui-ci qui évoque un des derniers bombardements de la ville par les alliés Anglo-Américains :

    "Tout de suite après, il y eut la nuit de Charlottenburg, le commencement de l’Apocalypse. L’ouest de Berlin flamba pendant trois jours et trois nuits. La pluie de phosphore tombait du ciel sous forme de boules rouges et bleues qui se déformaient, s’étiraient comme de la pâte, s’écrasaient sur les toits, ruisselaient dans les rues. Ce fut un autodafé fantastique. On brûla les églises, les hôpitaux, les restaurants, les maternités, les immeubles résidentiels, les musées et les éléphants du zoo, pêle-mêle avec les casernes, les dépôts, les administrations. Les femmes couraient dans les rues en flambant mieux que des torches. On brûla les femmes et les enfants allemands comme de la mauvaise herbe, et, en même temps, les prisonniers français, les ouvriers belges, russes, bulgares, grecs, hollandais, polonais. Quand l’ouest de Berlin cessa de brûler, ceux qui s’aventurèrent dans le désert de pierres et de cendres chaudes restèrent frappés de stupeur. Trois jours avaient suffi pour recréer Pompéi."

    C’est alors qu’elle écrira Gold in the Furnace: experiences in Post-War Germany.

    Elle rentre aux Indes mais revient en France lors de la mort de sa mère. Elle voyage beaucoup en Europe et rencontre Léon Degrelle en exil en Espagne. L’ex-chef des rexistes Belges, combattant sur le front de l’Est est celui à qui Hitler avait dit « si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous ». C’est par lui qu’elle découvre Hitler et ses proches qu’elle n’avait jamais connus directement, n’étant pas allée en Allemagne avant la défaite. Comme on le devine la vision du National-Socialisme dispensée par Léon Degrelle n'est guère objective mais Savitri l'accepte telle quelle et la fera sienne dorénavant, contre vents et marées et jusqu'à son dernier souffle.

    Devenue "persona non grata" aux Indes et ainsi séparée de son mari qui ne peut obtenir de visa pour l'Europe, elle finit par prendre un poste d’enseignante remplaçante à Montbrison puis à Firminy. Mais poursuvie par la LICRA qui l’a prise pour cible, elle ne peut échapper enfin aux nombreux procès en cours qu'en retournant aux Indes en 1971 grâce aux appuis de la famille de son mari. Elle y enseigne la langue et la littérature françaises pendant cinq ans  auprès du personnel de l’ONU jusqu’à ce qu’elle soit renvoyée une fois de plus pour raisons politiques après la mort de son mari en 1977.

    Elle se rend une dernière fois en Allemagne puis à Paris où Françoise Dior, nièce du couturier, lui apporte son aide lui permettant ainsi  d'écrire son dernier ouvrage « souvenirs et mémoires d’une Aryenne ». Puis, fatiguée, malade, elle quitte la France en 1982 pour rejoindre en Angleterre une amie d’enfance chez qui elle meurt à l’aube du 23 octobre.

     


    Anthropocentrisme ou biocentrisme.

    Sa pensée et ses si nombreux ouvrages ne peuvent être facilement résumés mais nous avons retenu le passage ci-dessous qui résume sa position envers l’écologie : l’homme ne doit pas favoriser à tout prix la vie des autres êtres humains, mais s’attacher à permettre à ceux-ci et aux autres vivants de bien vivre ensemble.  Contrairement à ce que pratiquent les religions révélées* il n’est pas au centre du monde mais il en a la responsabilité et c'est pourquoi il doit être biocentré et non anthropocentré.

    Elle pense ainsi que tout n’est pas justifié par le simple fait d’être utile aux hommes et à eux seuls et que tout baser sur les besoins exclusifs de l’humanité a un prix trop élevé : ce qui importe c’est de protéger et développer harmonieusement l’ensemble de la création. A la lumière de ce qui s’est produit depuis la « vache folle » avec, chaque année, une nouvelle preuve de notre propre folie –les grippes aviaires et porcines par exemple- nous sommes bien tentés de lui donner raison.

    « Nous appliquons le dicton « vivre et laisser vivre” — aux hommes de tous degrés de santé ou de maladie physique ou mentale, mais à l’homme seul. C’est le précepte contraire que nos protecteurs du sacro-saint mammifère à deux pattes appliquent aux quadrupèdes, cétacés, reptiles, etc., ainsi qu’à la gent ailée et à la sylve. Là, il s’agit de “laisser vivre” tout au plus ce qui ne gêne pas l’expansion indéfinie de n’importe quelle variété d’hommes et même, à la limite, uniquement ce qui favorise cette expansion — comme c’est, semble-t- il, le cas, en Chine communiste, où n’ont “droit de vivre” que les animaux “utiles”, c’est-à-dire exploitables.

    Mais les fauves, les oiseaux de proie, et en général les bêtes qui vivent libres, ne sont pas les seules victimes de l’expansion indéfinie de l’homme.

    La variété des animaux domestiques elle-même, — sauf celui des représentants de ces espèces que l’homme élève spécialement pour les tuer et les manger, ou pour les exploiter d’une façon ou de l’autre — diminue rapidement. La maudite technique, en modifiant la vie de l’homme dans les pays fortement mécanisés, et en enlevant au pullulement humain la salutaire restriction que lui opposaient encore il y a quelques décennies les épidémies périodiques est à la base de ce résultat.

    Je me souviens avec nostalgie des beaux chats qui abondaient, il y a plus d’un demi-siècle, dans les rues et les maisons de la bonne ville de Lyon où je suis née et où j’ai grandi. Rares étaient alors les magasins où l’on ne voyait pas l’un de ces félins assis à la porte, ou confortablement étendu sur le comptoir, ou roulé en boule dans “son” panier, quelque part dans un coin, — bien nourri, aimé, confiant, prêt à se laisser caresser par l’enfant que j’étais. Rares étaient les familles où l’on n’en voyait pas un, — à moins qu’il n’y eût à sa place un chien, lui aussi aimé, choyé, heureux (en général). La plupart des citadins n’avaient pas, alors, de vacances ; certainement pas de vacances payées. Et les quelques-uns qui, peut-être, en avaient, ne se croyaient pas tous obligés de les passer hors de chez eux. Ou, s’ils devaient s’absenter, un membre au moins de la famille demeurait pour s’occuper de la ou des bêtes ; ou une voisine, qui ne quittait pas la ville, ou une concierge complaisante, s’en chargeait. Mes parents avaient un chat dès avant ma naissance. Et aussi loin que je puisse me souvenir, je me revois en train de passer la main avec délice dans une fourrure soyeuse, chaude et ronronnante, tandis qu’une belle tête de velours se frottait contre moi, et que deux yeux d’ambre, à demi clos, me regardaient avec un abandon total.

     

     

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    Velours noir, le chat de Savitri en 1955

     

    Peu de gens renoncent à tout déplacement par amour pour les animaux qu’ils ont pris sous leur protection au cas où ils ne peuvent les emmener et où ils ne trouvent personne sur qui ils puissent compter pour s’en occuper. Par contre, à l’époque de la ruée annuelle des vacanciers hors des villes, on rencontre dans les rues, le long des routes, et jusque dans les bois (parfois attachées aux troncs d’arbres, et destinées de ce fait à mourir lentement de soif et de faim), des bêtes abandonnées ; des bêtes qui, dans leur innocence, avaient fait confiance à des hommes …

    Au contraire l’attachement de l’Arabe à son cheval ou à son chameau est toujours proverbial, mais la mécanisation progressive du monde est maintenant en train de briser ce lien, et ce dans tous les pays.

    A mon retour aux Indes en 1971, cela a été pour moi une grande joie que de revoir, dans la campagne inondée de pluie de mousson, tant de bons gros buffles, bien nourris, plongés avec délices jusqu’au museau dans les innombrables étangs, et ruminant paisiblement.

    Il y en avait, et il y en a encore, des milliers. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que, — comme ailleurs les chevaux et les bœufs, — les tracteurs les remplacent. Et les tracteurs les remplaceront infailliblement, si des étendues de plus en plus vastes de terre fertile doivent être, — aux Indes comme partout dépouillées de leurs forêts pour nourrir une population dont le nombre monte en flèche et double tous les trente ans.

    In « souvenirs et réflexions d’une aryenne ».

     

    Etre anthropocentrés ou biocentrés ? Savitri a posé là une question clé en attribuant à l’hindouisme tous les mérites de cette prise de conscience des dangers de l’anthropomorhisme. Mais si les juifs, les chrétiens ou les musulmans se considèrent comme étant les enfants de Dieu, n’ont ils pas, eux aussi, pour devoir de protéger sa création au lieu de rechercher uniquement leur plaisir et leur confort à court terme ?  Ecouteront ils un jour les cris de souffrances des créatures divines qui ne cessent de monter des abattoirs et des élevages ?

    C'est encore Savitri qui nous parle :

    «Aime tous les vivants dont l’humble tâche ne s’oppose en aucune manière à la tienne, à la nôtre : les hommes au cœur simple, honnêtes, sans vanité et sans malice, et toutes les bêtes, car celles-ci sont belles, sans exception, et sans exception indifférentes à quelque “idée” que ce soit. Aime-les, et tu sentiras l’éternel dans le regard de leurs yeux de jais, d’ambre ou d’émeraude. Aime aussi les arbres, les plantes, l’eau qui coule dans l’herbe et s’en va à la mer sans savoir qu’elle y va : aime la montagne, le désert, la forêt, le ciel immense, plein de lumière ou plein de nuages ; car tout cela dépasse l’homme et te révèle l’éternel. »

    Alors, suivant Savitri en oubliant ses excès ( d'ailleurs purement intellectuels car ce fut une femme d'une générosité aussi grande que la discrétion dont elle entourait ses bienfaits ), nous pourrons de nouveau relire Leconte de Lisle :

     

    « Je revois l’innocence du monde,

    J’entends chanter encor aux vents harmonieux

    Les bois épanouis sous la gloire des cieux ;

    La force et la beauté de la terre féconde

    En un rêve sublime habitent dans mes yeux.

