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amour

  • La page oubliée du 8 mars 2008.

    La semaine dernière, le 1° mars 2008, l'indice était "docteur", car le poème était de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus, docteur de l'église.

     

    Il s’agit de trouver l’auteur de la page oubliée. Indice : pilote.

     

     

    Ma vérité est en morceaux, et je ne puis que les considérer l'un après l'autre. Si je suis vivant, j'attendrai la nuit pour réfléchir. La nuit bien aimée. La nuit, la raison dort, et simplement les choses sont. Celles qui importent véritablement reprennent leur forme, survivent aux destructions des analyses du jour. L'homme renoue ses morceaux et redevient arbre calme.

    Le jour est aux seènes de ménage, mais, la nuit, celui-là qui s'est disputé retrouve l'Amour. Car l'amour est plus grand que ce vent de paroles. Et l'homme s'accoude à sa fenêtre, sous les étoiles, de nouveau responsable des enfants qui dorment, du pain à venir, du sommeil de l'épouse qui repose là, tellement fragile et délicate et passagère. L'amour, on ne le discute pas. Il est. Que vienne la nuit, pour que se montre à moi quelque évidence qui mérite l'amour ! Pour que je pense civilisation, sort de l'homme, goût de l'amitié dans mon pays. Pour que je souhaite servir quelque vérité impérieuse, bien que, peut-être, inexprimable encore ...

    Pour le moment, je suis tout semblable au chrétien que la grâce a abandonné. Je jouerai mon rôle, avec Dutertre, honnêtement, cela est certain, mais comme l'on sauve des rites lorsqu'ils n'ont plus de contenu. Quand le dieu s'en est retiré. J'attendrai la nuit, si je puis vivre encore, pour m'en aller un peu à pied sur la grand-route qui traverse notre village, enveloppé dans ma solitude bien-aimée, afin d'y reconnaître pourquoi je dois mourir.

     

  • A l'église

    La messe du dimanche soir dans mon quartier s’est bien transformée au fil des mois.

    Elle attire de plus en plus de monde. Tout le monde est épuisé le samedi. Le dimanche matin on préfère aussi rester au lit. Alors on va à la messe le dimanche soir.
    Les prêtres changent souvent. Il y a d’abord les prêtres étrangers. Ils sont tous différents mais ont un point commun : ils sont incompréhensibles. Lorsqu’un prêtre sud-américain vous dit « Pierre et les apôstles sé sont enfilés dans lé lag dé Tibériate » vous vous réveillez brutalement si vous aviez eu tendance à somnoler au fil de l'hermétique discours débité avec application depuis douze minutes. Je sais qu’il voulait dire « ont jeté leurs filets dans le lac de Tibériade » mais ce sont des choses qu’on n’oublie pas.
    Ce sont de bons moments. Et d’abord de voir à quel point les paroissiens se retiennent de rire ou écoutent avec application sans manifester quelque impatience que ce soit. Leur charité n'est pas un vain mot.

    Et puis parfois, et de plus en plus souvent, une homélie tellement extraordinaire -par un prêtre que l’on n’avait jamais vu et que l’on ne revoit pas - tellement extraordinaire que l’on en reste marqué pendant longtemps.

    Deux d’entre elles me reviennent à l’esprit.

    Le première fois le prêtre était un professeur. Il nous expliqua pourquoi la bonne nouvelle annoncée par le Christ -vous êtes sauvés- ne pouvait pas être tolérée par les prêtres de son époque. En effet ceux-ci disaient « vous serez sauvés si vous menez une vie exemplaire et conforme aux dix commandements -je simplifie- à cette condition seulement, vous serez sauvés ».
    Sur ce le Christ arrive et dit « je vais vous annoncer une bonne nouvelle : vous êtes sauvés, de toutes façons. Par contre aimez-vous les uns les autres, mais vous êtes vraiment sauvés d'abord et avant tout. Si vous me donnez vos souffrances, je les prends et je vous garde un coin, là-haut. Je prends tout le mal. Moi, le fils du chef, je prends tout le mal pour moi et je vous sauve. 

    Bien sûr qu'il faut respecter les commandements, mais si vous vous aimez les uns les autres, tout ira bien. Même les pas-beaux, les mal-faits, les pauvres et les non-juifs. Le Livre, la Bible, c’est bien mais ce qui compte c’est l’Amour. Et contentez vous de l’Amour, ça sera déjà pas mal. »

    Dans ces conditions son destin était écrit. Il mettait à bas l'édifice de contrainte et de peur édifié par les scribes et les Pharisiens et c'était intolérable. il fallait qu’il meure. Point.

    Et dimanche dernier deuxième miracle. Le père nous parle d’une vieille dame. Malade, immobilisée, elle se dit inutile. Et le père lui explique qu’un tas de gens, grâce à elle, ont une vie différente. Sa fille, divorcée récemment, qui prend du temps pour s’occuper de sa maman et oublie ainsi son chagrin. Son fils, chômeur après avoir fait de mauvaises affaires, qui reste auprès d’elle et y trouve une raison de vivre. L’aide ménagère, l’infirmière. Et le père lui-même. Non cette dame n’est pas inutile.

    Vive la messe du dimanche soir !

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