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tunisie

  • Tunisia : just fun

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  • Vols Marseille Tunis et Tunis Marseille

     

    À l’aller ce sont des femmes Arabes d’âge mûr qui se chargent de l’animation.

    Décolorées en blond, parées en bruyantes messagères d’un Occident qui a le devoir de faire rêver ceux qui vivent encore au pays, elles accaparent le plus clair du temps des employés de l’aéroport.

    Munies d’énormes bagages à main qu’elles savent inacceptables en cabine, elles vont d’abord chercher la cousine ou le cousin qui acceptera d’en prendre une partie : « Nour, tu peux prendre ça, ils ne veulent pas me laisser monter ». Nour considère l’énorme sac en plastique armé traîné par la tante Fatima, embrasse sa parente et s’enfuit sans répondre, terrorisée, vers la porte d’embarquement.

    Elle ne saura jamais comment Fatima  a fait son compte mais le fait est là : à l’arrivée à Carthage l’énorme sac en plastique si joliment coloré en bleu, blanc et rouge suit fidèlement la tante bien-aimée.

     

    Si l’aéroport frais et de marbre revêtu joue le jeu des apparences mondialisées la file d’attente à la police -qui a pourtant ouvert plus de dix postes d’accueil contre au maximum quatre en France- laisse deviner la suite. Vous arrivez dans un lieu où le temps n’a pas la même valeur, s’il en a une. Pour arriver à une résultat similaire les fonctionnaires ont des stratégies différentes selon les pays. Ainsi le fonctionnaire Français fait son travail le plus vite possible pour en être débarrassé et se reposer tandis que le fonctionnaire Tunisien fait le sien le plus lentement possible pour ne pas se fatiguer.

    Suggestions et pistes de progrès : réserver des postes d’entrée aux voyageurs munis de passeports Tunisiens et  apprendre aux policiers à sourire, ne sont-ils pas notre premier contact avec la « Tunisie amie » ?

    Au retour les femmes Arabes d’âge mûr se chargent derechef de l’animation.

    Je suis contre le hublot. À ma droite un jeune marié bronzé par le soleil du printemps d’Hammamet. À sa droite à lui, contre l’allée, une jeune femme toute aussi bronzée. Ils sont heureux de leurs vacances, amoureux et taquins.

    Derrière nous une dame d’une cinquantaine d’années. Si ce n’est Fatima, c’est donc sa sœur. Elle a rempli les casiers qui nous surplombent de bagages variés répandant une délicieuse odeur d’harissa maison. Non, la vraie, pas celle en boîte, celle qu’on fait à la maison avec nos tantes. On n’imagine pas le rôle des tantes dans la société Tunisienne. Ces êtres primesautiers sont toujours porteurs de bonnes nouvelles, un peu frondeurs par l’intermédiaire de leurs cousins et cousines à qui elles communiquent un esprit de rébellion de bon aloi. Ces tantes sont de surcroît généralement bonnes cuisinières et indulgentes. À l’occasion d’un mauvais bulletin, elles expliquent à Farid qu’il ne faut pas en vouloir aux parents qui s’énervent et que tout cela s’arrangera au trimestre suivant. À Nora qui sanglote parce que son amoureux ne veut plus lui parler elles font comprendre qu’à seize ans au mois d’août, dans trois mois à peine, elle aura oublié ce freluquet en dansant dans les mariages des autres cousins et cousines.

    Tout d’un coup la jeune mariée s’adresse à son tendre époux : « idiot, arrête de me pincer l’oreille ». Plongé dans la lecture des Tuniques bleues, il atterrit avant l’heure, s’ébroue –au figuré, car il n’y a pas de place- et répond « mais chérie, je n’ai pas bougé » « très drôle… ». Deux minutes s’écoulent : « arrête tu me fais mal » « mais je n’ai rien fait ! ». Alors les deux amoureux relèvent la tête et un même cri d’horreur et de surprise fait se lever tous les visages de la cabine.

    C’est la superbe langouste ramenée par Fatima II à ses cousins de Grenoble qui étend majestueusement une patte poilue terminée par une pince qui frôle l’oreille droite de la jeune femme.