     

    Le soir tranquille unit, aux soupirs des colombes,

    Dans le brouillard doré qui baigne les halliers,

    Le doux rugissement des lions familiers ;

    Le terrestre Jardin sourit, vierge de tombes,

    Aux anges endormis à l’ombre des palmiers. »

     

    * Savitri ne manque jamais de mettre en exergue le fossé qu’elle constate entre la révélation elle-même et la pratique des trois grandes religions. Elle s’indigne ainsi du sort réservé aux faibles -au rang desquels elle place les femmes, les enfants et les animaux- par les prêtres détenteurs d’un savoir et d’une foi selon elle tronqués et dévoyés.

     

    ** Le nom de Savitri (l’un des noms de Surya, le soleil) lui a été donné par les étudiantes de l’Université de Shantiniketan où elle passa six mois en 1935. Devi (déesse) est un titre que toute femme hindoue de caste aryenne est autorisée à mettre après son nom individuel.

     

     

    L’oeuvre de Savitri Devi  (d’après savitridevi.org)

    certains ouvrages sont en Anglais, d'autres en Français :

     

    Essai-critique sur Théophile Kaïris,

    a warning to the hindus,

    the non-hindu indians and indian unity,

    l’étang aux lotus,

    Akhnaton’s eternal message:
a scientific religion 3,300 years old,

    a perfect man:
akhnaton, king of egypt,

    joy of the sun.
the beautiful life of akhnaton, king of egypt, told tto young people,

    a son of god:
the life and philosophy of akhnaton, king of egypt,

    akhnaton: a play,

    defiance : : the prison memoirs of Savitri devi,

    gold in the furnace,

    pilgrimage,

    the lightning and the sun,

    Paul de tarse, ou christianisme et judaïsme,

    impeachment of man,

    long-whiskers and the two-legged goddess,
or the true story of a “most objectionable nazi” and half-a-dozen cats,

    souvenirs et réflexions d ’une aryenne,

    and time rolls on:
the savitri devi interviews.

     

    Chatsdessins.jpg

    Dessins de chats par Savidri, 1975

     

     

  • L'éthique du soldat Français

    L’éthique du soldat Français par le colonel Royal.

     

    Voilà un ouvrage agréable et pratique qui décrit ce que doit être le comportement du soldat Français en opérations.

    Le colonel Royal a fait le choix d’articuler son livre autour de cas concrets, généralement récents. Il est donc attrayant, facile à lire, et facile à « utiliser ». Nous voulons dire par là qu’il peut constituer un support pédagogique concret pour la formation des cadres.

    Royal vise à donner aux lecteurs des lignes directrices voire des conduites à tenir dans les situations de conflit : précisons tout de suite que ces propositions n’ont rien de surprenant et correspondent à l’idée que les Européens se font de la façon dont leurs troupes doivent se conduire. L’éthique du soldat prônée par Royal se situe aux antipodes de celle de Bush et de Rumsfeld, bien heureusement.

    On se rapproche des lois de la guerre qui régissaient les conflits de 1850 à 1941, jusqu’à ce que les attentats terroristes des communistes et affidés contre les soldats Allemands dans les pays occupés par le III° Reich entraînent les représailles et les drames dont on a tant parlé.

     À noter pourtant qu’un des cas concrets nous a mis mal à l’aise.

    C’est le plus ancien –à part un cas anecdotique se déroulant pendant la première guerre mondiale- puisqu’il a plus de 30 ans et se déroule au Tchad. Une unité française a localisé des rebelles qui ne peuvent plus manœuvrer et nos soldats attendent de donner l’assaut. Il ne viendra pas et les hommes de l’unité seront frustrés de cette « parcelle de gloire » car l’officier français s’avance, sans armes, et obtient la reddition. Aucune goutte de sang ne sera versée.

    Très bien. Mais le temps passe et un jour l’officier en question apprend que « ses » rebelles -ralliés à l’armée gouvernementale Tchadienne- ont été, lors d’un ultime retournement de situation, ignominieusement assassinés par leurs anciens compagnons d’armes, restés eux dans la rébellion et qui les considèrent à juste titre comme des traîtres.

    Passons. Mais ce qui est gênant c’est que l’officier Français concerné ne se sentira, d’après le colonel Royal, aucunement responsable de la suite des événements. C’est pourtant lui qui avait obtenu leur reddition et l’éthique bien comprise aurait peut-être dû l’amener à se poser quelques questions sur le risque qu’il faisait prendre à ses adversaires. N’aurait-il pas mieux valu qu’ils meurent sous nos balles les armes à la main ?

    Mais, surtout, presque tous les cas concrets sur lesquels Royal s’appuie avec brio ont trait à des situations « du fort au faible ».

    C’est-à-dire qu’il traite de la façon de se comporter -de l’éthique- du soldat face à un ennemi globalement plus faible, ne  maîtrisant ni la logistique, ni l’air, ni la mer, ni les blindés, ni l’artillerie…

    On conçoit donc que, dans ces conditions, le respect « des lois et des règlements » soit plus facile à observer que dans une situation dite du « faible au fort ».

    Cela dit Royal a raison de nous rappeler ce qu’il convient de faire même dans ce cas de figure, car aujourd’hui les forts se conduisent souvent bien mal vis-à-vis des faibles : Tchétchénie, Gaza, pour ne citer que les exemples les plus récents et les plus connus.

    Toutefois pour répondre aux attentes suscitées chez le lecteur par le titre du livre « l’éthique du soldat Français », il faudrait que Royal aborde ce sujet de l’éthique en toutes circonstances et, notamment dans les situations difficiles où le soldat Français peut à son tour se retrouver dans la situation du faible. Et il est alors plus difficile d’apporter des réponses.

    Et il ne manque pas dans l’histoire de situations de cet ordre, même si cela nous oblige à remonter un peu plus loin. Nous pourrions évoquer les cas de conscience qui auraient pu se poser aux Français lors de la retraite de la RC 4 ou aux Allemands au moment de la retraite qui a suivi la bataille des Ardennes : en retraite, presque en fuite, poursuivis par des forces qui disposent d’une supériorité écrasante que faire de nombreux prisonniers qui ralentissent cette retraite ?

    La réponse* est dans de nombreux manuels d’instruction et dans le règlement de discipline générale, mais il me semble que le colonel Royal aurait dû évoquer ce sujet, à l’aide des cas concrets qu’il sait si bien utiliser.

    Et nous aurions aimé que le colonel Royal reparle de tels cas, pour ne rien laisser dans l’ombre. C’est le seul point faible de cet ouvrage si intelligent, si facilement utilisable.

    Nous aurions aussi apprécié qu’il se réfère à des cas liés aux guerres dites coloniales, puisque c’est lors de celles ci que l’armée Française s’est retrouvée le plus souvent en accusation : mais ce n’était pas son but et ce livre ne s’adresse pas à des passionnés d’histoire mais aux cadres du XXI° siècle.

    À lire et à utiliser en formation. Et peut-être à traduire et à enrichir avec des cas venant d’autres pays Européens ou Africains, faciles à obtenir pour le colonel Royal. Une telle révision de ce livre lui donnerait presque une valeur universelle.

     

     

    * Extrait de l’aide-mémoire du chef de section d’infanterie : tout combattant capturé devient prisonnier de guerre…le relâcher s’il ne peut être gardé, lui retirer armes, munitions, équipement de combat, documents d’intérêt militaire…

     

     

     

     

  • Guelma 1945

    « Le souvenir de ce qui fut, une présence de chaque instant. »

    Marcel Reggui en 1996 à propos des événements de Guelma 1945.


    Nous voulions parler de choses amusantes, un contrôle fiscal par exemple ou un retrait de permis, deux des nombreux ornements qui rendent la vie des Français si plaisante de nos jours.

    Et puis un nom nous est revenu à l'esprit : Guelma. Pourquoi Guelma cette petite ville Algérienne hante t'elle depuis si longtemps notre esprit ? Pourquoi ce nom revient il en de si nombreuses circonstances, dès que nous entendons parler d'une tragédie humaine dans le monde ?

    Parce que précisément Guelma 1945 est le parangon de la tragédie. L'archétype de la laideur humaine. Et que mon pays en porte la responsabilité. Et que le peu de place que Guelma 1945 a laissé dans l'histoire est en rapport inverse de la démesure de l'évènement.

    Il s'est produit à Guelma un événement tellement incroyable, tellement dramatique que l'on essaie de se persuader qu'il n'a jamais eu lieu. Qu'il n'est pas vrai. Ce n'est même pas une légende car on n'en parle plus et l'on n'en a jamais parlé. Pas d'ouvrages, sauf un, mais de première main, heureusement. Aucun intérêt des média, ni des historiens auto-proclamés de l'Algérie, tels Benjamin Stora.
    Parlez moi des émeutes de Sétif la même année où les massacres perpétrés par les uns et les autres ne manquèrent pas ! Là vous trouverez tout ce que vous voulez savoir même si l'abondance d'informations finit par nuire à la qualité de celle-ci. Surtout lorsque l'on manipule les milliers de morts comme autant d'arguments, comme si c'était plus facile que d'essayer de comprendre l'enchaînement des faits.

    La France du printemps 1945 est ivre de sang et de larmes. Elle pense aux morts d'Oradour et à ceux de Tulle. Et aussi à ceux des bombardements alliés qui la martyrisent depuis des années. Mais elle entend surtout les cris de dizaines de milliers de suppliciés, des assassinés de la Libération, des familles entières massacrées par de pseudo-résistants qui ne vengent rien mais rabaissent notre pays et transforment en cauchemar la liberté retrouvée.
    Il y trois ans la télévision passait une film d'archive sur cette Libération : quelques hommes armés poussent à travers une foule immense -la place principale d'une ville de province est noire de monde- un malheureux qui est finalement amené, poussé, jeté sur un échafaud où un nœud coulant l'attend. On se prend à espérer qu'il va enfin mourir, mais quel espoir mon Dieu ! Il est alors pendu par les pieds, hissé jusqu'à la poulie. Alors on le laisse tomber sur le sol, on le remonte, et l'on continue jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. On le laisse enfin inerte sur le plancher de l'échafaud. La foule hurle, les femmes rient, les hommes montent, frappent l'homme mort et crachent sur lui.

    Vous êtes un peuple cruel nous disait un Britannique. En écrits, lisez vos journaux toujours à chercher le coupable. En paroles, un quart d'heure dans un café et vous avez l'impression qu'il faut nettoyer la terre de la moitié de ses habitants. Et surtout dans les faits. Votre Roi et votre Reine et leur petit enfant assassinés. Vos révolutions. Votre libération. A Nice en 1944 ce sont les Américains qui ont du arrêter la folie des nouveaux résistants. En Allemagne en 1945 c'est nous qui avons protégé les DP -personnes déplacées, Allemands chassés par les Russes- des excès des anciens Francs tireurs et partisans communistes engagés dans l'armée.

    Ainsi la violence fait partie de la vie de la France libérée et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles l'affaire de Guelma n'a éveillé aucun intérêt sur le moment. De plus le responsable est un résistant de la première heure, un gaulliste. En 1945 un résistant gaulliste -ils ne le furent pas tous, des communistes aux royalistes comme Rémy- est un homme intouchable, au dessus de lois. Et d'ailleurs qui se préoccupe des lois à cette époque ?

    Mais l'Algérie de 1945 n'a pas connu l'occupation. Elle n'a jamais vu un soldat Allemand. Elle a été protégée de la guerre par la politique du maréchal Pétain.
    Elle a seulement cotoyé les Américains. Et surtout dans les petites villes leur contact avec la population Arabe a été très heureux. Spécialement pour les classes Algériennes favorisées où les jeunes professeurs, commerçants ou entrepreneurs ont cru que leur monde aller s'ouvrir enfin, qu'une chance de montrer leurs talents allait leur être donnée : la libre entreprise !
    Avant la guerre un entrepreneur Algérien n'avait aucune chance de pouvoir acquérir un fonds de commerce bien placé, tout se vendait et s'achetait entre non-musulmans.

    Ainsi en trois ans, de 1942 à 1945, les choses ont insensiblement changé. Et les Européens comprennent qu'une classe moyenne est en train d'émerger. Et qu'elle possède des talents. Et qu'elle pourra sans doute les gêner car ces jeunes gens veulent avoir la place qu'ils méritent dans leur pays.

    Marcel Reggui est l'un d'entre eux. Lui, ses trois frères Hafid, Paul, Mohamed et leur sœur Zohra sont les enfants de monsieur Reggui qui a racheté -en 1943 précisément- le grand Hôtel d'Orient, place Saint-Augustin. Avec son café Le Glacier, c'est une des plus belles entreprises de Guelma.
    Lors de cet achat la présence des Américains avait déjà évité un drame car certains concurrents Européens voulaient, par la force, empêcher cette opération. Mais ils avaient reculé en voyant les liens que la famille avait noué avec les officiers Américains.

    La famille Reggui est d'origine Tunisienne, installée en Algérie depuis 1905.
    Elle est très unie autour des deux parents. Si les règles de vie sont strictes, la liberté de cœur, de conscience, est cultivée. Et c'est ainsi que deux des frères Reggui choisiront de se faire baptiser.

    Le 8 mai 1945, jour de la capitulation Allemande, une manifestation est organisée à Guelma. Elle regroupe essentiellement des jeunes, deux cent peut-être, qui veulent ainsi signifier qu'après la libération de la France il convient de donner un peu de liberté aux Algériens. Manifestation pacifique, une petite bousculade, rien de plus.
    Mais le représentant de l'état est André Achiary*. Policier, résistant de la première heure il a été nommé sous-préfet à titre temporaire car il offre toutes les garanties au gouvernement de 1945 pour qui la valeur se mesure à l'aune du résistantialisme.

    Achiary ne veut pas de cette manifestation des jeunes de Guelma où deux des frères Reggui allaient figurer en bonne place. Deux seulement car Paul travaille à Paris et Marcel n'est pas en Algérie à ce moment là.
    Dans les 4 jours qui suivent 600 jeunes gens sont arrêtés sur ordre d'Achiary. Mais ces arrestations ne sont pas faites au hasard. Il s'agit de la fine fleur de la ville, les étudiants, les entrepreneurs, d'abord les fils des familles Algériennes bien en vue à Guelma. Mais aussi quelques jeunes plus humbles pour faire bonne mesure...

    Achiary a organisé et armé–ou laissé s'organiser et s'armer ?- une milice de colons, ouvriers, employés et commerçants qui procèdent aux arrestations. Le soi-disant sous-préfet réquisitionne une partie des locaux de la gendarmerie. Les jeunes gens y sont amenés, battus sans aucune pitié, laissés entassés dans les caves, sans eau, sans nourriture. Et 24 ou 36 heures après des camions les emmènent à l'extérieur de la ville où cette milice les fusille. Leurs corps sont jetés dans les fossés ou enterrés à la hâte dans des charniers creusés par de malheureux fellah réquisitionnés par les miliciens.
    Zohra cherche partout deux de ses frères qui ont été ainsi assassinés. Sa brûlante détermination gêne les tueurs. On l'amène près d'un charnier, on la tue et on la jette avec les victimes de la veille.
    Mais l'affaire commence à s'ébruiter. Pas par la bourgeoisie de Guelma qui, presque entièrement Pétainiste de 1940 à 1942, est menacée de mort depuis la Libération et n'ose plus parler. Ni par l'évêque, hélas, dont le silence blessera cruellement Marcel Reggui.

    Mais par le maire de Guelma lui-même, révolté et à qui Achiary s'adressera brutalement "à cette heure les élus n'ont plus rien à dire".
    Mais par les femmes de gendarmes qui ont tout de suite su ce qui se passait et haussent le ton.
    A Alger même l'affaire commence à être connue.
    A Paris le gouvernement nomme alors un enquêteur indiscutable, le général de gendarmerie Tubert, un grand résistant lui aussi.
    Tubert s'envole pour Alger où il reste trois jours pour organiser son enquête. Puis il se rend par la route à Sétif afin de rejoindre ensuite Guelma. A Sétif il trouve un télégramme du gouvernement : "rentrez à Paris immédiatement". Il n'ira jamais à Guelma.
    Les élus Français d'Algérie du palais Bourbon ont bien fait leur travail. Ils vont réussir à étouffer l'affaire.
    Pendant ce temps les assasssins reviennent brûler les corps pour effacer les traces de leur crime, mais il y en a trop et plusieurs charniers subsistent.

    Le gouvernement décide, enfin, de suspendre Achiary mais n'ose lui signifier son congé. On envoie le général Martin pour le faire et Achiary s'efface devant l'armée. Martin arrive aussi à sauver la vie de Paul Reggui arrivé précipitamment de Paris pour tenter de protéger sa famille. Il sera moins heureux en faisant libérer Mohamed, l'autre frère qui avait eu la chance d'être arrêté par la police et non la milice. Un agent le raccompagne à l'hôtel familial. Mais alors que Mohamed parcourt seul les 30 derniers mètres à travers la place Saint-Augustin un tueur de la milice coloniale embusqué sous le porche de l'hôtel l'abat de deux balles de pistolet.

    Trois frères sont morts. Leur sœur est morte. 500 à 600 jeunes gens, à la fois si Algériens et si proches de la France ont été massacrés.
    L'élite d'une ville a disparu en moins d'une semaine. Ils avaient de 18 à 30 ans. Futurs professeurs et fonctionnaires, ingénieurs, hommes d'affaires, médecins ou avocats : tous assassinés.

    La justice militaire est chargée de l'affaire. L'enquête progresse, des charniers sont mis à jour. On retrouve le corps de Zohra, seule victime féminine, morte de son amour pour ses frères.
    Mais cette justice là avance trop vite et elle est dessaisie au profit du tribunal de Guelma dont les liens avec les colons sont très forts.
    On n'entendra plus jamais parler officiellement du drame de Guelma.


    Il a été fait enfin justice du massacre de Katyn en 1944 où les soviets exécutèrent plusieurs milliers d'officiers Polonais et tentèrent, sans succès, d'en faire porter le poids aux Allemands. Andrzej Wajda a réalisé un film et les Russes eux-mêmes ont reconnu ce crime.

    Il nous semble que l'affaire de Guelma est pire. Car il ne s'agit pas d'une guerre entre deux ennemis héréditaires –je ne veux pas dire que cela excuse le massacre de Katyn- mais je pense que l'extermination programmée d'une élite dont la France était responsable et qu'elle aurait du protéger en tant que puissance tutélaire depuis 115 ans est un crime encore plus grave.

    Les massacres de Guelma Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales. Aux éditions de la Découverte.
    Publication intégrale des notes de Marcel Reggui qui n'avait pas voulu les publier de son vivant : par amour de la France ou par honte pour elle, pour cette France qu'aimaient tant les frères Reggui ?


    *André Achiary est le fils de Léon Achiary, adhérent à la SFIO . Il grandit en Kabylie et à Alger. Il y connut les Jeunesses socialistes et, dans les années 20, il fut élève au lycée d'Alger. Licencié en droit, reçu au concours de commissaire de police, il est nommé en 1935 au service de la Sûreté à Alger. En 1938, il devient sur le département d'Alger le responsable de la Brigade de Surveillance du territoire.
    Dès 1939, il s'illustre par l'arrestation, et parfois la disparition, de plusieurs dizaines d'agents de l'Axe. En contact avec Londres par le réseau d'information Forces françaises combattantes en Afrique du Nord (AFR) créé par le socialiste Paul Schmitt dès l'automne 1940, il s'acharne à poursuivre les communistes et à démanteler les tentatives de réorganisation clandestines. Il paraît « un petit bonhomme râblé, rageur, au visage intelligent et vif, sympathique et qui accueille les bras ouverts tous ceux qui parlent de faire quelque chose ». Rapidement violent, il est un opiomane avéré (source Wikipédia)


  • Humour : être Arabe aux USA

    C'est un vieil Arabe de Palestine qui a émigré aux USA en 1948.