     

    Le calme revenu et la langouste sagement repliée, nous atterrissons. L’attente est beaucoup plus brève. Mais pas plus ludique. Une dame Noire, qui a dû pour quelque obscure raison transiter par Tunis, n’est apparemment pas la bienvenue aux pays des droits de l’homme blanc. À noter que plus le teint est sombre plus les fonctionnaires de la police de l’air et des frontières s’assombrissent aussi et haussent le ton. Peut-être pensent-ils que les noirs entendent moins bien que les blancs ?

    Suggestion et piste de progrès : apprendre aux policiers à sourire, ne sont-ils pas notre premier contact avec la «  la France , terre d’asile» ?

    Après ce moment désagréable, la détente.

    Délicatement maniés par de scrupuleux bagagistes Marseillais les valises et les sacs s’écrasent sur les tapis. Faux Vuitton et vrais Lancel subissent le même sort que le grand sac bleu blanc rouge de Fatima II qui rebondit sur le tapis et heurte les carreaux de la salle. Alors, comme au ralenti, la fermeture éclair se déchire et douze bouteilles d’huile d’olive de Tunisie explosent. Et, ainsi que les douze apôtres pour la parole de Dieu, elles font jaillir une pluie dorée qui inonde les plus proches passagers sans distinction de passeport.

     

    C’est sous les insultes ou les vivats – selon que l’on n’a été ou non atteint par le précieux liquide- que Fatima II quitte la salle et, après un inoubliable « ça peut arriver à tout le monde, non ? » passe devant les douaniers stupéfaits, suivie d’une traîne dorée où glissent les imprudents qui lui ont emboîté le pas.

    Et elle apparaît dans l’aérogare, toute illuminée d’or, dans le halo de sainteté qui sied aux tantes de bonne volonté.

  • Les taxis de Tunisie.



    Une Française à son mari devant l’aéroport de Tunis en voyant défiler les Clio, Corsa et autres Polo repeintes d’un jaune déjà-vu à New York : « tu crois qu’ils sont aux normes ? »

     

     

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    Taxis à l'aéroport, photo du site www.fredak.com/tunisie/tunisie2003

     

    Sincèrement, Madame, je n'en suis pas sûr, surtout aux vôtres d'ailleurs, et j’en suis ravi. Comme je suis ravi en arrivant ici de retrouver l’omniprésente poussière et de ne pas boucler ma ceinture de sécurité.
    Cela dit de quelles normes parlait cette honorable dame ? Parce que question normes, notre civilisation en produit tellement et en permanence qu’au fond il existe peut-être une norme dans laquelle les taxis Tunisiens pourraient se faufiler comme ils le font dans les embouteillages avenue Bourguiba.

    Je rêve d’une norme stipulant les obligations ci-dessous.

    La nouvelle norme T.T ISO 19999 TN

    1-Présentation :
    couleur jaune appliquée à l’extérieur uniquement, retouches artistiquement faites au pinceau,
    couverture en velours synthétique sur le tableau de bord.

    2-Équipement intérieur :
    décoration générale respectant l'esprit de celle du tableau de bord,
    éclairage constitué par des ampoules de phare aléatoirement branchées sur le circuit électrique avec interdiction absolue de réaliser le même montage d’un véhicule à l’autre,
    nettoyage intérieur interdit,
    radio de récupération mono station ne diffusant que de la musique Arabe, volume bloqué à fond pour profiter au mieux de la distorsion,
    une porte arrière bloquée sur les deux.

    3-Comportement du chauffeur :
    gentillesse, bonne volonté et patience,
    formation à la discussion sur le thème du cousin qui habite Paris. Rue di la Glazire, tu connais pas, Madame ?


    En bref, norme ou pas norme, lorsque l’on s’assied dans le taxi on a vraiment changé de continent et ça fait vraiment beaucoup, beaucoup de bien.
    Oubliés le SriLankais bougon, l’asiatique muet ou le beauf à la Cabu en C6 qui font le bonheur des clients transis des aéroports de Paris (ADP). Encore que depuis quelque temps certains taxis jaunes de Tunisie s’essaient à leur ressembler au point de demander leur route aux passagers eux-mêmes -bien en peine de répondre- ou de ne pas engager leur voiture dans une rue trop boueuse à leur goût. Mais ne soyons pas pessimistes, nos impérissables valeurs d’esprit chagrin et de dédain du client n'ont pas encore franchi la Méditerranée.

    En France en effet les taxis de ville, dûment normalisés, pratiquent rarement la convivialité. Cette qualité n’est justement plus aux normes. On la considère comme une perte de temps.
     


     

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