    Il a enseigné les maths à l'université du Wisconsin puis a pris sa retraite à la campagne où il habite une maison avec un petit champ au bout de son jardin.
    Un soir il téléphone à son petit-fils qui fait ses études à la Sorbonne : "j'ai envie, sur mes vieux jours, de faire un potager au fond de mon jardin. Lorsque tu viendras en vacances, toi qui es fort, tu pourras m'aider à labourer. J'aurais préféré le faire moi-même mais je n'ai hélas pas la force de labourer tout le champ. Toutefois je vais peut-être essayer quand même de commencer".

    Trois heures après, en pleine nuit, le petit-fils rappelle son grand-père d'un cabine : "grand-père chéri, ne creuse surtout pas. Lorsque je suis venu avec mes amis l'été dernier, j'ai enterré LA CHOSE dans le champ. Ne touche surtout à rien ".

    A six heures du matin une nuée de véhicules de police entoure la maison du vieil homme. Police, FBI et CIA sont là. Ils creusent le jardin mais ne trouvent rien et repartent, bien déçus, laissant le professeur éberlué et son champ entièrement retourné.

    Quelques jours après le professeur reçoit une lettre de Paris : "mon grand-père bien-aimé, j'espère que tout s'est bien passé. Je ne peux venir maintenant et j'ai fait tout ce que je pouvais faire pour toi dans l'immédiat ".

    source : yalibnan.com

  • Plan banlieues

    En déjeunant dans le petit restaurant de cette cité dite défavorisée -ou sensible- je me retrouve à la table des "commerçants" : le boucher Aveyronnais, le buraliste Auvergnat, la marchande de chaussures Algérienne.
    « Alors ce plan, banlieues ? » La réponse vient de la plus vive de nous quatre, la femme, bien entendu. Une petite trentaine, blonde aux cheveux bouclés, elle me prend par surprise avec son air sérieux : « ça marche très bien, très, très bien… ».

    « Eh oui reprend le boucher, le deal est le suivant…Mais regardez à l’extérieur vous allez comprendre : alors, c’est pas le salon de l’auto chez nous  ? »
    Effectivement. Au dehors Mercédes, Audi et Honda toutes neuves sont arrêtées sur le parking, portes ouvertes. Des garçons d’une vingtaine d’années, impeccablement vêtus de survêtements et de baskets de marque discutent paisiblement.
    « Le plan banlieues ici c’est ça ! Vous voulez vendre votre came ? Pas de problème à condition que la cité soit calme. A la moindre agression, vol ou, bien sûr, tentative d’émeute, la police arrête le business, sans compter que l’un ou l’autre de ces jeunes et heureux propriétaires de voitures de luxe se retrouve en garde à vue puis, avec un peu de malchance, au repos pour 12 à 18 mois dans la prison toute neuve. »

    Poussé par le jeu j’enchaîne “c’est peut-être bien comme ça, au moins vous avez la paix “. “C’est même excellent" dit la marchande de chaussures qui pratique décidément l'humour noir. “On échange la santé et l'avenir de nos jeunes contre de la tranquillité jusqu’aux prochaines élections. Regardez ces petits de 12 ans qui jouent innocemment à côté des voitures de leurs aînés. Ils ne sont pas mignons ? Mais ils n’ont qu’une idée : s’ils ne peuvent pas devenir footballeurs ils feront comme eux et deviendront dealers. C’est pas beau ça ? Et puis ils ne vendent pas qu’aux jeunes du lycée technique ou aux bobos de la haute ville. De la drogue il s’en consomme ici aussi.”
    Le buraliste enchaîne “alors quand j’affiche l’Express avec leur article sur la cocaïne, tout le monde se marre, ou pleure, c’est selon -la mère du gamin qui avait été défénestré il y a 5 ans pour avoir dit ce qu’il ne fallait pas dire, elle pleure, elle, bien sûr-  mais ce qui est certain c’est que la cocaïne, elle n'est pas loin.”
    A ce moment un jeune de 20 à 24 ans arrive dans le café. Très pâle, il semble épuisé et commande un café au comptoir. “Celui là, dit le buraliste, il a rien compris. Levé à 3 heures du matin il travaille à l'hyper pour porter la bouffe qui arrive par camion au petit matin et doit être mise en rayons. A midi il rentre, dort une heure, peut à peine manger et à deux heures il est à son deuxième travail à manier du papier et des bouquins chez un grand libraire. Il fait comme ça une journée de 8 heures à l’hyper et une de 4 heures à son deuxième boulot. Résultat 1000 euros net à peine parce que certains jours ils n'ont pas besoin de lui. Sa femme ne travaille pas faute de papiers et s’occupe du bébé. “
     “ Pourquoi ne fait-il pas comme les autres ? “
     “ Quand on connaît la mère on a la réponse, c’est religion, religion et religion. Sur les murs, que des photos de La Mecque ou des versets du Coran. C’est bien beau mais on se demande des fois qui a raison.”

     

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    En repartant je me gare et je passe devant le monument "aux martyrs de l’Algérie Française". Une bannière est déployée : « union des rapatriés", je crois.
    Et j’entends de petites voix chevrotantes pousser, timidement, le chant des Africains.
    Rewind. Retour en arrière. Je me souviens de l’avoir chanté en 1964 , jeune lycéen, place Saint Michel. L'Algérie était perdue mais c'était toujours le chant de ralliement. A gauche sur le boulevard, barrage de cars de police. Au milieu, nous et la fontaine Saint-Michel. A droite dans la rue qui remonte vers l’Odéon, les gauchistes, lourdement équipés, casques de moto, matraques. Souvenirs d’une défaite, suivie de quelques autres. Nos voix ne tremblaient pas, comme celles d’hier au monument, mais on avait peur. Comme on préférait encore les gauchistes à la police on a percé vers l’Odéon. C’était le but recherché : qu’on se frappe entre « fraternels adversaires ». Quatre ans après, en mai 1968, même si on avait mis le temps on avait fini par comprendre et, gauchistes ou pas, tous étaient du même côté de la barricade.
     
    Remarquez que les rapatriés ne sont pas très rapides non plus. Comment peuvent ils se tromper –et se laisser tromper- en permanence ?
    Actifs, intelligents et courageux ils mettent en valeur une terre bénie des dieux. Ils la développent de façon exemplaire. Mais –tout petit détail- ils oublient qu'il y a des hommes qui étaient là avant leur arrivée et leur grand bond en avant. Et les Arabes ou les Kabyles, déshérités du pays qui est le leur, ne reçoivent même pas les soins que les Européens prodiguent à leurs vignes.
    En 1960, un lieutenant des SAS*, que j’admirais comme un chevalier de jadis (Ah, ce képi couleur du ciel de ses yeux et ces galons dorés comme le blé au soleil ! ) confiait ceci à l'enfant que j'étais : "mon instituteur -un appelé Bourguignon qui fait la classe, donne la douche et nourrit quarante petits garçons et filles de 4 à 10 ans- me montre  des gamins qui souffrent de tumeurs incroyables ou de maladie des yeux inconnues en métropole. Aucun suivi médical. Pas de médecins. Sauf le jeune médecin aspirant qui y fait son service depuis quelques mois. Seul avec sa jeep et un infirmier dans un secteur de 200 kilomètres carrés. Et pourtant les villages, par l’émigration saisonnière, fournissent la main d’œuvre  des plus grandes exploitations de la région. Mais l'administration et les pieds-noirs s’en moquent. Ca durera ce que ça durera. ».
    Comme le plan banlieue de mes amis les commerçants ?
     
    Et un  jour, on aurait pu s’en douter, les Arabes et les Kabyles en ont eu assez. Dans la crainte de l’indépendance, les Français d’Algérie ont amené au pouvoir le seul qui avait toujours dit que les Européens n'avaient pas leur place sur cette terre : De Gaulle qui, bien sûr, s’empresse de joindre le geste à la parole et les fait déguerpir. C'était un homme de droite, l'autorité…bien rassurant pour les vieilles Algéroises…La seule différence c'est que les seuls à les avoir défendus étaient les socialistes, Mitterrand notamment, et dès 1954. Mais les pieds-noirs l'avaient déjà oublié en 1958.
    C’est un destin de toujours se tromper. Le couronnement -c’est le cas de le dire- c’est quand ils ont voté aux dernières présidentielles pour le seul candidat qui représentait l'exact contraire de ce qu’ils voulaient. En fait ils ont toujours, depuis 1830, choisi l’ordre fort contre l’ordre juste. Et parfois un peu méprisé ceux qui étaient différents d’eux : il paraît que ça ne marche pas le mépris et la force, ensemble.
     

    *SAS : sections administratives spécialisées, organisées par l'armée dès novembre 1955 pour pallier le sous développement administratif de l'Algérie rurale. Sous-développement que les militaires ont découvert et auquel ils ont tenté de remédier en moins d'un an. Alors que depuis plus d'un siècle l'Etat ne s'en était pas avisé. On comprend peut-être mieux les choses en marchant dans la boue qu'en glissant sur les parquets cirés des ministères.

  • "Caramel " de la Libanaise Nadine Labaki.

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    Comment ne pas être séduit par « Caramel » premier long-métrage de la Libanaise Nadine Labaki ?

    Comme l’expliquent « secrets de tournage » du site Allocine.fr, Nadine Labaki a choisi le titre Caramel pour deux raisons : « C'est la pâte épilatoire faite à la manière orientale : un mélange de sucre, de citron et d'eau que l'on fait bouillir jusqu'à ce qu'il devienne du caramel. On étale ce mélange sur du marbre pour qu'il refroidisse un peu. Et l'on en fait une pâte qui sert à épiler. Mais Caramel c'est aussi l'idée du sucré salé, de l'aigre-doux, du sucre délicieux qui peut brûler et faire mal. »

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    Le choix de l'institut de beauté comme lieu de l'action n'est pas dû au hasard. "C'est un lieu où, même si on est regardé dans ce qu'on a de plus intime, on n'est jamais jugé. La femme qui nous épile nous voit nue, au sens propre comme au figuré, car c'est un moment où l'on ne triche pas. Peu à peu, on lui raconte notre vie, nos peurs, nos projets, nos histoires d'amour etc."

    Nadine Labaki incarne le personnage principal amoureux d’un homme marié, qui va faire connaissance de son épouse au salon et renoncer alors à cette liaison ; il semble que la gentillesse et la douceur de l’épouse révèlent à l’héroïne la médiocrité d’une telle aventure.

     

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    Un personnage délicieux -entre beaucoup d’autres, tous attachants- est celui de Lili, vieille fille un peu dérangée qui ramasse tous les papiers dans la rue. Y compris les nombreux PV de l’héroïne du film, au grand dam de l'agent de police, lui-même amoureux transi de cette héroïne.

    La pauvre Lili les ramasse car elle se persuade que ce sont des lettres d'un hypothétique fiancé.

    Ce rôle est inspiré de l’histoire d’une jeune Libanaise tombée amoureuse d'un officier français à la fin de la guerre. Après son départ il lui écrit tous les jours. Mais les parents de la jeune fille cachent toutes ces lettres. Elle finit s'en rendre compte, perd la raison et, à plus de 80 ans, continue à ramasser tout ce qui ressemble à une lettre.
    Le choix de Aziza Semaan pour incarner Lili est le fruit du hasard : "Aziza Semaan doit avoir dans les 85 ans… je l'ai aperçue dans la rue un Vendredi Saint. Tout de suite je me suis dit que c'était la Lili dont je rêvais. C'est une Chrétienne qui ne parle qu'arabe et qui est à la fois très sage et très rigolote."

    On lui doit la scène de la prière dans son lit avec sa soeur plus jeune - une soeur qui se sacrifie pour elle- où Lili en a assez de dire le chapelet et dit à sa petite soeur "on demandera au père Constantin de dire la prière, il le fera mieux que nous".

    Mais il semble que de nombreux spectateurs Français aient été choqués de voir la place de la religion dans le quotidien des Libanais. La statue de la Sainte Vierge avec laquelle les processionnaires entrent dans le salon de coiffure les aurait dérangés... Ce sont sans doute ces mêmes spectateurs hyper-sensibles qui se régalent de l’horreur de la série US « Bones » où l’on montre des cadavres tournés en dérision ou des évocations vraiment honteuses de « sex and the city » ou encore de l’intense vulgarité d’Arthur, Fogiel et autres !

    À noter que ces processions ne sont pas réservées au Liban, puisque même en Tunisie, pays 100% musulman, on voit dans « un été à la Goulette » les Italiens organiser la procession du 15 Août avec, bien sûr, la statue de la Sainte Vierge. Peut-être que dans les pays Arabes on a le coeur plus pur et l'esprit moins tordu que nous autres, Européens un peu trop tourmentés ? On ne peut avoir inventé la psychanalyse sans en subir les conséquences. Comme ricanait Freud en arrivant aux Etats-Unis "ils ne savent pas que je leur apporte la peste !"

    Il est peut-être temps de laisser aux religions toute leur place et de cesser d’en avoir peur car la peur favorise l’extrémisme. La phrase de Jean-Paul II qui restera dans l’histoire des hommes est certainement le " n’ayez par peur "  des JMJ.

    Dans le même ordre d’idée, construisons enfin des mosquées en France partout où les musulmans souhaitent et ont les moyens d’en construire. Dans un pays où les églises sont si nombreuses et où, sur chaque chemin, on rencontre cent croix et dix oratoires, il ne faut pas avoir peur de construire quelques centaines de mosquées, bien au contraire. Le seul langage d’un maire devrait être le suivant : « vous voulez une mosquée ? C’est parfait. Je faciliterai toutes vos démarches. À une condition, toutefois : qu’elle soit belle. Si votre projet n’est pas beau, vous n’aurez rien. S’il est beau je suis à fond avec vous. Dieu, infiniment bon mérite, non pas l’infiniment beau qui n’est pas à notre portée, mais le plus beau que l’on puisse lui donner. »
    Si j’ai vu tant de merveilles dans ma vie, j’ai aussi vu beaucoup d’horreurs et ma sensibilité s’est un peu émoussée. Mais chaque dimanche, à chaque lecture de l’Evangile, je dois pourtant retenir mes larmes, maîtriser l'émotion qui m'envahit. Cette même émotion que je ressens à Tunis en entendant l'appel à la prière. Parce que lorsque Dieu nous parle nous sommes tous de petits enfants devant la beauté de la Foi.
    Musulmans, Chrétiens ou autres croyants, n’ayons pas peur de la religion des autres. Et cela d’autant moins que nous tenons à la nôtre. N’est-ce pas là une leçon de ce film tendre, émouvant et drôle ?

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  • La page oubliée du 22 mars 2008.

    La semaine dernière, le 8 mars 2008, l'indice était "Angleterre et Australie", car le texte était de Nevil Shute, écrivain Anglais de l'aviation qui émigra et mourut en Australie.

    Dans "le sixième livre", roman d'où la page du 15 mars était extrait, il relate l'histoire de son chef mécanicien Connie, un homme qui avait une foi absolue : "c'était un homme comme tout le monde, un homme magnifique, merveilleux mais un homme... Peut-être mes mes yeux que n'ont-ils pas su voir... Parce que cela signifie que dans les champs et les fermes d'Angleterre, sur les aires d'envol du désert et de la jungle, dans les hangars du golfe Persique et sur les pistes bétonnées des îles du Sud, j'ai eu Dieu pour compagnon." 

     

    Mais il s’agit de trouver maintenant la nouvelle auteure de la page oubliée. Indice : chatte.

     

    Je m'échappe, mais je ne suis pas quitte encore de toi, je le sais. Vagabonde et libre, je souhaiterai parfois l'ombre de tes murs...

    Combien de fois vais-je retourner à toi, cher appui où je me repose et qui me blesse ?

    Combien de temps vais-je appeler ce que tu pouvais me donner, - une longue volupté, suspendue, attisée, renouvelée...la chute ailée, l'évanouissement où les forces renaissent de leur mort même...le bourdonnement musical du sang affolé...l'odeur de santal brûlé et d'herbe foulée.. Ah ! tu seras longtemps une des soifs de ma route ! 

    Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l’eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle…Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d’un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l’oiseau, la voile, le vent et la vague.

    Tu gardes la plus tenace : une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau…

    Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moins jusqu’au jour où mes pas s’arrêteront et où s’envolera de moi une dernière petite ombre…qui sait où ?
     

     

  • A Tunis

    À l’entrée de l'exposition un professeur de l’école des beaux-arts écrit les noms des visiteurs en calligraphie Arabe. Il est si habile, si précis que nous nous arrêtons. Bientôt nous lui demandons d’inscrire les prénoms de toute la famille. Très vite d’autres s’arrêtent et une petite foule le regarde, sans un mot, fascinée.

    Ce silence absolu est rare car si les gens sont discrets –seules les Françaises en visite sont bruyantes, jugent, critiquent- ils sont gais, plaisantent et rient facilement, mais le talent demande du silence.
    A l’intérieur des trois halles de cette exposition artisanale -car ici on respecte le Français et l’on n'écrit pas « hall » mais « halle »- les femmes ne sont pas majoritaires, elles sont omniprésentes. Très peu d’hommes dans les stands et dans les allées. Toutes les femmes d’un petit pays si divers semblent réunies. Depuis celles de la campagne en tenue traditionnelle à l’ingénieure qui réalise des chefs d’œuvres « pour se détendre le soir et le week-end ».

    A midi, au self-service, je m’assieds seul à une table pour manger deux rougets . Un papa et sa petite fille s’approchent et le père me demande s’il peut s’asseoir. J’en suis heureux car je n’aime pas être seul et il y a beaucoup de tables libres, les visiteurs et les exposants ne déjeunant que beaucoup plus tard. Ils ont un seul plateau avec une salade et un poulet frites. Je pense qu’ils vont le partager mais ils ne le font pas. C’est la petite fille qui le grignote –il y a beaucoup trop à manger pour elle- et le père la regarde, extasié, comme on le ferait d’un miracle sans cesse renouvelé. Et c’est vrai que pour un père chacune de ses filles est un miracle, un chef d’œuvre et un mystère.
    Ils sont tous les deux minces et graves. J’apprends que la petite a six ans. Les cheveux noirs, les yeux d'un brun profond, elle mange de petits morceaux de poulet avec ses mains et je dis à son père qu’elle est jolie. Il me remercie mais ce n’était pas un compliment, seulement une remarque spontanée provoquée par son charme. Elle a la grâce de l’enfance, les gestes souples de son père, les traits fins de son ethnie, le visage sérieux et gai du peuple Tunisien.

    L’après-midi, je rends visite à un grand industriel, les plus ancien de sa profession en Tunisie. Dans le hall de ce qui est devenu une institution après plus d’un siècle d’efforts, une jeune employée en blouse bleue respire, sans oser l'utiliser, un vaporisateur que j’avais apporté : je lui dis qu’elle peut s'en servir. Elle est ravie et me remercie avec grâce, la grâce des simples à qui la vie offre chaque jour quelques instants de bonheur.

    Le Christ a dit « heureux les simples car ils verront Dieu » et j’avais mal interprété cette phrase pensant qu’Il parlait du paradis à venir. Aujourd’hui le sens caché m’apparaît, c’est : « ils verront Dieu toute leur vie ».

    Ce matin le chant des oiseaux me réveille un peu avant six heures. Je pense au beau texte de M. Ramadan (en intégralité sur ce blog le 11 mars 2008) : « voici le chant des oiseaux. Où donc résonne le chant des hommes ? »
    Dieu, infiniment bon, fait aussi rayonner le visage des Tunisiennes.

  • Vols Marseille Tunis et Tunis Marseille

     

    À l’aller ce sont des femmes Arabes d’âge mûr qui se chargent de l’animation.

    Décolorées en blond, parées en bruyantes messagères d’un Occident qui a le devoir de faire rêver ceux qui vivent encore au pays, elles accaparent le plus clair du temps des employés de l’aéroport.

    Munies d’énormes bagages à main qu’elles savent inacceptables en cabine, elles vont d’abord chercher la cousine ou le cousin qui acceptera d’en prendre une partie : « Nour, tu peux prendre ça, ils ne veulent pas me laisser monter ». Nour considère l’énorme sac en plastique armé traîné par la tante Fatima, embrasse sa parente et s’enfuit sans répondre, terrorisée, vers la porte d’embarquement.

    Elle ne saura jamais comment Fatima  a fait son compte mais le fait est là : à l’arrivée à Carthage l’énorme sac en plastique si joliment coloré en bleu, blanc et rouge suit fidèlement la tante bien-aimée.

     

    Si l’aéroport frais et de marbre revêtu joue le jeu des apparences mondialisées la file d’attente à la police -qui a pourtant ouvert plus de dix postes d’accueil contre au maximum quatre en France- laisse deviner la suite. Vous arrivez dans un lieu où le temps n’a pas la même valeur, s’il en a une. Pour arriver à une résultat similaire les fonctionnaires ont des stratégies différentes selon les pays. Ainsi le fonctionnaire Français fait son travail le plus vite possible pour en être débarrassé et se reposer tandis que le fonctionnaire Tunisien fait le sien le plus lentement possible pour ne pas se fatiguer.

    Suggestions et pistes de progrès : réserver des postes d’entrée aux voyageurs munis de passeports Tunisiens et  apprendre aux policiers à sourire, ne sont-ils pas notre premier contact avec la « Tunisie amie » ?

    Au retour les femmes Arabes d’âge mûr se chargent derechef de l’animation.

    Je suis contre le hublot. À ma droite un jeune marié bronzé par le soleil du printemps d’Hammamet. À sa droite à lui, contre l’allée, une jeune femme toute aussi bronzée. Ils sont heureux de leurs vacances, amoureux et taquins.

    Derrière nous une dame d’une cinquantaine d’années. Si ce n’est Fatima, c’est donc sa sœur. Elle a rempli les casiers qui nous surplombent de bagages variés répandant une délicieuse odeur d’harissa maison. Non, la vraie, pas celle en boîte, celle qu’on fait à la maison avec nos tantes. On n’imagine pas le rôle des tantes dans la société Tunisienne. Ces êtres primesautiers sont toujours porteurs de bonnes nouvelles, un peu frondeurs par l’intermédiaire de leurs cousins et cousines à qui elles communiquent un esprit de rébellion de bon aloi. Ces tantes sont de surcroît généralement bonnes cuisinières et indulgentes. À l’occasion d’un mauvais bulletin, elles expliquent à Farid qu’il ne faut pas en vouloir aux parents qui s’énervent et que tout cela s’arrangera au trimestre suivant. À Nora qui sanglote parce que son amoureux ne veut plus lui parler elles font comprendre qu’à seize ans au mois d’août, dans trois mois à peine, elle aura oublié ce freluquet en dansant dans les mariages des autres cousins et cousines.

    Tout d’un coup la jeune mariée s’adresse à son tendre époux : « idiot, arrête de me pincer l’oreille ». Plongé dans la lecture des Tuniques bleues, il atterrit avant l’heure, s’ébroue –au figuré, car il n’y a pas de place- et répond « mais chérie, je n’ai pas bougé » « très drôle… ». Deux minutes s’écoulent : « arrête tu me fais mal » « mais je n’ai rien fait ! ». Alors les deux amoureux relèvent la tête et un même cri d’horreur et de surprise fait se lever tous les visages de la cabine.

    C’est la superbe langouste ramenée par Fatima II à ses cousins de Grenoble qui étend majestueusement une patte poilue terminée par une pince qui frôle l’oreille droite de la jeune femme.

     

    Le calme revenu et la langouste sagement repliée, nous atterrissons. L’attente est beaucoup plus brève. Mais pas plus ludique. Une dame Noire, qui a dû pour quelque obscure raison transiter par Tunis, n’est apparemment pas la bienvenue aux pays des droits de l’homme blanc. À noter que plus le teint est sombre plus les fonctionnaires de la police de l’air et des frontières s’assombrissent aussi et haussent le ton. Peut-être pensent-ils que les noirs entendent moins bien que les blancs ?

    Suggestion et piste de progrès : apprendre aux policiers à sourire, ne sont-ils pas notre premier contact avec la «  la France , terre d’asile» ?

    Après ce moment désagréable, la détente.

    Délicatement maniés par de scrupuleux bagagistes Marseillais les valises et les sacs s’écrasent sur les tapis. Faux Vuitton et vrais Lancel subissent le même sort que le grand sac bleu blanc rouge de Fatima II qui rebondit sur le tapis et heurte les carreaux de la salle. Alors, comme au ralenti, la fermeture éclair se déchire et douze bouteilles d’huile d’olive de Tunisie explosent. Et, ainsi que les douze apôtres pour la parole de Dieu, elles font jaillir une pluie dorée qui inonde les plus proches passagers sans distinction de passeport.

     

    C’est sous les insultes ou les vivats – selon que l’on n’a été ou non atteint par le précieux liquide- que Fatima II quitte la salle et, après un inoubliable « ça peut arriver à tout le monde, non ? » passe devant les douaniers stupéfaits, suivie d’une traîne dorée où glissent les imprudents qui lui ont emboîté le pas.

    Et elle apparaît dans l’aérogare, toute illuminée d’or, dans le halo de sainteté qui sied aux tantes de bonne volonté.

  • Les taxis de Tunisie.



    Une Française à son mari devant l’aéroport de Tunis en voyant défiler les Clio, Corsa et autres Polo repeintes d’un jaune déjà-vu à New York : « tu crois qu’ils sont aux normes ? »

     

     

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    Taxis à l'aéroport, photo du site www.fredak.com/tunisie/tunisie2003

     

    Sincèrement, Madame, je n'en suis pas sûr, surtout aux vôtres d'ailleurs, et j’en suis ravi. Comme je suis ravi en arrivant ici de retrouver l’omniprésente poussière et de ne pas boucler ma ceinture de sécurité.
    Cela dit de quelles normes parlait cette honorable dame ? Parce que question normes, notre civilisation en produit tellement et en permanence qu’au fond il existe peut-être une norme dans laquelle les taxis Tunisiens pourraient se faufiler comme ils le font dans les embouteillages avenue Bourguiba.

    Je rêve d’une norme stipulant les obligations ci-dessous.

    La nouvelle norme T.T ISO 19999 TN

    1-Présentation :
    couleur jaune appliquée à l’extérieur uniquement, retouches artistiquement faites au pinceau,
    couverture en velours synthétique sur le tableau de bord.

    2-Équipement intérieur :
    décoration générale respectant l'esprit de celle du tableau de bord,
    éclairage constitué par des ampoules de phare aléatoirement branchées sur le circuit électrique avec interdiction absolue de réaliser le même montage d’un véhicule à l’autre,
    nettoyage intérieur interdit,
    radio de récupération mono station ne diffusant que de la musique Arabe, volume bloqué à fond pour profiter au mieux de la distorsion,
    une porte arrière bloquée sur les deux.

    3-Comportement du chauffeur :
    gentillesse, bonne volonté et patience,
    formation à la discussion sur le thème du cousin qui habite Paris. Rue di la Glazire, tu connais pas, Madame ?


    En bref, norme ou pas norme, lorsque l’on s’assied dans le taxi on a vraiment changé de continent et ça fait vraiment beaucoup, beaucoup de bien.
    Oubliés le SriLankais bougon, l’asiatique muet ou le beauf à la Cabu en C6 qui font le bonheur des clients transis des aéroports de Paris (ADP). Encore que depuis quelque temps certains taxis jaunes de Tunisie s’essaient à leur ressembler au point de demander leur route aux passagers eux-mêmes -bien en peine de répondre- ou de ne pas engager leur voiture dans une rue trop boueuse à leur goût. Mais ne soyons pas pessimistes, nos impérissables valeurs d’esprit chagrin et de dédain du client n'ont pas encore franchi la Méditerranée.

    En France en effet les taxis de ville, dûment normalisés, pratiquent rarement la convivialité. Cette qualité n’est justement plus aux normes. On la considère comme une perte de temps.
     


     

  • La page oubliée du 15 mars 2008.


    La semaine dernière, le 8 mars 2008, l'indice était "pilote", car le texte était de Saint Exupéry et extrait de son livre "pilote de guerre"

     

    Il s’agit de trouver l’auteur de la page oubliée. Indice : Angleterre et Australie.

     

    « Quarante-cinq prières par jour, ça peut vous sembler beaucoup dit-il en arabe. C’est ce que pensait Moïse. Pourtant tel était l’ordre de Dieu et Dieu est infiniment bon, infiniment miséricordieux. Il ne vous assignerait pas une tâche que vous ne pouvez pas exécuter. Des hommes qui travaillent comme vous le faites sur des avions peuvent prier Dieu quarante-cinq fois par jour avec la plus grande facilité, je vais vous dire comment.

    Je vérifie une partie du travail que vous faites sur ces moteurs et ces avions, dit-il. Dieu qui voit tout, qui sait tout, Lui vérifie tout. Vous venez me trouver et dites ; " j’ai remplacé cette tuyauterie d’admission et le travail est terminé ». Je viens voir s’il n’y a pas quelque faute, et je constate que tout est bien en place. J’examine les écrous et je vois que les colliers de serrage sont posés correctement, de manière à empêcher le desserrage des écrous, et c’est là tout ce que je peux voir. Je ne peux pas voir si les écrous n’ont été vissés qu’à la main ; je ne peux pas voir si vous avez exercé une pesée sur la clef et forcé tellement le serrage que les boulons sont tout près de flancher à cause de la tension. Tout cela m’est caché, mais rien n’échappe à l’œil de Dieu, qui voit tout…"

    Il fit une nouvelle pause.


    " À chaque travail que vous faites, chaque fois que vous serrez un écrou, chaque fois que vous nettoyez un filtre ou réglez des soupapes, arrêtez-vous un instant et tournez-vous vers La Mecque, joignez les mains et demandez humblement à Dieu l’Omniscient d’insuffler en vos cœurs la connaissance, de vous faire savoir si la besogne accomplie par vous a été bien faite ou mal… si vous agissez ainsi vous ne tarderez pas à constater que vous priez Dieu quarante-cinq fois par jour ou davantage comme il l’a ordonné au prophète en premier lieu.

    Moïse et Mahomet étaient parfaitement justifiés de demander une réduction du nombre de prières, parce que le peuple à cette époque se composait de nomades et de conducteurs de chameaux.

    Mais vous êtes des hommes éduqués dont le métier exige la plus grande compétence technique qui soit au monde, des hommes qui de ce fait sont plus près de Dieu. Dieu se montrera plus difficile vis-à-vis de vous que vis-à-vis des hommes ordinaires car les hommes comptent sur vous pour apprendre comment un beau travail doit être accompli.

    Et je vous le dis, le beau travail ne peut être accompli qu’avec l’aide et le concours de Dieu Omniscient."

  • Le chien de ma cousine (1/2).

    Le chien de ma cousine : première partie. La deuxième partie samedi prochain.
     
     
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    C’est un cavalier King Charles blanc et roux, au poil soyeux qui vous regarde en penchant la tête sur le côté et en remuant doucement une queue qui prend pour l’occasion une position parfaitement horizontale alors qu’elle est plutôt basse d’habitude.
    Animal très paisible qui recherche les coussins mais dédaigne les lits -c’est un peu haut- il a une caractéristique très particulière que je ne peux encore dévoiler, mais…attendez la suite.

    Ce joli animal est un chien ordinaire, c’est-à-dire que ses centres d’intérêt sont strictement limités au nombre de deux. Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il a comme beaucoup de chiens très bon cœur et sa vie c’est son foyer c’est-à-dire ma cousine, son mari, ses trois filles et le chat qu’il aime tendrement. À me relire c’est plutôt ma cousine, son mari, ses trois filles qu’il aime tendrement et le chat.


    C’est donc bien un chien ordinaire dont les deux centres d’intérêt sont - nos lecteurs heureux propriétaires le savent- la nourriture et le bout de son zizi, seule partie de lui-même qu’il entretient toutes les heures à grands coups de langue, négligeant complètement le reste qui est l’affaire des trois filles, une qui lave, une qui démêle, une qui sèche -pas terrible le séchoir- et trois qui coiffent - c’est horrible ce souci de l'esthétique qu'ont les filles ! Je suis très beau avec mes poils sales et emmêlés !
    Cet entretien exclusif et permanent de son zizi est pourtant sans objet ce qui confirme que le temps consacré par les créatures de Dieu à se préparer à des choses improbables est bien plus important que celui qu’elles accordent à celles qui se produisent souvent et régulièrement.


    Oui ce léchage permanent est sans objet car les chiennes, éventuelles sujettes de son désir, sont étroitement surveillées par des maîtresses de 40 à 60 ans, minces -blondes ou devenues telles- barbourisées et hermésisées, connes à mourir et sans sourire.

    Notre quartier recèle un nombre incalculable de ces mégères de bon ton qui ont généralement épousé des officiers de marine, des hauts fonctionnaires ou quelques rares industriels.
    C’est un bien curieux phénomène que l’on n’observe même pas dans le XVI° à Paris, qui est beaucoup plus mélangé.

    Ici -chut !-il n'y a pas d'étrangers... 

    Inutile de vous dire qu’elles surveillent les arrières de leur canichette préférée avec l’attention qu’un guérillero des FARC qui va faire ses courses à l’hyper de Bogota porte à ne pas être suivi en revenant au camp avec sa Playstation. Le chien de ma cousine n'a donc aucune chance d'utiliser un jour cette partie de son anatomie qu'il soigne tant.

    Mais ce chien ordinaire a quelque chose d’extraordinaire. Oh, je vous vois venir : intelligence, affection etc. Pas du tout.
    C’est pourtant ce que l’on pourrait imaginer car tous les maîtres vous le diront, leur chien est exceptionnel.

    Par exemple, moi qui vous parle (le cousin de ma cousine) j’ai eu deux chiens à 18 ans d’intervalle. Le premier, un berger Allemand, était normalement intelligent -sans plus- mais était abominablement télépathe. Il savait nettement ce que je pensais et, chose curieuse, étendait ce pouvoir à ceux qui étaient proches de moi : il lisait dans leurs pensées, sans les regarder alors que l'on aurait cru qu'il dormait. C’est extrêmement troublant mais, je vous l’assure, cela facilite la vie, surtout si l’on n’est pas bavard. Finis les « viens ici, assis, on y va, attends- moi… ». Par contre on est obligé de se surveiller en permanence. Je me souviens du jour où passant à côté d’une boucherie en me demandant où ils jetaient la viande j’ai vu une poubelle qui me parut convenir à cet usage. Un dixième de seconde après la poubelle était renversée et il courait tenant dans sa gueule un intestin qui se déroulait avec grâce derrière lui.

    Le deuxième, un Yorkshire terrier était -peut-être du fait des ses origines Anglaises- un chien déducteur. C’est-à-dire qu’il bâtissait des raisonnements. Lorsque le soir de son arrivée à la maison (il n’avait pas trois mois) il est venu dans le salon avec sa petite tasse d’eau vide entre les dents nous avons été surpris. Autant que le jour où à la campagne après avoir vainement chassé des taupes dans un champ, il s’est assis, a considéré les mottes levées par elles, a suivi des yeux la courbe qu'elles dessinaient et est allé creuser un peu après la dernière pour aboutir à ses fins.

    Mais tout cela nous éloigne du chien de ma cousine et de ce qu’il a de si particulier, extraordinaire même… et surtout, hélas, fort embarrassant !
    Je vous le dirai dans quelques jours car ma note est un peu longue. À bientôt !

     

    La semaine prochaine : un chien très spécial 

  • M. Ramadan et le terrorisme

    Voici ce que nous écrit un lecteur à propos de la note du 11 mars où je vous livrais un très beau texte de M. Ramadan :


    "et le terrorisme lui ? Pourquoi Ramadan ne condamne pas les actes terroristes ? Pire il les justifie toujours?"

    Et il appuie son propos par des explications que vous pouvez lire dans les commentaires.

    Mais l'auteur de cette page sublime est le frère de Tariq Ramadan à qui vous faites ce reproche. Il est aussi à Genève et est professeur de français.

    Par contre je vous remercie de soulever une question immense à laquelle on peut, je crois, répondre simplement.
    Oui, le terrorisme n'est pas acceptable.
    Mais il est d'autant moins lorsqu'il est le fait d'un Etat – comme disait Nietzsche,
    "l'Etat est le plus froid des monstres froids".
    On ne sortira du terrorisme que lorsqu'un homme d'état Israélien ou Palestinien condamnera tout terrorisme ou contre-terrorisme et y
    renoncera UNILATÉRALEMENT. Il faudra qu'un jour un homme ait ce courage exceptionnel. Ce sera peut-être d'ailleurs une femme.

    Le terrorisme d'Etat contre des civils aboutit à ce que j'ai vu à Beyrouth : une petite fille de trois ans qui venait d'ête amputée d'une jambe à la suite de l'explosion d'un obus. C'était un spectacle terrifiant, et je peux comprendre le désir de vengeance de proches assistant à cela.

    Mais en m'approchant d'elle je me suis aperçu que son visage était serein. Depuis j'ai toujours pensé que Jésus, comme un grand frère, lui tenait la main.

  • M. Ramadan

    Voici, en version intégrale un texte de M. Ramadan, publié sur son blog de la tribune de Genève. Il n'y a rien à ajouter devant tant de beauté.

     

    Existe-t-il une plus belle vérité ?


    Je revenais ce matin de la mosquée après avoir accompli la prière du matin. En me rendant au bord du quai, j’ai été frappé par la beauté mélodieuse du chant d’un oiseau haut perché quelque part dans les arbres. Trop souvent, le bruit de l’agitation journalière nous empêche d’être sensibles à la beauté des choses naturelles. Mais à l’aube, avant que le soleil ne se lève, il existe un moment magique où tout se révèle dans la transparence de l’être. Car tout a un sens, quand bien même ce sens nous échappe.


    Pour qui chantait cet oiseau, faisant écho à la récitation recueillie des imams ? A l’heure où beaucoup dorment encore ?
    Le Coran dit : « Nous avons accordé une grâce à David de Notre part. Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges de Dieu) ! » (34,10) David récitant les Psaumes merveilleux et les prières sublimes que lui inspirait son Seigneur devait ainsi être accompagné par l’écho des montagnes et le chant des oiseaux !


    Adoration de toute la création, dont nous ne comprenons pas nous autres le langage secret : « Les sept cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent célèbrent Sa gloire. Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Certes, c’est Lui qui est Indulgent et Très Pardonnant. » (Coran, 17, 44)
    Ce qui signifie que tous les êtres sont pareillement soumis à Dieu : de la plus infime particule de l’atome aux galaxies les plus éloignées, toute la création obéit à la loi divine, et rend grâce au Créateur.
    Aux êtres humains cependant a été donnée la liberté fondamentale de se soumettre ou de se rebeller : « Ne vois-tu pas que c’est devant Dieu que se prosternent tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup d’hommes ? Il y en a aussi beaucoup qui méritent le châtiment. Et quiconque Dieu avilit, personne ne peut l’honorer. Dieu fait en vérité ce qu’Il veut. » (Coran, 22, 18)


    La dignité de l’homme réside dans sa soumission à Dieu. A ceux qui ont choisi la rébellion ou l’indifférence, rejetant la religion naturelle, nous conseillons de laisser les vains discours et les spéculations oiseuses. Qu’ils fassent ce simple exercice : qu’ils sortent une heure avant l’aube et qu’ils prêtent seulement une oreille attentive à ce qui se dit : voici le chant des oiseaux. Où donc résonne le chant des hommes ?

  • La page oubliée du 8 mars 2008.

    La semaine dernière, le 1° mars 2008, l'indice était "docteur", car le poème était de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus, docteur de l'église.

     

    Il s’agit de trouver l’auteur de la page oubliée. Indice : pilote.

     

     

    Ma vérité est en morceaux, et je ne puis que les considérer l'un après l'autre. Si je suis vivant, j'attendrai la nuit pour réfléchir. La nuit bien aimée. La nuit, la raison dort, et simplement les choses sont. Celles qui importent véritablement reprennent leur forme, survivent aux destructions des analyses du jour. L'homme renoue ses morceaux et redevient arbre calme.

    Le jour est aux seènes de ménage, mais, la nuit, celui-là qui s'est disputé retrouve l'Amour. Car l'amour est plus grand que ce vent de paroles. Et l'homme s'accoude à sa fenêtre, sous les étoiles, de nouveau responsable des enfants qui dorment, du pain à venir, du sommeil de l'épouse qui repose là, tellement fragile et délicate et passagère. L'amour, on ne le discute pas. Il est. Que vienne la nuit, pour que se montre à moi quelque évidence qui mérite l'amour ! Pour que je pense civilisation, sort de l'homme, goût de l'amitié dans mon pays. Pour que je souhaite servir quelque vérité impérieuse, bien que, peut-être, inexprimable encore ...

    Pour le moment, je suis tout semblable au chrétien que la grâce a abandonné. Je jouerai mon rôle, avec Dutertre, honnêtement, cela est certain, mais comme l'on sauve des rites lorsqu'ils n'ont plus de contenu. Quand le dieu s'en est retiré. J'attendrai la nuit, si je puis vivre encore, pour m'en aller un peu à pied sur la grand-route qui traverse notre village, enveloppé dans ma solitude bien-aimée, afin d'y reconnaître pourquoi je dois mourir.

     

  • A l'église

    La messe du dimanche soir dans mon quartier s’est bien transformée au fil des mois.

    Elle attire de plus en plus de monde. Tout le monde est épuisé le samedi. Le dimanche matin on préfère aussi rester au lit. Alors on va à la messe le dimanche soir.
    Les prêtres changent souvent. Il y a d’abord les prêtres étrangers. Ils sont tous différents mais ont un point commun : ils sont incompréhensibles. Lorsqu’un prêtre sud-américain vous dit « Pierre et les apôstles sé sont enfilés dans lé lag dé Tibériate » vous vous réveillez brutalement si vous aviez eu tendance à somnoler au fil de l'hermétique discours débité avec application depuis douze minutes. Je sais qu’il voulait dire « ont jeté leurs filets dans le lac de Tibériade » mais ce sont des choses qu’on n’oublie pas.
    Ce sont de bons moments. Et d’abord de voir à quel point les paroissiens se retiennent de rire ou écoutent avec application sans manifester quelque impatience que ce soit. Leur charité n'est pas un vain mot.

    Et puis parfois, et de plus en plus souvent, une homélie tellement extraordinaire -par un prêtre que l’on n’avait jamais vu et que l’on ne revoit pas - tellement extraordinaire que l’on en reste marqué pendant longtemps.

    Deux d’entre elles me reviennent à l’esprit.

    Le première fois le prêtre était un professeur. Il nous expliqua pourquoi la bonne nouvelle annoncée par le Christ -vous êtes sauvés- ne pouvait pas être tolérée par les prêtres de son époque. En effet ceux-ci disaient « vous serez sauvés si vous menez une vie exemplaire et conforme aux dix commandements -je simplifie- à cette condition seulement, vous serez sauvés ».
    Sur ce le Christ arrive et dit « je vais vous annoncer une bonne nouvelle : vous êtes sauvés, de toutes façons. Par contre aimez-vous les uns les autres, mais vous êtes vraiment sauvés d'abord et avant tout. Si vous me donnez vos souffrances, je les prends et je vous garde un coin, là-haut. Je prends tout le mal. Moi, le fils du chef, je prends tout le mal pour moi et je vous sauve. 

    Bien sûr qu'il faut respecter les commandements, mais si vous vous aimez les uns les autres, tout ira bien. Même les pas-beaux, les mal-faits, les pauvres et les non-juifs. Le Livre, la Bible, c’est bien mais ce qui compte c’est l’Amour. Et contentez vous de l’Amour, ça sera déjà pas mal. »

    Dans ces conditions son destin était écrit. Il mettait à bas l'édifice de contrainte et de peur édifié par les scribes et les Pharisiens et c'était intolérable. il fallait qu’il meure. Point.

    Et dimanche dernier deuxième miracle. Le père nous parle d’une vieille dame. Malade, immobilisée, elle se dit inutile. Et le père lui explique qu’un tas de gens, grâce à elle, ont une vie différente. Sa fille, divorcée récemment, qui prend du temps pour s’occuper de sa maman et oublie ainsi son chagrin. Son fils, chômeur après avoir fait de mauvaises affaires, qui reste auprès d’elle et y trouve une raison de vivre. L’aide ménagère, l’infirmière. Et le père lui-même. Non cette dame n’est pas inutile.

    Vive la messe du dimanche soir !

  • La page oubliée, samedi 1° mars 2008

    Il s’agit de trouver l’auteur de la page oubliée. Indice : docteur.
     
     

    Quand le Dieu des armées te donnant la victoire
    Tu chassas l’étranger et fis sacrer le roi
    Jeanne, ton nom devint célèbre dans l’histoire
    Nos plus grands conquérants pâlirent devant toi.
     
    Mais ce n’était encore qu’une gloire éphémère
    Il fallait à ton nom l’auréole des saints
    Aussi le Bien-Aimé t’offrit sa coupe amère
    Et tu fus comme lui rejetée des humains.
     
    Au fond d’un noir cachot chargée de lourdes chaînes
    Le cruel étranger t’abreuva de douleurs
    Pas un de tes amis ne prit part à tes peines
    Pas un ne s’avança pour essuyer tes pleurs.
     
    Jeanne, tu m’apparais plus brillante et plus belle
    Qu’au sacre de ton roi, dans ta sombre prison.
    Ce céleste reflet de la gloire éternelle
    Qui donc te l’apporta ? Ce fut la trahison.
     
    Ah ! si le Dieu d’amour en la vallée des larmes
    N’était venu chercher la trahison, la mort
    La souffrance pour nous aurait été sans charmes
    Maintenant nous l’aimons, elle est notre trésor.

  • Charmant porte-avions, Amiral, mais nous combattons dans le désert




    Extraits d’un article de Simon Jenkins dans The Sunday Times du 24 février 2008.

    Dans cet article l’auteur explique que les coroners (le coroner est un magistrat Britannique qui doit lors d’un décès décider des circonstances de la mort et dire si elle était ou non naturelle) donnant leur verdict à propos de la mort des militaires tués en Irak ou en Afghanistan, entendent, incrédules, des histoires de soldats mal équipés trébuchant dans ce qui pourrait être une moderne Crimée.
    « On leur parle d’hélicoptères défectueux, de véhicules mal protégés, d’absence de gilets de protection et d’assistance médicale insuffisante. »

    Il met en relief le fait que les crédits de la défense sont axés vers des armements coûteux  tels l’Eurofighter (vous avez dit Rafale ?), les nouveaux porte-avions (silence dans les rangs !) etc.
    Tout ce qu’il appelle les « pet-projects » qui permettent au gouvernement de ne pas paraître laxiste en matière de défense : « le gouvernement a en effet décidé de faire comme s’il était encore en train de combattre les Russes (et peut-être les Allemands). »

    Le résultat en est que les besoins de l’armée de terre, pas très spectaculaires mais urgents en hélicoptères de combat et transports de troupes sont ignorés. De même que les lance-grenades, les postes de radio, les gilets et les équipements de vision nocturne.
    Pour illustrer cet état de fait Simon parle d’un contact qu’il eut, au moment de l’embargo contre l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, avec Armscor, fabricant d’armes Sud Africain qui se félicitait des sanctions : « elles ont obligé les chefs d’état-major à arrêter d’acheter des trucs impressionnants dont ils n’avaient nul besoin, comme des bateaux et des avions et les ont amenés à développer des choses utiles ». Et il fait remarquer que c’est alors que l’Afrique du Sud à produit le meilleur canon de 155 du monde -le G5- et les blindés les plus adaptés à la guerre hors front  - les Ratel et Eland-…et les meilleures « desert boots ».

     

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    Un autre aspect des choses est que tout débat tombe dans le chauvinisme avec une armée de terre qui devra attendre 2011 pour une nouvelle livraison de Lynx à 14 millions de livres pièce afin de ne pas acheter à l'étranger des Sikorsky disponibles dès 2008 à 6 millions.
    Encore une fois j’espère que cela ne rappelle rien aux Français.

     

     

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    Nous finirons avec la « loi de kagan » selon laquelle si un ministre de la défense a le choix entre plus de soldats et un nouvel avion il choisira le deuxième qui ne parle pas, vit dans un hangar, est plus long à livrer et donc à payer et est soutenu par des lobbyistes plus nombreux.

     

    La fin est à traduire sans commentaires :

    «l’armée Britannique mène dans deux pays une guerre contre des forces dont l’équipement est primitif et qui n’ont jamais constitué une menace pour le pays. Et dans les deux cas elle la perd».

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